Zone euro : Politique budgétaire plus stricte en 2024, certains pays jugés trop dépensiers

Zone euro : Politique budgétaire plus stricte en 2024, certains pays jugés trop dépensiers
Zone euro : Politique budgétaire plus stricte en 2024, certains pays jugés trop dépensiers
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par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - La politique budgétaire de la zone euro va être plus stricte l'an prochain mais plusieurs pays, dont la France et l'Italie, prévoient de dépenser trop, allant à l'encontre des recommandations de l'Union européenne, a annoncé mardi la Commission européenne après l'analyse des projets budgétaires des Etats de la zone euro pour 2024.

"L'orientation budgétaire générale de la zone euro devrait être restrictive en 2024 à cause de la fin des mesures de soutien énergétique", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Dans ses prévisions du 15 novembre, l'exécutif européen a estimé que le déficit budgétaire des vingt pays de la zone euro s'élèverait à 2,8% du produit intérieur brut (PIB) en 2024, conte 3,2% cette année, une prévision à même de satisfaire la Banque centrale européenne (BCE) qui a maintenu ses taux d'intérêts à des niveaux records pour contrer l'inflation.

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Les succès du resserrement monétaire opéré par la BCE ont été obtenus au détriment de la croissance économique, au ralenti en 2023 - 0,6% contre 3,4% en 2022.

La Commission procède à un examen des projets budgétaires des Etats de la zone euro pour surveiller si les gouvernements respectent les règles fixées par le cadre du Pacte de stabilité et de croissance, qui vise à renforcer la gouvernance économique et la surveillance budgétaire de la zone euro.

Cette révision s'effectue dans le cadre de critères établis plus tôt dans l'année qui stipulent que les gouvernements ne doivent pas baisser leurs investissements, doivent retirer les mesures de soutien énergétique lancées lors de la crise des prix de l'énergie en 2022 et utiliser les économies réalisées pour réduire les déficits afin de maintenir la croissance des dépenses dans les limites fixées par la Commission et convenues par les ministres des Finances de l'UE.

"Un certain nombre de projets de plan budgétaire prévoient de poursuivre des politiques budgétaires prudentes, de retirer les mesures de soutien énergétique en 2023 et 2024 et d'utiliser les économies réalisées grâce à ces mesures pour réduire le déficit", a indiqué la Commission.

Elle a déclaré être d'avis que "les projets de plan budgétaire de Chypre, de l'Estonie, de la Grèce, de l'Espagne, de l'Irlande, de la Slovénie et de la Lituanie sont conformes" aux recommandations du Conseil.

"Les projets de plan budgétaire de l'Autriche, de l'Allemagne, de l'Italie, du Luxembourg, de la Lettonie, de Malte, des Pays-Bas, du Portugal et de la Slovaquie ne sont pas totalement conformes aux recommandations du Conseil", a-t-elle ajouté.

"Les projets de plan budgétaire de la Belgique, de la Finlande, de la France et de la Croatie risquent de ne pas être conformes aux recommandations du Conseil", a poursuivi l'exécutif européen.

"La Commission invite la Belgique, la Finlande, la France et la Croatie à prendre les mesures nécessaires (...) pour assurer que la politique budgétaire de 2024 soit en ligne avec les recommandations du Conseil émises en juillet 2023", est-il écrit dans le communiqué.

Ces recommandations comprenaient l'augmentation des dépenses primaires nettes pour 2024 - un indicateur qui devrait devenir le critère clé des nouvelles règles, qui visent à réduire graduellement la dette publique sur une période de quatre à sept ans.

(Reportage Jan Strupczewski; version française Zhifan Liu, édité par Jean Terzian)

Reuters

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