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Ultimes réunions à Singapour avant le sommet Trump-Kim

Ultimes réunions à Singapour avant le sommet Trump-Kim
Crédit photo © Reuters

par Soyoung Kim et Steve Holland

SINGAPOUR (Reuters) - Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que sa rencontre mardi à Singapour avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pourrait "très bien" se passer tandis que des représentants des deux pays se réunissaient pour tenter de rapprocher des positions encore très éloignées.

Kim et Trump sont arrivés dès dimanche à Singapour en prévision de ce sommet historique, consacré en principe à la dénucléarisation de la Corée du Nord. Les Etats-Unis et la Corée du Nord étant ennemis depuis la guerre de Corée (1950-1953), aucun président américain ne s'est jamais entretenu avec un dirigeant nord-coréen de visu ou même par téléphone.

Selon l'agence Bloomberg, qui cite deux sources américaines, Kim jong-un a décidé de fixer à mardi la fin du sommet, incitant Donald Trump à avancer au même jour son retour vers les Etats-Unis alors qu'il prévoyait jusque là d'y rentrer mercredi.

Le terme dénucléarisation n'ayant pas forcément la même signification pour chacun des deux camps, les représentants des deux parties se sont retrouvés lundi à Singapour pour d'ultimes réunions de travail.

Lors d'une conférence de presse, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a déclaré que les discussions préparatoires avançaient assez rapidement. "Nous pouvons même supposer qu'elles parviendront à leur conclusion logique plus vite que prévu", a-t-il dit.

Ce sommet fournit "une occasion sans précédent de modifier la trajectoire de notre relation et d'apporter la paix et la prospérité" à la Corée du Nord, a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Ce sommet de Singapour, a-t-il souligné, doit poser le cadre "du dur labeur" qui nous attend encore et les Etats-Unis sont "impatients" de voir si la Corée du Nord Pyongyang est vraiment sincère sur le dossier de la dénucléarisation.

Les sanctions contre Pyongyang, a-t-il poursuivi, resteront en vigueur tant que l'objectif n'aura pas été atteint et "si la diplomatie ne permet pas d'aller dans la bonne direction, alors ces mesures seront renforcées".

CHANGEMENT D'ÉPOQUE

Donald Trump s'est montré optimiste lors d'un déjeuner avec le Premier ministre singapourien, Lee Hsien Loong.

"Nous avons une réunion très intéressante, en particulier demain, et je pense juste que ça va très bien fonctionner", a déclaré le président américain.

"Nous apprécions votre hospitalité, votre professionnalisme et votre amitié (...). Vous êtes mon ami", a-t-il dit à Lee Hsien Loong qui avait prévu un gâteau d'anniversaire pour Trump, qui aura 72 ans jeudi.

Kim Jong-un s'est quant à lui offert une escapade, sous étroite protection, dans les lieux les plus touristiques de la cité-Etat avant de regagner son hôtel.

Les hôtels de Donald Trump et Kim Jong-un sont situés dans le quartier chic d'Orchard Road.

Les embouteillages causés par le sommet et le coût de l'hébergement des deux dirigeants ont suscité une certaine grogne à Singapour. Le Premier ministre a estimé le coût du sommet à environ 20 millions de dollars de Singapour (13 millions d'euros), dont plus de la moitié pour la sécurité.

"C'est notre contribution à une entreprise internationale qui est dans notre intérêt", a déclaré Lee Hsien Loong dimanche aux journalistes.

Commentant pour la première fois le sommet, l'agence officielle de presse nord-coréenne KCNA a déclaré que les deux parties échangeraient sur "un vaste éventail" de sujets. Pour KCNA, le sommet de mardi marque un "changement d'époque".

Les discussions porteront sur "la question de l'établissement d'un mécanisme de maintien de la paix permanent et durable dans la péninsule coréenne, la question de parvenir à la réalisation de la dénucléarisation de la péninsule coréenne et d'autres questions d'intérêt commun", a déclaré KCNA.

En prévision du sommet, Pyongyang a exclu tout désarmement nucléaire unilatéral. La référence de KCNA à la dénucléarisation rappelle en principe la position de longue date de la Corée du Nord selon laquelle les Etats-Unis doivent retirer le "parapluie nucléaire" qui protège la Corée du Sud et le Japon.

TÊTE-À TÊTE DE DEUX HEURES

Les Etats-Unis ont de leur côté prévenu qu'un retrait des forces américaines basées en Corée du Sud n'était pas à l'ordre du jour. Mike Pompeo, qui a rencontré Kim Jong-un par deux fois en avril et en mai, a insisté lundi dans un tweet sur une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la péninsule.

Signe qu'un accord est loin d'être acquis, les deux camps ont revu leurs ambitions à la baisse ces derniers jours. Les Etats-Unis, qui réclamaient à l'origine la fin du programme nucléaire nord-coréen, évoquent désormais le début d'un long processus de négociations. Les Nord-Coréens mettent en avant l'idée d'un "mécanisme de maintien de la paix permanent et durable" entre les deux Corées, comme l'a rappelé KCNA.

Pour autant, le doute demeure sur les intentions de Kim Jong-un, dont nombre d'observateurs estiment qu'il cherche surtout un moyen d'alléger les sanctions visant son pays.

"Aucun scénario ne nous surprendra", assurait lundi un responsable de l'administration Trump, partagée selon lui à parts égales entre optimisme et scepticisme.

Il a déclaré que Trump et Kim tiendraient une réunion en tête-à-tête mardi qui pourrait durer deux heures. Il s'agit d'une rencontre "apprenez à mieux vous connaître", a-t-il expliqué. Puis, il devrait y avoir une réunion avec des représentants des deux pays pour une heure de plus.

Le lieu du sommet est l'hôtel Capella, à Sentosa, une île au large du port de Singapour avec des hôtels de luxe, un parc à et des plages artificielles.

Donald Trump, s'exprimant au sommet du G7 samedi au Canada, a déclaré qu'un éventuel accord lors du sommet se ferait "sur le coup", soulignant ainsi l'incertitude qui entoure cette rencontre inédite, qu'il qualifie de "mission de paix".

(Avec Jack Kim, Dewey Sim, Aradhana Aravindan, Joyce Lee, Grace Lee, Matt Spetalnick et David Brunnstrom et Christine Kim à Séoul; Tangi Salaün, Danielle Rouquié, Guy Kerivel et Nicolas Delame pour le service français)


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