Actualités du Bitcoin et des crypto-monnaies

Les cryptomonnaies dérouillent avec la SEC, le Bitcoin de retour à 10.000$

Les cryptomonnaies dérouillent avec la SEC, le Bitcoin de retour à 10.000$
Les cryptomonnaies dérouillent avec la SEC, le Bitcoin de retour à 10.000$
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La baisse s'accélère sur les principales 'monnaies digitales'. Après des avertissements de la Banque de France en début de semaine, c'est la SEC, autorité américaine de marché, qui plombe les cours depuis hier soir en demandant aux plateformes d'échanges de montrer patte blanche.

La réaction est assez immédiate sur les cours des cryptos. La principale, le Bitcoin, fléchit de 6% sur 24 heures et revient désormais sur la barre psychologique des 10.000$, à 10.040$ selon Coinmarketcap.

L'Ethereum corrige de 3% sur 24 heures et revient à 767$. Il chute même de 12% sur une semaine.

Le Ripple, qui avait rechuté en début de semaine après le démenti de la plateforme Coinbase concernant un potentiel ajout de la 'crypto' centralisée, perd 5% sur 24 heures à 0,87$.

Le Bitcoin Cash trébuche ce jour de 6%. Le Litecoin perd 4% et le NEO plonge de 7%. Le Cardano dévisse de 12% et le Monero de 9%...

La SEC casse l'ambiance

La Securities & Exchange Commission, gendarme financier américain, a jeté un froid en réaffirmant hier son intention d'obliger les plateformes de transaction de cryptomonnaies à s'immatriculer auprès de ses services en tant que places de marché. Cela implique que ces sociétés se plient à des règles précises, en termes de transparence notamment, alors qu'elles opèrent actuellement sans aucune supervision.

La SEC durcit donc le ton. Elle s'intéresse également aux ICO, ces émissions de devises numériques, frauduleuses pour certaines.

Et les piratages ?

Binance, une importante plateforme de transaction, a démenti par ailleurs hier avoir été piratée. Certains de ses clients ont toutefois affirmé que leurs "cryptos" avaient disparu de leurs comptes sans leur consentement... Les transactions ont été suspendues temporairement sur Binance, et la direction a annoncé avoir ouvert une enquête sur d'éventuels dysfonctionnements. Cette affaire ravive quoi qu'il en soit les craintes concernant les risques de piratage, après l'affaire encore récente du japonais Coincheck qui s'était fait dérober 526 millions d'unités de la cryptomonnaie NEM...

La Banque de France voit une bulle prête à exploser

La Banque de France a publié cette semaine une note concernant l'émergence du bitcoin et des autres crypto-actifs, adoptant une posture plus que prudente. Les évolutions récentes, ainsi que le développement rapide de ce que la Banque de France qualifie de "bulle spéculative", appellent aujourd'hui les régulateurs et superviseurs du système financier à s'interroger sur "une évolution du cadre réglementaire adaptée à l'essor de ces actifs, dans une démarche concertée à l'échelle européenne et internationale". La Banque de France plaide donc pour une action concertée et une régulation globale.

Elle estime que les crypto-actifs "ne sont pas des monnaies". La Banque de France détaille les risques auxquels les crypto-actifs exposent leurs utilisateurs ainsi que les réponses réglementaires identifiées à ce jour afin de les prévenir...

Agitation du bulbe

Dans son étude, la Banque compare le cours du Bitcoin avec le cours du bulbe de tulipe durant la Tulipomanie du XVIIème (bulle des cours de la tulipe). Les deux graphiques sont sensiblement comparables (période décembre 1634-mai 1637 pour la tulipe ; août 2015-février 2018 pour le Bitcoin). On peut même estimer le 'pic' du Bitcoin encore plus vertigineux que celui de la tulipe précédant la crise.

La convertibilité des crypto-actifs dans différentes monnaies ayant cours légal n'est garantie par aucun organisme centralisé, rappelle la BdF. Les investisseurs ne peuvent récupérer leurs fonds en devises que si d'autres utilisateurs désirent acquérir les mêmes crypto-actifs. De ce fait, le cours d'un crypto-actif "peut à tout moment s'effondrer si les investisseurs voulant dénouer leurs positions ne trouvent pas d'acquéreurs et se retrouvent détenteurs d'actifs illiquides".

Dans le cas particulier du Bitcoin, le processus d'émission d'unités, qui est uniquement dépendant d'une puissance de calcul informatique, est plafonné dans le temps. Cette limitation nourrit, selon la BdF, un phénomène de pénurie qui, face à la forte demande induite principalement pour le motif de spéculation, entraîne de très fortes fluctuations de cours.

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