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Trump entretient le flou sur l'imminence d'une frappe en Syrie

Trump entretient le flou sur l'imminence d'une frappe en Syrie

Crédit photo © Reuters

par Guy Faulconbridge et Vladimir Soldatkin

WASHINGTON/LONDRES/MOSCOU (Reuters) - Donald Trump a entretenu le flou jeudi sur l'imminence d'une opération militaire contre la Syrie, accusée d'avoir mené une attaque chimique samedi dernier contre la ville rebelle de Douma, près de Damas.

Dans un message matinal publié sur son compte Twitter, le président américain affirme "ne jamais avoir dit quand une attaque contre la Syrie pourrait avoir lieu. Peut-être bientôt, ou peut-être pas si tôt que ça."

Donald Trump a prévenu la Russie mercredi que les Etats-Unis pourraient intervenir d'ici peu en Syrie après l'attaque de Douma, qui est tombée jeudi au mains des forces gouvernementales.

Le président américain répondait ainsi aux mises en garde de Moscou qui a averti Washington que tout missile tiré contre la Syrie serait abattu et que les sites de lancement seraient détruits.

Des navires de guerre russes ont appareillé de leur base navale de Tartous, en Syrie, a confirmé le président de la commission de la défense à la Douma, Vladimir Chamanov. Ces bâtiments de la marine russe ont quitté le port pour des raisons de sécurité, "comme il est normal" en cas de menace, a ajouté le député.

A Londres, la Première ministre Theresa May a réuni son gouvernement pour étudier une possible participation britannique à une opération militaire contre la Syrie.

Le ministre chargé du Brexit, David Davis, a souligné que toute décision devrait être savamment pesée, avec une extrême prudence et en se fondant sur des preuves solides.

Theresa May a ordonné à des sous-marins de la Royal Navy de faire mouvement pour être à portée de la Syrie, en vue d'une éventuelle frappe qui pourrait avoir lieu dès jeudi soir, selon le Daily Telegraph.

MACRON DIT AVOIR LA PREUVE D'UNE ATTAQUE CHIMIQUE

Le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a demandé à en savoir plus sur la prétendue attaque chimique et veut que le Parlement de Westminster soit consulté par le gouvernement avant toute action militaire.

En 2013, le Parlement avait rejeté une action militaire contre Assad, là aussi après des accusations d'attaques chimiques.

La Russie, alliée de Damas qui doute de la réalité d'une attaque chimique et dénonce comme l'Iran une manipulation des rebelles syriens, a déclaré que la ligne de communication avec les Etats-Unis, censée éviter tout incident aérien au-dessus de la Syrie, restait en service malgré les tensions croissantes.

Moscou a réaffirmé jeudi n'avoir découvert aucune trace d'attaque chimique à Douma et a dénoncé les "accusations malhonnêtes" qui pourraient servir de prétexte à des frappes occidentales contre la Syrie.

Le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a dit pour sa part "croire" à une attaque chimique à Douma et a souhaité l'envoi d'inspecteurs sur place.

Deux équipes d'inspecteurs appartenant à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) doivent justement se rendre jeudi et vendredi en Syrie pour enquêter, a annoncé l'ambassadeur syrien aux Nations unies, Bachar al Jaafari.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France avait la preuve d'une attaque chimique du gouvernement syrien à Douma et décidera d'une action militaire, en coordination avec les Etats-Unis, une fois que toutes les informations auront été vérifiées.

"DÉCISION EN TEMPS VOULU"

"Nous avons la preuve que la semaine dernière, il y a maintenant près de dix jours, des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu'elles ont été utilisées par le régime de Bachar al Assad", a-t-il dit.

"Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace", a-t-il poursuivi, précisant qu'il était en contact étroit avec Donald Trump.

Le président Assad a affirmé que toute intervention occidentale ne ferait qu'"aggraver l'instabilité dans la région, menacer la paix et la sécurité dans le monde", rapporte la télévision syrienne.

La Russie a annoncé jeudi avoir déployé des policiers à Douma, après la chute de la ville aux mains des forces gouvernementales et conformément à un accord d'évacuation conclu avec les rebelles du groupe Djaïch al Islam.

Les Nations unies espèrent pouvoir profiter de la fin des combats dans l'enclave rebelle pour acheminer de l'aide humanitaire à au moins 100.000 personnes.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s'est entretenu au téléphone mercredi avec Donald Trump, a également parlé de la situation avec Vladimir Poutine jeudi.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré que son pays voulait être consulté avant qu'un allié occidental décide d'intervenir militairement en Syrie.

La chancelière Angela Merkel a dit que l'Allemagne ne participerait pas à une éventuelle frappe contre la Syrie, tout en affirmant qu'il fallait réagir à l'utilisation d'armes chimiques.

(Avec Angus McDowall à Beyrouth, William James à Londres, Andrew Osborn à Moscou et John Irish à Paris, Graham Fahy à Dublin; Pierre Serisier et Guy Kerivel pour le service français)


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