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Un 8e corps retrouvé, multiplication des arrêtés de péril

Un 8e corps retrouvé, multiplication des arrêtés de péril
Crédit photo © Reuters

MARSEILLE (Reuters) - Une huitième personne décédée a été trouvée vendredi dans les décombres des immeubles qui se sont effondrés lundi à Marseille et le maire a fait état d'une multiplication des arrêtés de péril pour des bâtiments jugés dangereux.

La huitième victime est une femme, ont précisé les marins-pompiers.

"Evidemment, il y a une psychose qui peut s'étendre sur toute la ville. Les immeubles insalubres ne sont pas qu'au coeur de la ville", a déclaré Jean-Claude Gaudin, lors d'une conférence de presse.

"Nous avons été alertés sur 130 signalements et nous avons déjà pris 21 arrêtés de péril depuis lundi. Nous faisons au fur et à mesure et du mieux que nous pouvons", a ajouté le maire Les Républicains, accusé de négligence par des opposants politiques et des associations.

Le nombre d'immeubles évacués dans ce quartier du centre-ville, où deux puis un troisième bâtiment se sont effondrés, a été augmenté par mesure de sécurité, a précisé à ses côtés le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pierre Dartout.

"De nouvelles personnes ont été évacuées", pour un temps qui n'est pas encore déterminé, a-t-il dit.

Les secours, qui redoutent notamment un effet domino, avaient fait état dans la matinée d'une dizaine d'immeubles de la rue d'Aubagne évacués vendredi.

DES CENTAINES DE PERSONNES À L'HÔTEL

Jean-Claude Gaudin a précisé que 176 familles représentant 359 personnes avaient été relogées dans des hôtels et que le coût était intégralement pris en charge par la mairie.

"L'objectif est de ne laisser personne sur le bord du chemin", a-t-il dit.

Dans une lettre ouverte adressée vendredi à Jean-Claude Gaudin, quatre députés La République en Marche de Marseille mettent en cause le maire.

"Nous pouvons tous d'ores et déjà constater l'échec patent de la lutte contre l'habitat indigne et le traitement des immeubles en péril à Marseille", écrivent Alexandra Louis, Cathy Racon, Claire Pitollat et Saïd Ahamada.

Jean-Claude Gaudin, qui avait tenté jeudi d'éteindre les polémiques, en mettant en avant les investissements réalisés et la longueur pénalisante des procédures d'expropriation, a fustigé vendredi "l’ignominie", "la malveillance" et "l'indécence" de certains propos.

"On a investi beaucoup d'argent dans l'éradication de l''habitat insalubre, mais il en reste beaucoup", a-t-il reconnu.

Des experts arriveront de Paris pour estimer si d'autres démolitions doivent être envisagées et s'assurer que les immeubles à proximité de ceux qui se sont effondrés présentent toutes les garanties de solidité, a précisé le préfet.

Les ministres de l'Intérieur et du Logement ont souhaité que des audits de sécurité soient effectués en liaison avec la municipalité.

Joignant leurs voix à celles de plusieurs associations qui critiquent le manque d'action du maire, les quatre députés LaRem estiment qu'"il y aurait dû avoir un avant et un après rapport Nicol quand il était encore temps d'agir".

Ce rapport de 2015, rédigé par Christian Nicol, inspecteur général honoraire et directeur du logement à la Ville de Paris de 2003 à 2012, avait établi que 48% des immeubles du quartier de Noailles étaient indécents ou dégradés, dont 20% en procédure d'insalubrité ou de péril.

Une marche silencieuse en hommage aux victimes aura lieu samedi après-midi à proximité du quartier touché par les effondrements.

(Jean-François Rosnoblet, avec Jean-Baptiste Vey et Julie Carriat à Paris, édité par Sophie Louet)


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