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Trêve fragile au Haut-Karabakh, des violations dénoncées par les deux camps

Trêve fragile au Haut-Karabakh, des violations dénoncées par les deux camps
Crédit photo © Reuters

par Nailia Bagirova et Nvard Hovhannisyan

BAKOU/EREVAN (Reuters) - Une trêve conclue samedi au Haut-Karabakh sous l'égide de la Russie semblait fragile dimanche alors que L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu et de crimes contre des civils.

Ce cessez-le-feu, conclu après des négociations marathon à Moscou sous la tutelle du président Vladimir Poutine, visait à mettre fin aux combats et à permettre aux forces ethniques arméniennes du Haut-Karabakh et aux forces azéries d'échanger des prisonniers et les dépouilles des victimes de la guerre.

Les discussions organisées à Moscou constituaient le premier contact diplomatique entre Bakou et Erevan depuis que les combats ont éclaté le 27 septembre dans l'enclave, faisant des centaines de morts.

La reprise des combats dans le Haut-Karabakh, situé en territoire azerbaïdjanais et peuplé majoritairement d'Arméniens, a fait craindre que le conflit vieux de plusieurs décennies se transforme en guerre plus vaste impliquant la Turquie, proche de Bakou, et la Russie, liée à Erevan par un accord de défense.

Les deux camps se sont mutuellement accusés d'avoir violé le cessez-le-feu dès samedi dans les minutes qui ont suivi son entrée en vigueur.

Dimanche, l'Azerbaïdjan a accusé l'Arménie d'avoir massivement bombardé un quartier résidentiel de la ville de Ganja, aux premières heures du jour, et d'avoir touché un immeuble avec des appartements.

Les services du procureur général azéri ont déclaré que cinq personnes avaient été tuées et 28 blessées dans cette attaque, contraire, selon eux, à la Convention de Genève sur la protection des civils.

Le ministère arménien de la Défense a dénoncé de son côté un "mensonge total" et accusé l'Azerbaïdjan de continuer à prendre pour cible les zones peuplées du Karabakh dont Stepanakert, la plus grande ville de la région.

Un photographe de Reuters à Ganja a vu des secouristes transporter la dépouille d'une personne depuis les ruines d'un grand immeuble dimanche matin.

Reuters n'a pas pu vérifier de façon indépendante les affirmations de l'Azerbaïdjan concernant le nombre de victimes.

L'Azerbaïdjan a également accusé l'Arménie d'avoir attaqué - sans succès - avec des tirs de roquette une station hydro-électrique à Mingachevir, ce que les forces de l'ethnie arménienne au Karabakh ont démenti.

Arayik Haratyunyan, chef de file des forces de l'ethnie arménienne au Karabakh, a jugé la situation relativement calme dimanche matin, tout en ajoutant ne pas savoir comment la situation allait évoluer, les tensions perdurant sur la ligne de front.

Il a accusé les forces azéries d'avoir tenté sans succès de prendre le contrôle de la ville d'Hadrut.

Les échanges de prisonniers étaient censés commencer ce dimanche, a-t-il dit, mais il n'était pas en mesure de dire si et quand ils devaient avoir lieu.

(Version française Gwénaëlle Barzic)


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