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Actualités du Bitcoin et des crypto-monnaies

Facebook, futur sauveur du système financier mondial ?

Facebook, futur sauveur du système financier mondial ?

Le "Facebook Coin" pourrait être indexé sur un panier de devises et profiter de la masse critique offerte par le nombre de 'users' du site internet...

Facebook, futur sauveur du système financier mondial ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Facebook qui fait face actuellement à une énième affaire de défaillance dans la protection des données personnelles de ses utilisateurs veut frapper fort sur le front de la sécurité informatique... Il en va de la crédibilité même de ses futurs projets de développement stratégiques qui passent par la création d'une monnaie virtuelle. Le 'New York Times' avait vendu la mèche il y a plusieurs semaines déjà, en expliquant que le géant californien planchait sérieusement sur le sujet.

"Mark Zuckerberg rêve d'un "Facebook Coin" ou d'un "FaceCoin" depuis des années" rapporte un bon connaisseur du dossier qui voit dans les 2,3 milliards d'utilisateur du site un potentiel de développement gigantesque dans le paiement virtuel et le transfert de monnaie via ses messageries WhatsApp et Messenger... Et d'expliquer que l'idée n'est pas d'ajouter une nouvelle cryptomonnaie à la longue liste des monnaies virtuelles existantes, mais bien de créer LA référence "la plus stable au monde" et la moins spéculative.

Une véritable référence monétaire virtuelle

La crise de confiance que traverse le Bitcoin doit servir selon lui de contre-exemple... Il s'agit donc de créer une véritable référence monétaire virtuelle qui serait insensible aux chocs de marché et aux nombreux aléas monétaires, au moment où les banques centrales du monde entier continuent de tenir à bout de bras le système financier international en attendant le prochain krach.

Un "STABLECOIN" qui serait adossé à un panier de devises et dont la volatilité tendrait le plus possible vers 0 en guise de bouée de sauvetage internationale, voilà qui ne déplairait pas aux ambitions planétaires de Mark Zukerberg, transformé pour l'occasion en "sauveur du monde"...

Questions de taille

L'agence Bloomberg expliquait fin 2018 qu'il restait malgré tout encore plusieurs questions de taille à régler, en particulier la sécurisation des fonds et la contrepartie... Pour avancer plus rapidement sur ces questions, Facebook a créé il y a moins d'un an un service d'une cinquantaine de personnes dédié aux crypto-monnaies et à la blockchain dirigé par David Marcus, ancien président de Paypal.

Débauché mi-2014, David Marcus avait intégré le groupe Facebook pour y prendre les fonctions de vice-président en charge des produits de messagerie du réseau social. "David, qui est avant tout un entrepreneur, a pris une décision de carrière consistant à se concentrer sur ce qu'il aime le plus : diriger des équipes plus petites pour créer de bons produits", avait commenté à l'époque le directeur général d'eBay, John Donahoe. Facebook venait quelques semaines plus tôt d'annoncer le rachat de la messagerie WhatsApp pour 19 milliards de dollars en vue de développer rapidement ses services de messagerie dans la foulée de la reprise manquée de Snapchat.

Révolution en marche

5 ans plus tard, la révolution blockchain est passée par là et Mark Zuckerberg ne veut la manquer sous aucun prétexte. Profitant de la réorganisation du groupe au lendemain du scandale "Cambridge Analytica", il a donc décidé de créer cette nouvelle division stratégique.

Le "Facebook Coin" pourrait ainsi être indexé sur un panier de devises et profiter de la masse critique offerte par le nombre de 'users' du site internet, mais aussi par WhatsApp qui compte plus d'1,5 milliard d'utilisateurs, ou encore Messenger et Instagram.

Un axe stratégique majeur

Mark Zuckeberg a d'ailleurs évoqué les travaux de ce nouveau département lors de la présentation des résultats du groupe Facebook en janvier dernier, parlant d'un "axe stratégique majeur" de son développement... Un test grandeur nature de ce service virtuel a lieu actuellement en Inde sur un échantillon de plus d'un million d'utilisateurs.

Car si le service Messenger offre déjà d'une fonction paiement, il ne correspond en rien aux vraies ambitions du groupe en termes de souplesse et de rapidité de transaction, l'idée étant aussi de développer rapidement le nouvel outil dans les pays du monde les moins "bancarisés"...

Chemin royal ?

Début 2018, Facebook avait un moment interdit la publicité pour des produits financiers et des services liés aux cryptomonnaies sur l'ensemble de ses réseaux, avant d'autoriser de nouveau trois mois plus tard la promotion de tels services, tout en dénonçant les pratiques promotionnelles trompeuses ou mensongères de certains intervenants...

Pour mieux baliser le terrain et faire la part belle à sa propre monnaie virtuelle ? C'est ce que pensent plusieurs analystes qui estiment que l'un des grands enjeux de ce projet passe avant tout par l'amélioration de la sécurité des données personnelles des 'users". La société de cybersécurité UpGuard a ainsi révélé cette semaine que des millions de données d'utilisateurs du réseau social avaient été affichées par erreur à la vue de tous sur des serveurs d'informatique dématérialisée ("cloud") d'Amazon.

Selon la chaîne américaine 'CNBC', Facebook a confirmé que ces données avaient été stockées sur des serveurs Amazon, ajoutant que le groupe travaillait avec le géant du commerce électronique pour faire en sorte que ces données ne soient plus visibles...

Une longue série d'incidents

Cet incident est le dernier d'une longue série de manquements, volontaires ou non, du réseau social vis-à-vis de la protection des données de ses utilisateurs, dont le nombre a dépassé le milliard dans le monde.

Le 21 mars, le groupe avait ainsi reconnu avoir stocké, pendant des années, des centaines de millions de mots de passe en clair sur une base de données interne, à laquelle des ingénieurs ont potentiellement eu accès. En tout, 20.000 employés pouvaient avoir potentiellement accès à ces fichiers. Entre 200 et 600 millions de mots de passe seraient en ligne de mire, dont certains datant de 2012 !

Facebook fait aussi depuis le 20 mars l'objet d'une enquête pénale concernant les contrats passés avec des grands groupes technologiques qui ont pu avoir accès aux données personnelles des utilisateurs de Facebook. Le 'New York Times' avait révélé cette affaire en juin 2018, affirmant que des dizaines de contrats avaient été signés avec des constructeurs de téléphones ou d'appareils électroniques, parmi lesquels Apple, Samsung, HTC, Microsoft, Sony, ou BlackBerry, mais aussi avec le géant du e-commerce Amazon. Toutes ces compagnies ont pu ainsi avoir un large accès aux données personnelles, à l'insu des utilisateurs de Facebook.

Le groupe est également poursuivi pénalement aux Etats-Unis dans le scandale Cambridge Analytica, révélé il y a un an...

Mark Zuckerberg promet un changement de cap

Dans un long manifeste publié début mars, Mark Zuckerberg a annoncé un changement de cap radical pour Facebook, avec des plateformes repensées autour de la vie privée, des messages éphémères et de l'interopérabilité.

Pour un analyste basé à Paris, on touche bien là LE sujet essentiel de ces prochaines années dans le cadre de ses nouveaux développements de paiements en ligne. "Sans crédibilité sur la sécurité, il n'y aura pas de Facebook Coin", rapporte ce spécialiste qui souligne que le patron de Facebook a aussi signé une tribune dans plusieurs journaux, dont le 'Washington Post' et le 'JDD' en France, où il a demandé aux gouvernements de "jouer un rôle plus actif" et de collaborer davantage avec les entreprises pour une bonne régulation d'Internet...

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