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Toutes les pistes explorées dans la tuerie de Haute-Savoie

Toutes les pistes explorées dans la tuerie de Haute-Savoie

par Antony Paone

CHEVALINE, Haute-Savoie (Reuters) - Les enquêteurs français exploraient jeudi "toutes les pistes" au lendemain de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie) où une fillette de quatre ans a été retrouvée indemne, cachée sous les cadavres, dans la voiture de trois des victimes - des Britanniques - près de huit heures après les faits.

Ce fait divers, qualifié de "hors normes" par le procureur de la République d'Annecy, faisait jeudi la Une des quotidiens britanniques et le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a fait part de son émotion face à une "terrible tuerie".

Trois des quatre personnes retrouvées tuées par balles mercredi après-midi par un cycliste dans et près d'une voiture sur un parking de la route forestière domaniale de la Combe d'Ire, sur les hauteurs du lac d'Annecy, seraient membres d'une même famille originaire du Royaume-Uni qui était en vacances dans la région, a précisé le procureur Eric Maillaud.

Un homme, probablement le père, se trouvait au volant de la voiture, les deux autres victimes, deux femmes, vraisemblablement la mère et l'une plus âgée - grand-mère ou tante des enfants - étaient assises à l'arrière du véhicule.

Le propriétaire du véhicule, un break BMW, est un Britannique de 50 ans né à Bagdad, Saad al Hilli, a-t-on déclaré à Reuters de source proche de l'enquête. Il avait laissé ses papiers d'identité en caution au propriétaire du camping de Saint-Jorioz où séjournait la famille depuis quelques jours.

Son lieu de résidence est Claygate, dans le Surrey, au sud de Londres. On ignore pour l'heure si le propriétaire du véhicule et l'homme abattu sont une seule et même personne, mais les enquêteurs supposent qu'il s'agit bien du père de famille, a-t-on dit de même source.

HUIT HEURES SOUS LES JAMBES DE SA MÈRE

La quatrième victime, un randonneur à vélo originaire de la région habitant une commune voisine, a été identifiée après que son épouse, inquiète de ne pas le voir revenir, eut alerté les gendarmes.

Une fillette de huit ans, grièvement blessée à la tête, avait été retrouvée mercredi à l'extérieur, à l'avant gauche de la voiture. Elle a été hospitalisée à Grenoble et son état était stabilisé jeudi, selon le procureur de la République d'Annecy.

Une petite fille "d'environ quatre ans", vraisemblablement sa soeur, a été retrouvée saine et sauve vers minuit, près de huit heures après l'arrivée des gendarmes sur place, cachée sur le plancher arrière de la voiture sous les jambes de sa mère. Les faits, selon les enquêteurs, se seraient déroulés mercredi aux alentours de 16h00.

Prostrée, la fillette n'avait pas attiré l'attention des gendarmes.

Le délai de huit heures s'explique par le "gel" de la scène de crime décidé dans l'attente de l'arrivée des experts scientifiques de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), qui se situe à Rosny-sous-Bois, en région parisienne.

"Il leur a fallu un petit peu de temps, encore que trois d'entre eux sont arrivés en hélicoptère. Le reste des équipes est arrivé beaucoup plus tard dans la nuit", a précisé Eric Maillaud sur France Info.

"C'est une nécessité sur une scène de crime d'éviter toute pollution pour pouvoir recueillir un maximum d'indices qui permettront peut-être à l'enquête d'avancer rapidement", a-t-il expliqué.

Les deux fillettes, toutes deux hospitalisées à Grenoble, ont été placées sous protection policière.

La fillette de quatre ans "s'est mise à sourire et à parler anglais lorsqu'une gendarme de la brigade de recherche de Chambéry l'a prise dans ses bras et l'a sortie du véhicule", a déclaré Eric Maillaud.

TUÉS AU PISTOLET AUTOMATIQUE

L'aînée "a été très violemment frappée. Elle a apparemment des fractures du crâne", a-t-il dit.

"Il n'est pas sûr du tout qu'elle puisse être entendue rapidement, à supposer même d'ailleurs (...) que le choc psychologique qu'elle a pu ressentir lui permette de s'exprimer ou de dire quelque chose de très clair", a-t-il ajouté.

"Plus d'une quinzaine" de douilles "vraisemblablement provenant d'un pistolet automatique" ont été retrouvées sur les lieux, a dit Eric Maillaud. Aucune arme n'a pour l'instant été découverte.

"Toutes les pistes seront exploitées. (...) Les enquêteurs vont essayer d'en savoir un peu plus sur cette famille", a-t-il dit, évoquant notamment après la piste criminelle un possible drame familial ou un crime "lié à la profession" des victimes.

Kara Owen, numéro deux de l'ambassade de Grande-Bretagne, s'est rendue sur place.

Le procureur d'Annecy devait donner une conférence de presse à 14h00.

avec Catherine Lagrange à Lyon, Nicolas Bertin à Paris, édité par Sophie Louet


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