Actualités du Bitcoin et des crypto-monnaies

Les cryptos explosent, le gendarme financier du G20 ne voit pas le danger

Les cryptos explosent, le gendarme financier du G20 ne voit pas le danger
Les cryptos explosent, le gendarme financier du G20 ne voit pas le danger
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un week-end sous haute tension, les devises digitales se reprennent enfin - et de belle manière - ce lundi. Les cryptomonnaies avaient chuté ces derniers jours, victimes des craintes de durcissement de la régulation au niveau mondial, mais aussi des annonces de Google concernant le bannissement programmé des pubs pour monnaies numériques...

Le rebond est brutal depuis quelques heures, alors que le gendarme financier du G20 semble adopter un discours très souple vis-à-vis des cryptos ! Le Bitcoin bondit de 15% en 24 heures et revient à 8.564$ selon Coinmarketcap. L'Ethereum avance de 16% à 547$. Le Ripple s'envole de 22% à 0,68$ et le Bitcoin Cash s'adjuge 14% à 982$. Le Litecoin s'accorde 15%. Les altcoins NEO (+32%), Cardano (+36%) et Stellar (+37%) dominent le palmarès des hausses sur 24 heures.

Twitter pourrait contrôler la pub pour les cryptos

Hier dimanche, 'Sky News' a secoué par ailleurs les 'cryptos', rapportant que le réseau social média Twitter se préparerait à son tour à interdire certaines publicités pour les devises numériques. Sky News croit savoir que le réseau de microblogging devrait mettre en place dans deux semaines une nouvelle politique publicitaire, interdisant les pubs pour ICO (levées de fonds en monnaie numérique), ventes de tokens ou portefeuilles de crypto-devises.

Google et Facebook ont déjà sévi

Google (Alphabet) a annoncé la semaine dernière qu'il allait interdire ces pubs pour les cryptomonnaies, ainsi que pour les contenus associés, à partir du mois de juin 2018. Plus généralement, le groupe californien entend stopper les publicités concernant les produits financiers non régulés et les produits les plus spéculatifs...

La nouvelle politique restrictive publiée par Google concernant les services financiers, applicable au mois de juin, interdirait purement et simplement de faire la promotion des options binaires et des produits liés, des crypto-devises et des contenus associés (y compris les ICO - 'initial coin offerings', plateformes d'échanges de 'cryptos', portefeuilles de devises numériques et conseils de trading). Google va aussi interdire en juin les publicités pour les agrégateurs de certains produits financiers très spéculatifs, tels que les CFD (Contracts for Difference), opérations de change à report tacite, les options binaires et produits liés (...).

Les annonceurs proposant des produits spéculatifs devront être certifiés par Google avant de pouvoir faire de la publicité sur AdWords. La certification ne sera disponible que dans certains pays. Pour obtenir le précieux sésame, les annonceurs devront remplir certaines conditions drastiques. Ainsi, les firmes en question devront obtenir l'agrément des autorités financières du ou des pays concernés, s'assurer que leurs publicités restent conformes aux politiques AdWords, et se conformer aux exigences légales en vigueur, y compris celles relatives aux produits financiers spéculatifs complexes.

Le réseau social de Menlo Park Facebook avait montré la voie à suivre en janvier, en bannissant les publicités faisant la promotion des produits financiers et services fréquemment associés à des pratiques promotionnelles trompeuses ou illégales. Cette interdiction concernant notamment les 'initial coin offerings' ou les cryptos.

Le Japon veut proposer une régulation des cryptos au G20

Le Japon doit quant à lui demander à ses homologues du G20, cette semaine à Buenos Aires (les 19 et 20 mars), de produire les efforts nécessaires à une meilleure régulation du marché des cryptomonnaies. Il s'agirait notamment de lutter contre le blanchiment d'argent.

Le FSB ne voit pas le danger !

Les chances sont cependant minces que les leaders financiers du G20 parviennent rapidement à un accord sur des règles spécifiques aux 'cryptos' et les précisent officiellement. Pour l'heure, les approches sont en effet très différentes selon les pays... En outre, le Financial Stability Board (FSB), qui coordonne la régulation financière au sein du G20, aurait apparemment résisté aux demandes de certains membres concernant cette régulation du Bitcoin et des cryptos.

Pas inquiet pour le moment

Ainsi, alors que les nations du G20 doivent se réunir en Argentine pour leur sommet 2018, le FSB aurait déjà estimé que les devises digitales ne représentaient pas de danger pour l'économie mondiale. Mark Carney, le dirigeant du Financial Stability Board, également gouverneur de la Banque d'Angleterre, a précisé, dans une lettre adressée aux ministres des finances du G20, que le gendarme financier avait effectué une revue des possibles menaces que pourraient présenter les 'cryptos'. En résumé, Carney semble juger que les monnaies digitales ne représentent pas, pour l'heure, un risque pour la stabilité financière.

Trop petit pour être redouté ?

Le patron du FSB souligne en particulier la petite taille actuelle du marché des crypto-actifs, en proportion du système financier global. Ainsi, les cryptos ne représentaient que moins de 1% du PIB global à leur meilleur niveau de l'année 2017. Carney ajoute que les cryptomonnaies ne constituent pas des substituts aux devises réelles, et constate leur utilisation très limitée dans l'économie réelle et la faible proportion des transactions financières concernées. Le dirigeant du conseil de stabilité financière du G20 admet les dérivés en matière de financement d'activités illégales, mais assure que la technologie sous-jacente des cryptos pourrait par contre "améliorer l'efficacité et l'inclusivité du système financier et économique".

Évolutions surveillées

Le FSB surveillera tout de même les évolutions futures sur ce marché des crypto-devises, et pourra ajuster ses positions en fonction des changements ultérieurs. L'autorité financière du G20 ne devrait donc pas durement réguler ce marché dans l'immédiat, malgré les pressions de certaines nations telles que le Japon, l'Allemagne ou même la France, qui demandent pourtant un meilleur contrôle et une action conjointe.

©2018-2021,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !