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Un an avec sursis requis contre les rappeurs Booba et Kaaris

Un an avec sursis requis contre les rappeurs Booba et Kaaris
Crédit photo © Reuters

CRETEIL (Val-de-Marne) (Reuters) - Douze mois de prison avec sursis ont été requis jeudi à l'encontre des rappeurs ennemis Booba et Kaaris, jugés au tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) pour la bagarre générale qui a éclaté le 1er août à l'aéroport d'Orly.

Le procureur a réclamé la relaxe ainsi que des peines de plusieurs mois, fermes ou avec sursis, contre les neuf autres prévenus qui escortaient les deux artistes le jour de la rixe, paroxysme de quatre années d'une impitoyable bataille d'egos.

Les juges rendront leur décision le 9 octobre.

Les deux ex-compagnons de route, dont les relations se sont envenimées à partir de 2014, risquent plusieurs années de prison pour violences avec circonstances aggravantes et vol.

"Je ne veux pas accabler les prévenus, je souhaite simplement que cette audience les renvoie à leur responsabilités", a déclaré le procureur, tout en qualifiant Booba et Kaaris de "petits bourgeois du clash".

Après avoir brièvement retracé le film du "spectacle dégradant" et "indigne" donné à Orly, il a déploré la ligne de défense des deux protagonistes et de leurs clans respectifs, coupables à ses yeux d'avoir momentanément "perdu toute lucidité" et de ne pas "assumer".

Dans le calme mais sous protection policière, les 13 heures de débats ont tourné autour d'une question centrale : qui a attaqué l'autre ? Qui a seulement riposté ?

Les magistrats saisis de ce dossier inédit dans les annales du rap français ont donc tenté de comprendre l'engrenage qui a conduit aux échauffourées entre les prévenus, pour la plupart crâne rasé et envergure de culturiste, survenues devant des passagers médusés en transit à Orly-Ouest.

C'est dans une salle d'embarquement de cette aérogare francilienne que Booba et Kaaris, tous deux en partance pour Barcelone, se sont rencontrés - semble-t-il inopinément - puis ont engagé les hostilités, provoquant retards de vols et dégâts matériels se chiffrant en dizaines de milliers d'euros.

Selon les images de vidéosurveillance et des vidéos amateur diffusées à l'audience, Booba - Elie Yaffa de son vrai nom - a fait le premier geste mais, a-t-il dit à la barre, il s'agissait d'un simple "coup d'intimidation, sans conviction", destiné à éloigner les membres du groupe opposé.

"Je cherche à aller prendre mon avion. Éventuellement, si je dois me défendre, je me défendrai", a-t-il déclaré, devant une salle entièrement remplie de curieux et de fans. "Tout ce qui est arrivé est regrettable mais c'est loin d'être mon choix."

"LÉGITIME DÉFENSE"

Pour Kaaris, c'est bien Booba qui s'est dirigé vers lui en proférant des insultes - "lève-toi, sal..." - avant de déclencher la bagarre.

"J'ai agi par légitime défense du début à la fin", a argué le chanteur, Gnakouri Okou à l'état civil, qui a présenté ses excuses aux personnes qui ont pu être heurtées par la scène.

En réalité, la genèse de cette rixe remonte à loin.

C'est sous le patronage du rappeur multi-casquettes Booba - interprète, producteur et chef d'entreprise - que la carrière de Kaaris a pris son envol, en particulier grâce au succès du morceau à deux voix "Kalash", en 2012, avant que les relations entre les deux hommes ne virent au "clash", selon le vocabulaire en usage dans le milieu du rap, via les réseaux sociaux.

Pur "divertissement", a expliqué Booba, adepte de ces joutes rituelles qui l'ont opposé dans le passé à d'autres rappeurs en vue, comme Rohff et La Fouine.

L'altercation d'Orly a déjà coûté trois semaines de prison aux prévenus, répartis à Fresnes et à Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne, en fonction de leur affiliation.

Placés en détention provisoire à l'issue de la première audience du 3 août, Booba et Kaaris, âgés respectivement de 41 ans et 38 ans, ont obtenu leur remise en liberté le 23 août moyennant le versement d'une caution de 30.000 euros.

Le contrôle judiciaire auquel ils étaient soumis depuis lors, avec interdiction de quitter le territoire, a été levé à l'issue de l'audience.

(Simon Carraud, édité par Tangi Salaün et Arthur Connan)


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