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Vingt-huit morts dans l'offensive terrestre de Tsahal à Gaza

Vingt-huit morts dans l'offensive terrestre de Tsahal à Gaza

par Nidal al-Mughrabi et Maayan Lubell

JERUSALEM/GAZA (Reuters) - L'armée israélienne a intensifié vendredi son offensive terrestre dans la bande de Gaza, mobilisant artillerie, chars d'assaut et infanterie pour tenter de porter un nouveau coup aux forces du Hamas.

L'opération, lancée jeudi soir dix jours après le début de bombardements qui n'ont pas permis de faire cesser les tirs de roquettes en territoire israélien, a fait 27 morts parmi les Palestiniens, dont un nourrisson, deux enfants et une femme âgée de 70 ans selon les autorités médicales sur place, ainsi qu'un mort dans les rangs de l'armée israélienne.

Depuis qu'elles ont commencé, le 8 juillet, les hostilités ont fait au total 258 morts - des civils, pour la plupart - chez les Palestiniens, et deux du côté israélien, un civil et un militaire. "Nous avons décidé de lancer cette opération après avoir épuisé les autres options et avoir conclu que, sans elle, nous pourrions payer un plus lourd tribut", a déclaré à la presse le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

"Le but principal est de rétablir le calme", a-t-il ajouté avant une réunion avec ses ministres au quartier général de l'armée, à Tel Aviv.

"J'ai donné pour instruction de se préparer à la possibilité d'intensifier de façon significative l'offensive terrestre, et l'armée agit en conséquence", a-t-il précisé, sans en dire plus sur la forme que pourrait prendre cette intensification.

Selon le gouvernement israélien, l'offensive vise à détruire les tunnels qui permettent aux membres de groupes armés palestiniens de s'infiltrer sur le territoire de l'Etat hébreu.

Il ne s'agit pas, précise-t-on en Israël, de renverser le Hamas, qui administre seul la bande de Gaza depuis juin 2007.

Baptisée "Plomb durci", la précédente opération terrestre de Tsahal dans l'enclave, menée entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, avait coûté la vie à 1.400 Palestiniens et à 13 Israéliens.

"CONSÉQUENCES ÉPOUVANTABLES"

Les événements ont pris une nouvelle tournure dans la nuit de vendredi, lorsque des éclairs orange ont zébré le ciel du territoire côtier.

"Un grand nombre de soldats sont en action dans la bande de Gaza, des soldats s'abattent sur leurs cibles, sur les tunnels, sur les cibles du Hamas", a déclaré le général Motti Almoz, porte-parole de l'armée israélienne.

Un autre porte-parole, le lieutenant-colonel Peter Lerner, a dit que Tsahal avait tué 14 Palestiniens armés lors "d'échanges de tirs" et détruit 20 dispositifs de lancement de roquettes.

Tsahal a précisé dans un communiqué que l'offensive impliquerait "l'infanterie, des régiments blindés, du génie, l'artillerie et le renseignement avec un soutien des forces aériennes et navales".

L'armée israélienne a ajouté qu'elle était en train de rappeler 18.000 réservistes, en plus des 30.000 déjà été mobilisés.

"Nous mettons Netanyahu en garde contre les conséquences épouvantables d'un acte aussi stupide", a déclaré à Reuters Sami Abou Zouhri, porte-parole du mouvement islamiste.

La télévision israélienne a diffusé des images sur lesquelles on peut des roquettes palestiniennes interceptées par le système de défense anti-aérienne "Dôme de fer". Israël ne fait pas état de blessés liés à ces nouveaux tirs.

"CASSER LA SPIRALE DE VIOLENCE"

Le Hamas a affirmé que ses combattants avaient repoussé des troupes israéliennes dans la ville de Beït Hanoun, située dans le nord de la bande de Gaza, et blessé à cette occasion sept soldats.

Réagissant au lancement de l'opération terrestre, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a exhorté Israël à "faire beaucoup plus pour faire cesser les pertes civiles" dans la bande de Gaza, où vivent 1,8 million de personnes.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir vendredi pour évoquer la question.

Paris a de son côté exprimé sa "très vive préoccupation" et appelé Israël à exercer "la plus grande retenue". Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a entamé vendredi une visite de trois jours dans la région.

"Cette visite a un but", a dit le chef de la diplomatie française à l'issue de sa rencontre avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, au Caire. "Tout faire pour essayer de casser la spirale de violence et arriver à un cessez feu rapidement", a-t-il ajouté, toute en reconnaissant que cet objectif sera difficile à atteindre.

Le chef de la diplomatie française prévoit de rencontrer également le secrétaire d'Etat américain John Kerry, ainsi que le président égyptien Abdel Fattah al Sissi et le chef de la diplomatie jordanienne, a-t-on précisé de source diplomatique.

Benjamin Netanyahu le recevra dimanche à Tel Aviv, dit-on de même source, ajoutant qu'il pourrait évoquer l'envoi d'une mission européenne à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, similaire à celle qui a été menée entre 2005 et 2007.

Lundi, l'Egypte avait formulé une proposition de cessez-le-feu que le gouvernement israélien avait acceptée, contrairement au Hamas et ses alliés qui jugent qu'elle ne répond pas à leurs exigences.

(Avec Jeffrey Heller, Noah Browning à Gaza, Michelle Nichols à New York, John Irish au Caire; Jean-Philippe Lefief et Simon Carraud pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)


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