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Trump à Londres en plein débat sur le Brexit et la succession de May

Trump à Londres en plein débat sur le Brexit et la succession de May
Crédit photo © Reuters

par Steve Holland

LONDRES (Reuters) - Donald Trump et son épouse Melania sont arrivés lundi à Londres pour une visite d'Etat de trois jours que les propos du président américain sur le Brexit et sur les candidats à la succession de Theresa May ont placée sur une trajectoire imprévisible.

Le couple présidentiel a eu droit à tous les égards de la monarchie britannique en cette première journée, avec déjeuner avec la reine Elizabeth, thé avec le prince Charles, l'héritier du trône, visite de l'abbaye de Westminster où les souverains d'Angleterre sont couronnés depuis mille ans, puis un dîner officiel au palais de Buckingham.

A cette occasion, Elizabeth s'est dite "confiante dans le fait que nos valeurs communes et nos intérêts communs continueront de nous unir", avant de porter un toast à Donald et Malania Trump.

Le président américain a rendu ensuite un hommmage appuyé à la souveraine en évoquant son passé pendant la Seconde Guerre mondiale et le fait qu'elle ait notamment réparé le moteur d'un véhicule de l'armée. "Cette jeune mécanicienne était la future reine, une très très grande dame. Le lien entre nos deux nations a été scellé pour toujours pendant cette grande croisade", a déclaré Donald Trump, qui participera jeudi en Normandie aux célébrations du 75e anniversaire du Débarquement.

Au-delà du faste des cérémonies, le 45e président des Etats-Unis est arrivé à Londres avec des idées bien précises.

Sur Twitter, juste avant que son avion n'atterrisse à l'aéroport de Londres-Stansted, Donald Trump s'en est violemment pris au maire de la capitale britannique, Sadiq Khan, le traitant notamment de "stone-cold loser", en quelque sorte de "raté intégral".

"@SadiqKhan, qui sur tous les plans a fait un boulot exécrable en tant que maire de Londres, s'est montré stupidement méchant envers le président des Etats-Unis (...) qui est de loin l'allié le plus important du Royaume-Uni", écrit Trump.

LE "RATÉ" SADIQ KHAN

Dimanche, dans le Guardian, Sadiq Khan a souligné la nécessité pour la Grande-Bretagne d'entretenir de bonnes relations avec Washington mais a estimé qu'il ne fallait pas "dérouler le tapis rouge" pour Trump, qu'il a comparé aux fascistes du XXe siècle.

"Donald Trump n'est qu'un des exemples les plus flagrants d'une menace mondiale croissante. L'extrême droite est en hausse dans le monde entier, menaçant nos droits et libertés durement gagnés et les valeurs qui définissent nos sociétés libérales et démocratiques depuis plus de soixante-dix ans", a affirmé le maire de Londres.

Dans un entretien accordé au Sunday Times à la veille de sa venue au Royaume-Uni, Donald Trump a jugé que les Britanniques devaient refuser de payer la facture du divorce avec l'Union européenne, d'un montant compris entre 40 et 45 milliards d'euros, et quitter la table des négociations sur le Brexit si Bruxelles ne répond pas à leurs attentes. "Si vous n'obtenez pas un accord équitable, vous partez", argumente-t-il.

Sur Twitter, lors de sa visite, le président américain a jugé possible un "grand accord commercial" avec le Royaume-Uni quand ce dernier se sera débarrassé de "ses menottes", allusion à l'Union européenne.

Dans son interview au Sunday Times, Trump conseille aussi au futur Premier ministre britannique d'envoyer Nigel Farage, fervent partisan du Brexit, mener les négociations à Bruxelles. Ne pas l'impliquer est une erreur, car celui-ci a "beaucoup à offrir" et pourrait grandement aider les Britanniques dans les discussions, continue-t-il.

Le Parti du Brexit de Nigel Farage a largement remporté les élections européennes au Royaume-Uni, devant les libéraux-démocrates pro-européens, profitant du mécontentement suscité par l'échec de la Première ministre conservatrice Theresa May dans les négociations sur le Brexit.

Faute d'avoir réussi à faire voter l'accord de retrait qu'elle a négocié avec l'UE en novembre dernier, cette dernière a annoncé sa démission. Le processus de désignation de son successeur débutera dans la semaine du 10 juin.

L'"EXCELLENT" BORIS JOHNSON

Donald Trump a exprimé son soutien aux candidats à la succession de May désirant une sortie de l'UE le 31 octobre avec ou sans accord. Parmi eux figurent notamment l'ancien chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, dont Trump a de nouveau salué les qualités dans un entretien au Sun paru samedi.

"Boris ferait du très bon travail", dit-il de lui. "Je pense qu'il serait excellent."

Le président américain attend également des autorités britanniques une attitude plus ferme à l'égard de la Chine, notamment à propos de Huawei, l'équipementier télécoms que Washington soupçonne d'être utilisé à des fins d'espionnage par le gouvernement chinois.

Depuis des semaines, les Etats-Unis pressent leurs alliés de ne pas impliquer Huawei dans le déploiement de la 5G, la nouvelle norme de téléphonie mobile.

"Nous prenons bonne note de tout ce que disent les Etats-Unis sur ces questions. Nous écouterons avec soin ce qu'ils disent", a répondu lundi matin le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, au micro de la BBC.

Les questions politiques seront plutôt abordées mardi, avec des entretiens programmés avec Theresa May.

Mercredi, veille du 75e anniversaire du débarquement de Normandie, Donald Trump et la reine seront à Portsmouth, dans le sud du pays, l'un des ports d'où est partie l'armada alliée. Le président américain se rendra ensuite brièvement en Irlande. Le 6 juin, il sera en Normandie pour les cérémonies du "Jour J".

(Avec Hannah McKay; Henri-Pierre André, Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)


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