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Trois mois de prison avec sursis pour Jean-Vincent Placé

Trois mois de prison avec sursis pour Jean-Vincent Placé
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi l’ancien secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende pour des violences, ainsi que pour outrages à policiers, lors d’une soirée arrosée.

    Le ministère public avait requis le 11 juillet six mois de prison avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve à l'encontre de l'ex-sénateur écologiste de 50 ans, qui n'a pas assisté à la lecture du jugement.

L'ancien membre du gouvernement de François Hollande avait été interpellé en état d'ivresse devant un bar du Quartier latin, à Paris, lors d'une nuit d'avril 2018, et placé en garde à vue pendant 34 heures.

    Il était accusé d'avoir importuné deux jeunes femmes dans ce bar récemment ouvert et d'avoir proféré des injures à l'adresse du portier de l'établissement, puis de policiers, qu'il avait traités notamment de "tocards".

    Le tribunal l’a partiellement relaxé d'accusations d’injures à caractère racial mais l'a reconnu coupable pour tout le reste.

Selon l'accusation, il avait demandé à une jeune femme de danser pour l'ami sénateur qui l'accompagnait, lui proposant même de l'argent, et, devant son refus, l'avait vigoureusement tirée par le bras pour réitérer sa demande.

Selon le portier de l'établissement, il lui aurait aussi fait une proposition sexuellement explicite.

Le portier, un ex-légionnaire d'origine maghrébine connu sous le nom de Vladimir, nom conservé de son passage dans la Légion étrangère où il a servi en Afghanistan, en Irak et en Libye, était venu au secours de la jeune femme.

"On n'est pas au Maghreb, ici", lui avait alors notamment lancé Jean-Vincent Placé, seul propos à caractère raciste finalement retenu par le tribunal.

Le portier l'avait fait sortir manu militari et avait alerté une patrouille de police qui passait.

Lors de sa comparution, Jean-Vincent Placé s'était dit "honteux" de cet épisode. Il avait admis avoir été "extrêmement insistant" avec les jeunes femmes et avoir eu un comportement "inconvenant et déplacé". Mais il avait nié avoir tenu des propos sexistes et racistes ou avoir été violent ou agressif.

L'ex-élu, qui a pris ses distances avec la politique et s'est reconverti dans le conseil stratégique, avait reconnu un problème d'alcoolisme et dit au tribunal avoir entrepris une cure de désintoxication et un "parcours psychiatrique" pour ne plus se retrouver dans une telle situation.

Le tribunal a décidé de ne pas inscrire sa condamnation à son casier judiciaire, ce qu'a regretté l'avocat de la société propriétaire du bar, Me Bruno Illouz, pour qui "cette décision surprenante en dit long sur une certaine forme d'indulgence à l'égard des puissants".

L'un des avocats de Jean-Vincent Placé, Me Sébastien Muratyan, a estimé quant à lui que le tribunal avait "fait la part des choses" en rejetant les demandes "assez extravagantes" des parties civiles et en ne suivant pas des réquisitions du parquet "particulièrement sévères".

(Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet)


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