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Le Bitcoin, dopé par Libra, peut-il renouer avec ses sommets ?

Le Bitcoin, dopé par Libra, peut-il renouer avec ses sommets ?
Le Bitcoin, dopé par Libra, peut-il renouer avec ses sommets ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le rebond du Bitcoin et des principales cryptomonnaies n'en finit plus, à tel point que les observateurs s'interrogent désormais sur la possibilité d'un retour sur les sommets de la fin - euphorique - de l'année 2017. Le Bitcoin vient de reprendre 38% sur une semaine et s'affiche en hausse de 11% sur 24 heures à 12.614$ selon Coinmarketcap, sur ses meilleurs niveaux depuis le mois de janvier 2018. Sa capitalisation s'élève à 224 milliards de dollars !

Le prix du Bitcoin en dollars a plus que triplé depuis le début de l'année et plus que doublé depuis le début du mois de mai. Certains 'spécialistes' évoquent désormais, compte tenu de la rapidité du mouvement haussier, la possibilité d'un retour sur les pics historiques de près de 20.000$ inscrits fin 2017 en pleine euphorie sur ces devises numériques. La présentation par Facebook de sa monnaie alternative Libra a sans doute constitué le catalyseur essentiel de cette flambée...

L'Ethereum, qui a repris 24% en sept jours, pointe à 332$ pour une capitalisation de plus de 35 milliards de dollars. Le XRP de la firme Ripple s'adjuge plus raisonnablement 9% sur une semaine à environ 0,47$ et capitalise 20 milliards. Sur sept jours, le Bitcoin Cash s'adjuge 18%. Le Litecoin sous-performe en revanche et recule de 2% sur sept jours contre la tendance...

Les plateformes de cryptomonnaies vont être soumises à de nouvelles règles afin de stopper l'utilisation de ces devises numériques à des fins de blanchiment d'argent, a indiqué en fin de semaine dernière le Groupe d'action financière (Gafi) établi à Paris. Il s'agit d'une première tentative de réglementation mondiale du marché des 'cryptos'. L'organisme intergouvernemental Gafi va demander aux pays membres d'enregistrer et de contrôler les plateformes 'cryptos', afin d'empêcher les activités illégales et criminelles.

Parmi les éléments déclencheurs des derniers jours, Investing.com indique que la Russie pourrait autoriser les cryptomonnaies. Le ministère russe des finances aurait ainsi précisé son intention de permettre aux citoyens d'échanger des 'cryptos'. Il s'agirait d'un revirement, après l'interdiction antérieure de ces devises digitales comme moyen de paiement...

Facebook, le réseau social de Menlo Park, a dévoilé la semaine dernière Calibra, une nouvelle filiale "dont l'objectif sera de fournir des services financiers permettant au plus grand nombre de personnes d'accéder et de participer au réseau Libra". Calibra lancera son premier produit en 2020. Il s'agira d'un portefeuille numérique pour Libra, "une nouvelle monnaie mondiale reposant sur la technologie blockchain". Ce portefeuille sera disponible dans Messenger, WhatsApp et via une application dédiée.

"Quiconque possède une connexion internet peut aujourd'hui accéder à toutes sortes de services utiles pour pas ou peu de frais, comme par exemple rester en contact avec sa famille et ses amis, apprendre de nouvelles choses ou même démarrer une entreprise. Mais les choses peuvent se compliquer lorsqu'il s'agit d'économiser, envoyer et dépenser de l'argent", résume le groupe de Mark Zuckerberg. En effet, pour de nombreuses personnes dans le monde, même les services financiers de base sont encore hors de portée. Facebook relève que près de la moitié des adultes dans le monde n'a pas de compte bancaire actif... "Le coût de cette exclusion est élevé : par exemple, environ 70% des petites entreprises opérant dans des pays en développement n'ont pas accès au crédit", explique par exemple le groupe américain.

Avec Calibra, le groupe entend donc démocratiser l'accès aux services financiers. Ce portefeuille numérique, permettra d'économiser, d'envoyer et de payer avec Libra. Dès sa sortie, Calibra permettra de transférer des Libra à presque n'importe quelle personne équipée d'un smartphone, aussi facilement et instantanément qu'un sms, à peu de frais, voire gratuitement, prévoit le groupe. "En temps voulu, nous espérons offrir des services supplémentaires aux particuliers et aux entreprises, tels que payer des factures en appuyant simplement sur un bouton, acheter un café avec la lecture d'un code QR ou utiliser les transports en commun sans argent sur soi ni titre de transport", détaille Facebook.

"Nous prendrons également des mesures pour protéger la confidentialité de vos données", promet par ailleurs la firme. "À l'exception de cas limités", Calibra ne partagera pas les informations de compte ou les données financières avec Facebook ou toute autre tierce partie sans le consentement de l'utilisateur. "Par exemple, vos informations liées aux comptes et les données financières ne seront pas utilisées pour améliorer le ciblage publicitaire sur la plateforme ou tout autre produit Facebook. Les cas limités dans lesquels ces données peuvent être partagées seront liés à la nécessité pour Facebook d'assurer la sécurité des personnes, de respecter la loi et de fournir des fonctionnalités de base aux personnes qui utilisent Calibra. Le service utilisera les données de Facebook pour se conformer à la loi, sécuriser les comptes des clients, atténuer les risques et prévenir les activités criminelles", ajoute Facebook.

Les annonces de Facebook, groupe aux 2,4 milliards d'utilisateurs actifs mensuels revendiqués à fin mars 2019, ont fait sans doute espérer une adoption massive des actifs numériques, du fait de l'importance et de la portée internationale du groupe, accompagné d'ailleurs par de nombreux partenaires prestigieux dans ce projet.

Les membres fondateurs initiaux sont MasterCard, PayPal, PayU (Naspers), Stripe et Visa pour le secteur des paiements, Booking Holdings, eBay, Facebook/Calibra, Farfetch, Lyft, Mercado Pago, Spotify et Uber dans les technologies et places de marché, Iliad et Vodafone dans les télécommunications, Anchorage, Bison Trails, Coinbase et Xapo Holdings dans les blockchains, ainsi que des ONG et institutions telles que Creative Destruction Lab, Kiva, Mercy Corps et Women's World Banking, ou des firmes de capital risque telles que Breakthrough Initiatives, Ribbit Capital, Thrive Capital, Union Square Ventures et Andreessen Horowitz...

On peut donc estimer que la hausse récente du Bitcoin reflète l'espoir d'une démocratisation des cryptomonnaies, qui pourrait être portée par ces grandes entreprises technologiques. Les facteurs techniques et psychologiques sont par ailleurs clés, avec le franchissement des 10.000$ qui a sans doute réveillé certains 'investisseurs'. Il est possible également que les tensions géopolitiques récentes - entre Iran et Etats-Unis - ou le conflit commercial sino-américains aient stimulé la demande en actifs 'alternatifs' tels que les crypto-devises - si tant est que l'on puisse parler d'actifs.

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