Ukraine : Washington va faire pression sur Berlin pour la livraison de chars

Ukraine : Washington va faire pression sur Berlin pour la livraison de chars
Ukraine : Washington va faire pression sur Berlin pour la livraison de chars
Crédit photo © Reuters

par Idrees Ali

BERLIN (Reuters) - Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, insistera jeudi auprès du nouveau ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, sur l'autorisation du transfert de chars d'assaut de fabrication allemande vers l'Ukraine, ont indiqué des responsables américains, alors que les deux pays restent en désaccord sur cette question.

Berlin autorisera l'envoi de chars de fabrication allemande à l'Ukraine pour l'aider à se défendre contre la Russie si les États-Unis acceptent d'envoyer leurs propres chars, a déclaré une source gouvernementale allemande à Reuters.

Mais les responsables américains insistent sur le fait que Washington n'a pas l'intention d'envoyer des chars de fabrication américaine à l'Ukraine pour le moment, en raison des difficultés auxquelles Kyiv serait confronté pour leur entretien et de l'effort logistique nécessaire.

"Le secrétaire (à la Défense) va faire pression sur les Allemands à ce sujet", a déclaré un haut responsable du département américain de la Défense en amont de la rencontre prévue dans la journée en Allemagne entre Lloyd Austin et Boris Pistorius.

L'approvisionnement de l'Ukraine en chars Leopard de fabrication allemande est, selon lui, la solution la plus logique, puisque plusieurs pays européens en disposent déjà et ont accepté de les transférer rapidement.

Les États-Unis ont engagé environ 24 milliards de dollars(22,19 milliards d'euros) pour aider l'Ukraine à se défendre contre les forces russes.

L'administration du président Joe Biden devrait également approuver un nouveau programme d'aide à Kyiv, d'une valeur de plus de deux milliards de dollars, selon un autre responsable américain.

Ce programme, qui pourrait être annoncé dès vendredi lors d'une réunion des responsables de la défense sur une base aérienne en Allemagne, comprendrait vraisemblablement la fourniture de véhicules blindés Stryker à l'Ukraine, mais pas de chars M1 Abrams.

"NOUS N'AVONS PAS LE TEMPS"

L'Ukraine a exhorté jeudi ses alliés occidentaux à accélérer la livraison de chars et de défenses aériennes à Kyiv pour épargner les vies des Ukrainiens.

"La question des chars pour l'Ukraine doit être close le plus rapidement possible. Tout comme les questions des systèmes de défense aérienne supplémentaires", a écrit Andry Yermak, chef de l'administration présidentielle ukrainienne, sur la messagerie Telegram.

"Nous n'avons pas le temps, le monde n'a pas ce temps", a-t-il également déclaré. "Nous payons cette lenteur avec les vies de notre peuple ukrainien. Cela ne devrait pas être comme ça".

"Le soutien militaire à l'Ukraine est absolument crucial", a déclaré de son côté le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, lors d'une conférence de presse, alors que son pays a annoncé jeudi l'envoi d'une nouvelle aide militaire à Kyiv.

La Suède prévoit d'envoyer 50 blindés de combat d'infanterie, des missiles anti-tank portables NLAW et des système d'artillerie Archer, des canons automoteurs à longue portée que l'Ukraine réclame depuis longtemps. L'aide s'élève à 4,3 milliards de couronnes suédoises (386,70 millions d'euros).

La Grande-Bretagne envisage pour sa part de fournir à l'Ukraine 600 missiles Brimstone, a fait savoir son ministre de la Défense Ben Wallace, en visite sur la base militaire de Tapa, en Estonie.

Allant plus loin, le Premier ministre polonais a évoqué la possibilité pour son pays d'envoyer à Kyiv des chars Leopard sans l'autorisation de l'Allemagne.

"Le consentement est d'une importance secondaire ici, soit nous obtiendrons ce consentement rapidement, soit nous ferons nous-mêmes ce qu'il faut", a dit Mateusz Morawiecki sur la chaîne télévisée Polsat News tard mercredi.

(Reportage Idrees Ali avec la contribution de Tom Balmforth à Kyiv et de Johan Ahlander et Niklas Pollard à Stockholm; version française Dagmarah Mackos et Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)

Reuters

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