Actualités du Bitcoin et des crypto-monnaies

Nouveau carnage sur les 'cryptos', Bitcoin, Ethereum et Ripple massacrés

Nouveau carnage sur les 'cryptos', Bitcoin, Ethereum et Ripple massacrés
Nouveau carnage sur les 'cryptos', Bitcoin, Ethereum et Ripple massacrés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les cryptomonnaies décrochent encore ! Le Bitcoin dévisse de 7% sur 24 heures et revient à 6.739$ selon Coinmarketcap, enfonçant le support technique très surveillé des 6.800$. L'Ethereum affiche une correction comparable à 526$, alors que le Ripple chute de 8% à 0,57$. Le Bitcoin Cash décroche de 11% sur une journée et l'EOS de 17%. Litecoin, Stellar, Cardano et IOTA perdent 8 à 11% sur 24 heures.

Sur une semaine, les pertes sont encore plus conséquentes, le BTC corrigeant de 11% et l'Ethereum de 12%. Le Ripple cède 13% sur 7 jours, alors que le Bitcoin Cash abandonne 17%...

Le piratage d'une - petite - plateforme sud-coréenne, Coinrail, explique sans doute en partie l'accélération de la baisse. Dans un communiqué, la plateforme d'échange précise qu'elle revoit son système après des tentatives d'attaques. Les jetons ATX, NPER et NPXS exposés auraient été gelés, alors que les autres 'cryptos' auraient été placées sur un portefeuille 'à froid' et ainsi protégées. Il faut toutefois constater que cette plateforme est proche de la 100ème position du marché par le volume de transactions, selon Coinmarketcap, ce qui minimise l'impact potentiel du piratage.

Les crypto-devises subissent par ailleurs une enquête de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), qui se penche sur les cas des quatre principales places d'échange de monnaies numériques (Coinbase, Kraken, Bitstamp et ItBit). La CFTC enquête sur de possibles manipulations des prix, croit savoir le bien renseigné 'Wall Street Journal'. Le régulateur de marché demande aux quatre plateformes des données de trading détaillées.

Les quatre 'échanges' visés servent ensemble de base au prix des futures bitcoin proposés par le CME Group. La CFTC s'inquièterait du fait que le CME ne soit pas parvenu à négocier avec les plateformes pour accéder aux données de trading. Les quatre places avaient initialement repoussé les demandes jugées 'intrusives' du CME Group, avant de livrer des informations partielles... La CFTC supervise le CME. Elle lui a accordé fin 2017 l'autorisation de lister les futures sur BTC...

La manipulation sur le marché du Bitcoin et des 'cryptos' fait aussi l'objet d'une enquête criminelle aux États-Unis, comme l'indiquait 'Bloomberg' fin mai. Le Département US de Justice a ouvert une investigation criminelle, étudiant de potentielles manipulations du marché par certains traders. De telles inquiétudes avaient déjà provoqué une interdiction des plateformes d'échange en Chine et une régulation accrue au Japon, ainsi que dans d'autres pays...

Les autorités américaines étudiant de possibles pratiques illégales susceptibles d'influer sur les cours des cryptomonnaies. Le 'Spoofing' fait partie de ces méthodes illégales. Il s'agit d'une pratique selon laquelle certains traders bien peu scrupuleux inondent le marché d'ordres fictifs afin de tromper d'autres opérateurs. Les instances fédérales travailleraient avec la Commodity Futures Trading Commission, organisme de réglementation financière qui supervise les dérivés liés au Bitcoin...

La pratique du 'Wash Trading', contre laquelle les régulateurs américains avaient déjà lutté des années durant sur les marchés financiers traditionnels, implique un tricheur négociant avec lui-même afin de donner une fausse impression de demande sur le marché et d'attirer d'autres intervenants. Dans ce cadre, le trader-tricheur vend et achète simultanément les mêmes instruments financiers, créant un volume artificiel pour attirer l'attention...

Les cryptomonnaies, désormais produits financiers au sens propre, semblent donc victimes des mêmes manipulations que les autres actifs échangés sur les marchés. Les enquêteurs américains examineraient notamment les échanges en Bitcoin et en Ether.

Enfin, les avis de 'gourous' des marchés se suivent et se ressemblent au sujet du Bitcoin et de ses pairs, attaqués il y a quelques semaines par Warren Buffett, Charlie Munger ou Bill Gates. L'investisseur américain Jim Chanos a plus récemment qualifié le Bitcoin de parodie de percée technologique. Chanos a notamment prédit l'effondrement du courtier en énergie Enron.

Chanos, connu pour ses positions de vente à découvert, manifeste donc le plus grand scepticisme devant le Bitcoin et les devises numériques. "Il s'agit simplement d'un jeu de spéculation sur la sécurité, que l'on fait passer pour une percée technologique en matière de politique monétaire", résume le fondateur de Kynikos Associates, dans une interview publiée par l'Institute for New Economic Thinking.

Ainsi, l'investisseur ne croit pas au Bitcoin. Il ne pense pas que les devises digitales soient des 'magasins de valeur', et estime que même en cas d'apocalypse, les produits alimentaires fonctionneraient mieux comme monnaie d'échange que ces fameux crypto-actifs. "Dans un scénario du pire, c'est exactement le cas dans lequel une monnaie numérique fonctionnerait le moins", a déclaré Chanos. "La dernière chose que je voudrais posséder est le Bitcoin, si le réseau tombait en panne".

Chanos n'est pas le premier investisseur de poids à critiquer les 'cryptos'. Le mois dernier, Warren Buffett avait taclé le Bitcoin et les devises numériques avec vigueur. Charlie Munger, l'autre gourou de Berkshire, ainsi que Bill Gates, fondateur de Microsoft, avaient également livré des avis particulièrement tranchés.

Chanos, qui propose un cours sur... l'histoire de la fraude financière à l'Université de Yale, juge que l'euphorie autour des cryptomonnaies consécutive à la flambée du Bitcoin jusqu'à 20.000$ l'an dernier entrait dans le cadre de ce qu'il qualifie habituellement de 'cycle de la fraude'.

"Le Bitcoin est toujours le véhicule par lequel les gens tentent d'éviter la taxation ou d'autres examens de leurs transactions", a relevé encore Chanos. "C'est une chose dont je pense qu'elle a probablement encore de l'utilité, mais les gouvernements l'ont compris". Ainsi, la SEC s'est attaquée cette année à certains projets d'ICOs. "Je pense que nous allons voir de plus en plus d'entreprises douteuses alors que ce marché haussier ne cesse de progresser et de mûrir", s'inquiète l'investisseur.

©2018-2021,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !