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Wirecard n'exclut pas avoir été victime d'une fraude, démission de son patron

Wirecard n'exclut pas avoir été victime d'une fraude, démission de son patron
Crédit photo © Reuters

par Patricia Uhlig, John O'Donnell et Neil Jerome Morales

FRANCFORT/MANILLE, (Reuters) - Le groupe allemand de services financiers Wirecard a annoncé vendredi la démission de son président du directoire Markus Braun sur fond de scandale d'irrégularités comptables.

Il sera remplacé à titre temporaire par James Freis, actuel responsable de la compliance de la Bourse allemande Deutsche Börse.

Wirecard, qui a repoussé jeudi la publication de ses comptes 2019 faute d'une validation de ceux-ci par le cabinet d'audit EY (Ernst & Young), avait précisé vendredi matin ne pas exclure avoir été victime d'une "fraude dans des proportions considérables".

L'action, déjà malmenée jeudi avec une chute d'environ 60%, reculait encore vendredi de près de 26% à 29,65 euros vers 12h30 GMT à la Bourse de Francfort.

Les comptes de Wirecard présentent des incertitudes sur certains soldes de trésorerie représentant un montant de 1,9 milliard d'euros, soit le quart du bilan consolidé, a indiqué jeudi le groupe, ajoutant que certains éléments donnaient à penser que ces soldes étaient "faux" et avaient été transmis "afin de tromper le cabinet d'audit".

"Pour le moment, il n'est pas exclu que Wirecard soit devenue la victime d'une fraude aux proportions considérables", a déclaré le président du directoire Markus Braun, dans une vidéo diffusée vendredi.

Il a ajouté que deux banques, bénéficiant d'une note élevée de la part de Moody's ou de S&P, avaient repris la gestion des comptes en fiducie en 2019.

"Il est actuellement difficile de connaître la raison pour laquelle les deux banques ont déclaré à l'auditeur que les validations étaient fausses. Le fiduciaire a dit à Wirecard vouloir clarifier les faits avec les deux banques gérant les comptes en fiducie dans un bref délai", a poursuivi Markus Braun.

Markus Braun n'a pas précisé l'identité de ces deux banques mais deux établissements financiers philippins, BPI et BDO, ont publié un communiqué vendredi assurant qu'ils n'avaient aucun lien avec Wirecard.

EY a régulièrement approuvé les comptes de Wirecard au cours des dernières années et son refus de valider ceux de 2019 confirme les irrégularités constatées dans une enquête externe menée par KPMG en avril.

Une clause indique que si Wirecard ne parvient pas à publier des comptes certifiés et consolidés au plus tard ce vendredi, environ deux milliards d'euros de prêts deviendront exigibles.

Wirecard a engagé des discussions en urgence avec des banques pour obtenir une aide, ont déclaré trois sources proches du dossier.

(Kanishka Singh et Shubham Kalia à Bangalore et Michelle Martin à Berlin; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault et Jean-Michel Bélot)


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