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Un prêtre français enlevé dans le nord du Cameroun

Un prêtre français enlevé dans le nord du Cameroun

PARIS (Reuters) - Tous les moyens sont déployés pour tenter de localiser le prêtre français enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord du Cameroun, une zone dangereuse située près du Nigeria, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Le père Georges Vandenbeusch a été enlevé "à peu près au même endroit" que la famille Moulin-Fournier, libérée en avril, a ajouté le ministre, qui s'exprimait en marge d'une conférence sur le terrorisme au Sahel organisée à Rabat, au Maroc.

"Ce prêtre a été informé que c'est une région extrêmement dangereuse, néanmoins il avait voulu continuer à rester là bas. Evidemment tous les moyens sont déployés pour essayer de le localiser et de le libérer, comme à chaque fois nous le faisons", a dit Laurent Fabius à des journalistes.

Georges Vandenbeusch, curé de la paroisse de Nguetchewe, se trouvait près de Koza, dans le nord du Cameroun, à 30 km de la frontière avec le Nigeria, a précisé le Quai d'Orsay.

Cette région a été classée en "zone rouge" par le centre de crise du ministère des Affaires étrangères en raison des menaces terroristes, mais le prêtre avait choisi d'y rester.

Un responsable religieux local a dit à Radio France Internationale (RFI) que des hommes armés avaient fait irruption dans l'église de la paroisse pour réclamer de l'argent.

Après avoir découvert le prêtre français, ils l'ont forcé à marcher pieds nus à travers le village et ont pris la fuite à moto, a déclaré Henri Djionyang, vicaire général de Maroua.

"Selon un chef de village, des motos ont franchi plus tard la frontière nigériane et leurs pilotes ont commencé à exulter. Donc il est probable qu'ils aient emmené le prêtre au Nigeria", a-t-il dit à RFI.

LANGUE NIGÉRIANE

Le député UMP Alain Marsaud, dont la Xe circonscription (Français de l'étranger) recouvre le Cameroun, a également rapporté que le père Vandenbeusch, âgé de 42 ans, avait été enlevé "dans un monastère, où il était le seul Blanc."

"Les autorités camerounaises (...) ont tenté de récupérer notre otage et les malfaiteurs, mais à l'heure qu'il est, nous n'avons pas de nouvelles de la récupération. Donc il est à craindre qu'il soit amené vers le secteur de la frontière du Nigeria", a ajouté Alain Marsaud sur i>Télé.

Des témoins locaux ont rapporté que les hommes parlaient anglais et haoussa, l'une des principales langues du Nigeria avec l'anglais, selon RFI. La province de l'extrême nord camerounais est francophone.

Contacté par Reuters, le gouverneur de cette province, Augustine Fonka Awa, a également dit craindre que le prêtre ait été emmené au Nigeria. Il ajouté qu'il se rendait à Nguetchewe avec des forces armées pour enquêter.

UN FRANÇAIS "VAUT" 5 À 10 MILLIONS DE DOLLARS

Le prêtre aurait été enlevé par les islamistes nigérians de Boko Haram, selon des médias français.

Ce groupe est à l'origine du rapt d'une famille de ressortissants français le 19 février dernier dans le nord du Cameroun. Les trois adultes et quatre enfants ont été libérés le 19 avril après 60 jours de captivité.

Romain Nadal, porte-parole du Quai d'Orsay, a déclaré ne pouvoir "se prononcer sur une piste en particulier". Pour Alain Marsaud, "on prend quelque risque en disant que c'est Boko Haram".

"Aujourd'hui, a-t-il expliqué, n'importe qui peut être tenté d'enlever un Français". Il affirme qu'un Français aujourd'hui, "'vaut' entre cinq et dix millions de dollars".

L'Etat français a pour position officielle de ne pas verser de rançon aux ravisseurs présumés de ses ressortissants dans le monde. Une centaine de Français résident dans l'extrême nord du Cameroun, selon Alain Marsaud.

Avant de partir pour le Cameroun en 2011, le père Vandenbeusch avait officié neuf ans en banlieue parisienne dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sceaux (Hauts-de-Seine).

Le maire de cette ville, Philippe Laurent, a appelé à une veillée jeudi soir dans l'église de Sceaux et à rendu hommage à un homme "très impliqué et soucieux".

"Il avait vraiment voulu partir et il était très heureux de partir, je l'avais rencontré longuement juste avant son départ et il se faisait vraiment une joie de passer ces quelques années là-bas au Cameroun", a-t-il dit à BFM TV.

Sophie Louet et Marion Douet, avec Emile Picy, Tansa Musa à Yaoundé et Aziz El-Yaakoubi à Rabat, édité par Yves Clarisse


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