Un Parti socialiste déchiré rejoint l'alliance avec La France insoumise

Un Parti socialiste déchiré rejoint l'alliance avec La France insoumise
Un Parti socialiste déchiré rejoint l'alliance avec La France insoumise
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PARIS (Reuters) - Le Conseil national du Parti socialiste (PS) a validé vendredi l'accord passé avec La France insoumise (LFI) en vue des élections législatives des 12 et 19 juin, ouvrant une ère entre espoir et incertitudes pour une famille socialiste déchirée.

Réunis en Conseil national, les socialistes ont voté le texte par 167 voix pour (62,1%) et 101 contre, rejoignant les écologistes et les communistes dans l'alliance emmenée par le camp de Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième au premier tour de l'élection présidentielle avec 22% des voix, et qui ambitionne d'imposer une cohabitation au président réélu Emmanuel Macron.

"Nous sommes très fiers de pouvoir porter les prochains combats des prochaines semaines, et tenter de réveiller l'espoir avec eux dans notre pays, pour permettre une alternative à la majorité qui nous est promise pour Emmanuel Macron", a déclaré le premier secrétaire, Olivier Faure, à l'issue du vote organisé après quatre heures de discussions.

Une première convention de l'alliance baptisée Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) est annoncée à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) samedi, jour de l'investiture d'Emmanuel Macron lors d'une cérémonie à l'Elysée.

La décision de s'allier à LFI n'a "pas été facile" à prendre, a reconnu Olivier Faure, et elle entend "répondre à l'attente de rassemblement, mais d'abord de changement, de transformation sociale, écologique, démocratique".

"Nous nous sommes beaucoup manqués et maintenant, je l'espère, nous allons nous retrouver", a-t-il conclu.

Insoumis, écologistes et communistes ont salué le vote socialiste.

Lors d'une interview vendredi soir sur France 2, Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu'il ne serait "vraisemblablement" pas candidat aux élections législatives.

Prié de dire s'il serait candidat, Jean-Luc Mélenchon a répondu: "Ce n'est pas nécessaire".

"J'ai une légitimité populaire suffisante pour pouvoir dignement représenter le pays", a-t-il ajouté.

"Avec la Nouvelle union populaire, nous pouvons remporter les élections législatives et changer la vie des gens!", a réagi Manuel Bompard, directeur de campagne des législatives pour LFI et député européen, sur Twitter.

"REJOIGNEZ-NOUS !", DIT GUERINI

Pour le président socialiste de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, le vote "est une forme de clarification".

"Les électeurs de gauche ne savaient plus vraiment où se situait le PS compte tenu de ce qui s'est passé ces cinq dernières années. Ce vote signifie que le PS est dans un camp, celui de la gauche", a-t-il dit sur Public Sénat.

Des ténors du PS comme l'ancien président François Hollande, l'ancien ministre Stéphane Le Foll et l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui a quitté le parti, ont dit leur opposition à une alliance qu'ils jugent contre nature avec un parti eurosceptique, hostile à l'Otan et à l'Organisation mondiale du commerce.

L'accord d'union prévoit un départ à la retraite à 60 ans (contre 62 ans actuellement), la hausse du smic à 1.400 euros ainsi que la renationalisation d'EDF, d'ENGIE, des autoroutes et des aéroports.

Même avant la validation en Conseil national, des voix dissidentes se sont élevées dans les territoires, alors que le compromis réserve au PS 70 circonscriptions (hors outre-mer), contre une centaine pour EELV et une cinquantaine pour les communistes.

Hostile à l'accord, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, soutient des candidats PS déterminés à se présenter malgré tout.

A Paris, Anne Hidalgo, ex-candidate à la présidentielle où elle n'a recueilli qu'1,7% des voix, a écrit dans un message "ne pas souhaiter empêcher" l'accord tout en critiquant "un texte qui ne respecte pas les personnes". Une allusion à Lamia El Aaraje, qui doit renoncer à se présenter dans la 15e circonscription de la capitale pour laisser la place à l'insoumise Danielle Simonnet.

Le camp présidentiel, qui s'est mis en ordre de marche pour les législatives en annonçant jeudi la création d'une confédération, "Ensemble", a lancé un appel aux socialistes déboussolés par la voix de Stanislas Guerini, chef de file de La République en marche, rebaptisée "Renaissance".

"Quand je vois que le PS a abandonné l'ambition d'être un parti de gouvernement, a renié ses convictions pour quelques circonscriptions, je dis aux sociaux-démocrates, rejoignez-nous !", a-t-il lancé sur RTL.

(Reportage Elizabeth Pineau, Camille Raynaud, et Matthieu Protard, édité par Tangi Salaün et Camille Raynaud)

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