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Vaccin antiCOVID: L'UE pas satisfaite des explications d'AstraZeneca

Vaccin antiCOVID: L'UE pas satisfaite des explications d'AstraZeneca
Crédit photo © Reuters

par Francesco Guarascio et Sabine Siebold

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a exprimé lundi son "mécontentement face au manque de clarté et aux explications insuffisantes" qu'AstraZeneca lui a fournies au sujet de la réduction de ses livraisons de vaccins contre le COVID-19.

"Les Etats membres de l'UE sont unis: les développeurs de vaccins ont des responsabilités sociétales et contractuelles à assumer", écrit la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, sur Twitter, après deux entretiens avec des représentants du laboratoire anglo-suédois.

"Avec nos Etats membres, nous avons demandé à AstraZeneca un planning détaillé des livraisons de vaccins et du moment où la distribution aura lieu (...)", poursuit-elle, ajoutant qu'une nouvelle réunion aurait lieu mercredi.

La Commission européenne avait auparavant exhorté AstraZeneca à trouver une solution à ses difficultés d'approvisionnement, après l'annonce d'une forte réduction de ses livraisons de vaccins dans l'Union.

Le laboratoire, qui a développé un candidat vaccin en partenariat avec l'Université d'Oxford, a informé vendredi l'UE que ses livraisons seraient inférieures aux volumes convenus avec Bruxelles en raison d'un problème de production.

Selon une source européenne, le groupe réduira probablement ses livraisons de vaccin à l'UE d'environ 60% au premier trimestre, ce qui les ramènera à 31 millions de doses.

"Nous attendons de la société qu'elle trouve des solutions et exploite toutes les possibilités pour respecter rapidement ses engagements", a déclaré un porte-parole de la Commission européenne.

Ursula von der Leyen, présidente de l'exécutif européen, s'est, selon lui, entretenue lundi matin par téléphone avec le directeur général d'AstraZeneca. D'après un porte-parole du laboratoire, Pascal Soriot a assuré qu'il mettait tout en oeuvre pour que le vaccin soit fourni à des millions d'Européens le plus rapidement possible.

AstraZeneca a reçu un versement de 336 millions d'euros, a indiqué un responsable à Bruxelles, lors de la commande d'au moins 300 millions de doses en août dernier.

Les paiements effectués dans le cadre de ces pré-commandes doivent permettre à l'UE de garantir la livraison et l'argent doit être employé essentiellement pour augmenter les capacités de production.

SCEPTICISME

Vendredi, AstraZeneca a expliqué qu'il devrait réduire ses livraisons en raison d'une "baisse des rendements sur un site de production au sein de la chaîne d'approvisionnement en Europe".

Cette baisse des livraisons est imputable à des problèmes de production dans une usine belge gérée par son partenaire Novasep, a indiqué une source au sein de l'UE.

"La simple justification selon laquelle il y a des difficultés dans la chaîne d'approvisionnement dans l'UE mais pas ailleurs ne tient pas la route, car il n'y a évidemment aucun problème pour acheminer le vaccin du Royaume-Uni vers le continent", a déclaré l'eurodéputé allemand Peter Liese, chargé des questions de santé au sein du PPE (Parti populaire européen).

Selon un responsable de l'UE impliqué dans les discussions avec le laboratoire, peu de résultats sont attendus de ces entretiens, même si l'UE réclamera de nouvelles explications.

Les contrats passés par l'UE restent confidentiels mais la même source n'a pas exclu que des pénalités soient infligées à AstraZeneca, étant donné l'ampleur de la révision de ses engagements.

"Nous n'en sommes pas là", a-t-elle toutefois ajouté.

"AstraZeneca a l'obligation contractuelle de produire depuis début octobre et livre apparemment sans retard à d'autres régions du monde, y compris au Royaume-Uni", a déclaré Peter Liese.

Selon le ministre australien de la Santé, AstraZeneca aurait subi "un choc d'approvisionnement important", le contraignant à réduire les approvisionnements au mois de mars en dessous de ce qui avait été convenu. Greg Hunt n'a toutefois pas fourni aux journalistes de détails chiffrés.

Anutin Charnvirakul, ministre thaïlandais de la Santé, a quant à lui déclaré que le laboratoire ne fournirait au pays que 150.000 doses sur les 200.000 prévues.

Le vaccin du laboratoire anglo-suédois devrait être approuvé par l'Agence européenne des médicaments (EMA) le 29 janvier, et les premières livraisons sont attendues le 15 février.

(Avec Ludwig Burger, Chayut Setboonsarng, Kirsty Needham et Francesco Guarascio, version française Jean-Stéphane Brosse, Juliette Portala et Jean-Philippe Lefief)


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