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Trump et Kim se livrent à une offensive de charme à Singapour

Trump et Kim se livrent à une offensive de charme à Singapour

Crédit photo © Reuters

par Jack Kim et Steve Holland

SINGAPOUR (Reuters) - Donald Trump a assuré mardi avoir établi une "bonne relation" avec Kim Jong-un alors que les deux dirigeants ont multiplié poignées de main et amabilités lors d'un sommet historique à Singapour où ils ont promis de travailler ensemble pour mettre fin à la crise nucléaire dans la péninsule coréenne.

Quelques mois après avoir échangé insultes et menaces de guerre après de nouveaux essais nucléaires et balistiques de Pyongyang, le président américain et le dirigeant nord-coréen se sont livrés à une offensive de charme dès le début de cette rencontre inédite dans l'histoire des relations entre les deux pays.

"Nous allons avoir une relation formidable, je n'ai aucun doute là-dessus", a déclaré d'emblée le président américain à son interlocuteur nord-coréen, qu'il s'est dit "très honoré" de rencontrer.

Conscients que le sommet de Singapour pourrait rester comme un moment clé de leur vie politique, Donald Trump et Kim Jong-un ont fait assaut d'amabilités, de sourires et de petits gestes d'attention devant les caméras admises dans l'enceinte d'un hôtel de luxe de l'île de Sentosa, même si la tension et la concentration se lisaient aussi sur leurs visages.

Le président américain avait déclaré quelques heures avant le sommet que la première minute de son entrevue avec Kim Jong-un lui permettrait de savoir s'il est possible de parvenir à un "vrai accord" en vue de la dénucléarisation de la Corée du Nord - "contrairement à ceux du passé", avait-il ajouté en allusion à l'échec d'un précédent accord conclu avec le père du dirigeant nord-coréen.

Interrogé par un journaliste sur l'atmosphère de cette rencontre, Donald Trump a rendu un verdict optimiste: "Très bonne. Très, très bonne. Excellente relation."

"COMME UN FILM DE SCIENCE FICTION"

Kim Jong-un s'est pour sa part félicité que Nord-Coréens et Américains aient réussi à "surmonter le scepticisme et les nombreux obstacles" qui ont failli empêcher la tenue de la rencontre, dont Donald Trump avait un temps annoncé l'annulation.

"Je crois que le monde entier regarde ce moment. Beaucoup de gens dans le monde vont penser qu'il s'agit d'une scène tirée d'une fiction... d'un film de science fiction", a-t-il ajouté, selon des propos traduits.

Les deux hommes se sont entretenus en tête-à-tête pendant une quarantaine de minutes, échange dans lequel Kim Jong-un a déclaré voir "un bon prélude à la paix", sans toutefois livrer le moindre indice sur le fond des discussions.

Le dirigeant nord-coréen s'est dit prêt à travailler avec le président américain tout en prévenant "qu'il y aura(it) des difficultés".

"Nous allons les résoudre", lui a aussitôt répondu Donald Trump. "Nous allons travailler ensemble, nous allons nous en occuper."

Après cette prise de contact initiale, les deux dirigeants ont été rejoints par leurs gardes-rapprochées respectives pour des discussions élargies consacrées à la dénucléarisation de la Corée du Nord et à la fin des hostilités dans la péninsule.

Côté américain, étaient notamment présents le secrétaire d'Etat, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, connu pour son hostilité envers le régime de Pyongyang.

Côté nord-coréen, la personnalité la plus en vue était l'ex-chef des services de renseignement militaires Kim Yong-chol, qui s'est récemment rendu en visite à New York.

Les discussions à huis clos ont duré environ une heure et demie, avant de se poursuivre de manière moins formelle lors d'un déjeuner de travail.

LONG PROCESSUS

Une conférence de presse de Donald Trump, qui pourrait être accompagné pour l'occasion par Kim Jong-un, est prévue à l'issue de ce déjeuner.

Ce n'est qu'à ce moment-là que l'on saura peut-être si, au-delà de la portée symbolique du sommet, les négociations ont avancé de manière concrète, notamment sur la question épineuse de la dénucléarisation, terme qui ne recouvre manifestement pas la même signification dans les deux camps.

Les observateurs avertis disent douter de la volonté réelle de Pyongyang de renoncer à la bombe atomique, que le régime considère comme sa meilleure police d'assurance-vie, et soulignent qu'en tout état de cause, un processus de dénucléarisation s'étalerait sur de longues années et s'accompagnerait nécessairement d'importantes concessions de la part des Etats-Unis, comme le retrait du "parapluie nucléaire" dont bénéficient la Corée du Sud et le Japon.

La rencontre de Singapour, disent les experts, devrait au mieux donner le coup d'envoi de ce long processus à l'issue très incertaine.

Conscient de cette difficulté, Mike Pompeo a rappelé lundi que Washington n'attendait rien moins qu'une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord. Il a aussi prévenu que les sanctions contre Pyongyang resteraient en vigueur tant que cela n'est pas le cas.

Dans un premier temps, les négociateurs pourraient donc progresser plus rapidement sur la question de la fin formelle des hostilités entre les deux Corées, la guerre de 1950-1953 s'étant achevée sur un simple armistice.

La signature d'un traité de paix semble en effet être une ambition partagée par Kim Jong-un et par le président sud-coréen Moon Jae-in, dont la politique de détente a ouvert la porte à la tenue du sommet de Singapour.

(Tangi Salaün pour le service français)


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