Clôture de Wall Street : nouveaux records en attendant la réforme fiscale

Les "technos" ont rebondi jeudi soir à New York, tandis que le DJIA et le S&P 500 ont inscrit de nouveaux records dans l'espoir que les sénateurs adoptent rapidement la réforme fiscale.

Crédit photo Reuters

La correction sur les valeurs technologiques a été brutale mercredi, mais de courte durée. Dès jeudi, le secteur a rebondi, et les trois principaux indices boursiers américains ont terminé en nette hausse, dans l'espoir d'une adoption rapide par le Sénat américain de son texte de réforme fiscale. L'influent sénateur républicain John McCain a annoncé jeudi qu'il voterait en faveur du projet, ce qui augmente ses chances d'être adopté avant la fin de la semaine. Le cours du pétrole a progressé après que l'Opep et ses alliés ont décidé de prolonger l'encadrement de leur production jusqu'à la fin 2018.

A la clôture, le Dow Jones et le S&P 500 ont inscrit de nouveaux records historiques, tandis que le Nasdaq composite a repris une grande partie du terrain perdu la veille. Le DJIA a bondi de 1,39% à 24.272 points (sa première incursion au-dessus des 24.000 points), tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,82% à 2.647 pts. Le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a regagné 0,73% à 6.874 pts, après avoir chuté de 1,27% mercredi soir.

Sur le marché des changes, le dollar a cédé du terrain jeudi. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, a lâché 0,11% à 93,06. L'euro a gagné 0,40% à 1,1899$, et la livre sterling a poursuivi sa hausse, progressant de 0,87% à 1,3525$, les cambistes pariant sur la conclusion d'un accord entre Londres et Bruxelles sur les modalités du Brexit.

Sur les marchés obligataires américains, les taux d'intérêts se sont tendus : le rendement du T-Bond à 10 ans a gagné 3 points de base à 2,42% dans l'anticipation d'une nouvelle hausse des taux de la Fed à l'issue de sa réunion des 12 et 13 décembre.

L'Opep va continuer de plafonner sa production jusqu'à la fin 2018

Le cours du pétrole brut léger américain WTI a gagné 0,17%, à 57,40$ le baril sur le Nymex (contrat à terme de janvier), tandis que le Brent a pris 0,73% à 63,57$, après la conclusion, à Vienne, d'un nouvel accord de l'Opep sur la poursuite de l'encadrement de la production au-delà de son échéance de mars 2018. Le plafonnement de la production, mis en place début 2017, sera ainsi prolongé jusqu'à la fin 2018 afin d'éponger les stocks excédentaires et de stabiliser les prix.

Toutefois, les participants à cet accord (l'Opep, la Russie et d'autres pays producteurs) semblent toutefois se laisser une porte de sortie puisqu'ils devraient examiner en juin 2018 les progrès effectués pour rééquilibrer le marché.

La Russie notamment craint que le marché anticipe un déficit d'offre prochainement, ce qui pourrait faire flamber à nouveau les cours et gonfler davantage la production américaine de pétrole de schiste, qui gagne des parts de marché. La production américaine de pétrole a atteint un record la semaine dernière, à 9,68 millions de barils par jour, selon les statistiques officielles publiées mercredi.

Le Sénat américain sur le point d'adopter la réforme fiscale

Le marché boursier s'est focalisé jeudi sur la réforme fiscale, qui pourrait être adoptée tard jeudi soir ou vendredi par le Sénat américain. Le soutien annoncé de l'influent sénateur républicain John McCain renforce les chances du texte d'être voté. Les Républicains sont certes majoritaires au Sénat, mais avec une courte majorité de deux sièges, et certains sénateurs hésitent encore à voter en faveur du texte, qui prévoit d'importantes baisses d'impôts, mais pourrait creuser le déficit public des Etats-Unis.

Une fois franchie l'étape du Sénat, il faudra que les sénateurs et les représentants (qui ont adopté leur propre projet, différent en plusieurs points) négocient un texte de compromis, qui pourra être voté par les deux chambres, puis être promulgué en tant que loi par Donald Trump. Les marchés espèrent ainsi une adoption finale de la réforme avant la fin de l'année ou au plus tard tout début 2018.

