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Trump annonce qu'il rencontrera Kim le 12 juin à Singapour

Trump annonce qu'il rencontrera Kim le 12 juin à Singapour
Crédit photo © Reuters

par Steve Holland et Matt Spetalnick

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a annoncé jeudi sur Twitter qu'il rencontrerait le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un le 12 juin prochain à Singapour, un sommet inédit entre un président des Etats-Unis et un dirigeant de la République populaire démocratique de Corée.

"Cette rencontre tant attendue entre Kim Jong-un et moi-même aura lieu à Singapour le 12 juin. Nous essaierons tous les deux d'en faire un moment très particulier pour la Paix dans le Monde!", a tweeté le président américain.

Les préparatifs de ce sommet, historique et sans précédent, avaient été révélés début mars.

Trump avait laissé au conseiller sud-coréen à la sécurité nationale, qui a joué les intermédiaires entre Pyongyang et Washington, le soin d'annoncer qu'il était prêt à rencontrer Kim Jong-un avant de le confirmer en personne.

Mike Pompeo, l'ancien patron de la CIA nommé à la tête du département d'Etat par Trump, s'est depuis rendu à deux reprises à Pyongyang. Il est rentré jeudi matin de sa dernière mission en date, ramenant avec lui trois ressortissants américains qui étaient détenus en Corée du Nord et que Kim a libérés en signe de bonne volonté.

Les accueillant à leur retour sur le territoire américain, Trump a dit croire que le dirigeant nord-coréen souhaitait faire entrer son pays "dans le monde réel" et a émis l'espoir de parvenir à des avancées importantes lors de leur rencontre. "Je pense que nous avons une bonne chance de faire quelque chose de très significatif", a-t-il dit.

"Ma plus grande fierté sera - et cela en fait partie - le jour où nous aurons dénucléarisé l'ensemble de la péninsule", a-t-il ajouté.

Le gouvernement sud-coréen a été prompt à réagir, se félicitant de ces développements rapides. "Nous nous félicitons que le sommet entre la Corée du Nord et les Etats-Unis se tiennent à Singapour le 12 juin. Nous espérons que la dénucléarisation de la péninsule coréenne de même qu'une paix permanente dans la péninsule émergeront avec succès de ce sommet", peut-on lire dans un communiqué diffusé à Séoul.

PARI

Ce sommet s'apparente d'ores et déjà à un des plus gros paris diplomatiques de Trump depuis son accession à la Maison blanche, en janvier 2017, lui qui vient de retirer les Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

L'été dernier, le président américain promettait "le feu et à la fureur" à Pyongyang et prévenait que les solutions militaires étaient "verrouillées et chargées" ('locked and loaded'), si la Corée du Nord agissait de manière imprudente.

Le ton a changé du tout au tout depuis l'offensive de charme lancée cet hiver par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, encouragée par le président sud-coréen Moon Jae-hin.

Rencontrant ce dernier fin avril pour le premier sommet intercoréen depuis plus d'une décennie, Kim s'est engagé en faveur d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

Plusieurs représentants de la Maison blanche ont déclaré jeudi que le sommet pourrait avorter si la Corée du Nord venait à faire quelque chose d'inacceptable durant le mois à venir.

"Nous ne nous faisons aucune illusion sur qui sont ces gens", a déclaré aux journalistes une représentante du Conseil de sécurité nationale.

"Nous savons à qui nous avons affaire, mais nous avons en amont ramené (nos trois ressortissants) chez eux plutôt que de réfléchir à la question après coup", a ajouté Victoria Coates.

Evoquant la perspective de ce sommet Trump-Kim préparé en deux mois à peine, le démocrate Chuck Schumer, chef du groupe démocrate au Sénat, a souligné jeudi que le président américain devrait s'attacher à obtenir de Kim des engagements forts et véritables, tout en exprimant ses doutes.

"Je redoute que notre président, dans son empressement à conclure un accord, à recevoir les éloges et à mettre en scène une séance photo, négociera un accord hâtif et mauvais, pas un accord solide, pas un accord durable", a-t-il dit.

En 2000, des travaux préparatoires intenses avaient été menés en vue d'une possible rencontre entre Bill Clinton, alors président démocrate des Etats-Unis, et Kim Jong-il, le père de l'actuel dirigeant nord-coréen. Mais ces démarches n'avaient pas abouti - Clinton a fini par rencontrer Kim Jong-il mais en août 2009, bien après son départ de la Maison blanche.

(avec Doina Chiacu à Washington, Henri-Pierre André et Jean Terzian pour le service français)


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