L'inflation est restée modérée en octobre outre-Atlantique

Les données macro-économiques publiées jeudi ont confirmé la bonne santé de l'économie et semblaient justifier une prochaine hausse des taux directeurs de la Fed lors de sa réunion des 12 et 13 décembre. Les revenus personnels des ménages ont augmenté de 0,4% en octobres sur un mois, contre +0,3% de consensus. Les dépenses personnelles de consommation ont quant à elles progressé de 0,3%, en ligne avec le consensus.

Conformément aux attentes, l'indice ajusté des prix, l'indice "core PCE", considéré par la Fed comme l'indicateur d'inflation le plus pertinent, a augmenté en octobre de 0,2% par rapport au mois de septembre. Sur un an, le "Core PCE (qui exclut l'alimentation et l'énergie) a augmenté de 1,4%, comme en septembre, ce qui reste encore loin de l'objectif de 2% que s'est fixé la banque centrale américaine.

Sur le marché de l'emploi, les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage ont atteint 238.000 pour la semaine close au 25 novembre, alors que le consensus tablait sur 240.000. Enfin, l'indice manufacturier PMI de Chicago est ressorti un peu supérieur aux attentes en novembre, à 63,9, contre 63,5 de consensus de place et 66,2 un mois auparavant.

VALEURS A SUIVRE

Sears Holdings (+3%) a annoncé ses comptes du troisième trimestre. La perte nette s'affiche à 558 M$ (5,19$ par action), contre 748 M$ (6,99$ par action) un an avant. Les revenus sont de 3,66 Mds$, contre 5,03 Mds$ un an plus tôt. A magasins comparables, les ventes chutent de 15,3%. Les analystes anticipaient en moyenne des revenus trimestriels de 3,3 Mds$.

PVH (-1,9%), connu pour ses marques Calvin Klein ou encore Tommy Hilfiger, a publié ses comptes du troisième trimestre. Les revenus s'élèvent à 2,36 Mds$, contre 2,24 Mds$ un an plus tôt. Les bénéfices s'affichent à 239 M$ (3,05$ par action), contre 126 M$ (1,56$ par action) sur la même période de l'exercice précédent. En non-GAAP, le bpa ressort à 3,02$, contre 2,60$ un an avant. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,91$, pour des revenus de 2,3 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa entre 7,78 et 7,80$ (contre une précédente fourchette de 7,60/7,70$), pour des revenus en croissance de 7%.

Jack in the Box (+1,27%), la chaîne de restauration rapide américaine, a publié ses résultats du quatrième trimestre fiscal 2017. Les bénéfices sont de 30 M$ (1,01$ par action), contre 32 M$ (0,97$ par action) un an avant. Le bpa ajusté s'affiche à 0,73$, contre 1,03$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus s'élèvent à 338,7 M$, contre 398,4 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,91$, pour des revenus de 341 M$.

Juniper Networks (-6,2%). Le Finlandais Nokia a démenti cette nuit les informations de CNBC lui prêtant des velléités de rachat de Juniper, l'un des spécialistes mondiaux des équipements de routage pour les réseaux. "Nokia n'est à ce jour pas en discussions avec Juniper pour un rachat de cette entreprise et ne prépare pas d'offre", indique le groupe scandinave, qui refroidit ainsi rapidement les ardeurs des spéculateurs.

Express (+5,6%), le détaillant américain, a dévoilé ses résultats du troisième trimestre. Les bénéfices sont de 6,3 M$ (0,08$ par action), contre 11,6 M$ (0,15$ par action) un an avant. Les ventes baissent de 1% à 498,7 M$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,08$, pour des ventes de 488 M$. A magasins comparables, les ventes reculent de 1%, contre -2,2% de consensus. Sur le quatrième trimestre, le groupe vise un bpa entre 0,40 et 0,44$, pour des ventes en légère progression à comparable.

Kroger (+6%) a flambé à Wall Street, après la publication des 'trimestriels'. La chaîne américaine de supermarchés a affiché pour le troisième trimestre un bénéfice net de 397 M$, soit 44 cents par action, contre 391 M$ un an plus tôt. Les revenus se sont établis à 27,7 Mds$, contre 26,6 Mds$ un an plus tôt, alors que la croissance à comparable s'est élevée à 1%. Le consensus était logé à 40 cents de bpa pour 27,5 Mds$ de recettes. Le groupe précise également avoir réalisé son meilleur 'Black Friday' historique. Le bpa annuel est attendu entre 1,74 et 1,79$, pour un bpa ajusté allant de 2 à 2,05$.