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Total veut des garanties avant d'investir massivement dans les batteries

Total veut des garanties avant d'investir massivement dans les batteries
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Total n'investira massivement dans les batteries que s'il bénéfice d'un "cadre concurrentiel équitable" par rapport aux fabricants chinois, a déclaré vendredi son PDG, Patrick Pouyanné.

Le groupe pétrolier a racheté en 2016 le fabricant français Saft, qui a formé en début d'année une alliance avec les allemands Siemens et Manz et le belge Solvay afin de concevoir des batteries de nouvelle génération, une initiative soutenue par la Commission européenne.

"Je ne vais pas lancer le groupe et Saft dans des opérations de plusieurs milliards d'euros si à la fin on n'a pas le cadre concurrentiel équitable entre nous et les autres", a toutefois prévenu vendredi Patrick Pouyanné.

"C'est un vrai sujet de concurrence (car) quelque part les constructeurs chinois (...) bénéficient d'aides d'Etat", a souligné le dirigeant à l'occasion du salon Actionaria, dédié aux investisseurs individuels.

"Aujourd'hui, si vous voulez fournir un véhicule électrique en Chine avec une batterie, il faut qu'elle soit construite en Chine par un constructeur chinois (...). C'est quand même un problème et, pour l'instant, le dialogue qu'on a avec le gouvernement européen c'est de savoir si on peut nous protéger comme ça en Europe. C'est plus compliqué, visiblement."

"Il n'est pas question que l'on fasse dans les batteries ce qu'il s'est passé dans les panneaux solaires, c'est-à-dire que les Européens - au nom de l'Europe - investissent lourdement dans des usines et qu'après on doive tout fermer parce qu'on ne serait pas concurrentiel par rapport aux Chinois", a également dit Patrick Pouyanné.

Saft ambitionne de produire à partir de 2020 de nouvelles générations de batteries électriques à même de répondre aux besoins des constructeurs automobiles.

La société a indiqué à Reuters mi-septembre qu'elle pourrait préciser son futur dispositif industriel au cours du premier trimestre 2019 et qu'elle n'excluait pas de produire en France ses nouveaux modèles.

La Commission européenne a lancé fin 2017 une initiative pour un "Airbus" des batteries mais les projets évoluent toujours en ordre dispersé avec, outre l'alliance autour de Saft, le projet suédois de Northvolt.

La France souhaite pour sa part qu'un accord soit conclu entre les fabricants de batteries et les constructeurs automobiles pour créer une filière industrielle à l'échelle de l'Europe, a déclaré mercredi à Reuters le ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

Les constructeurs automobiles disent soutenir la constitution d'une telle filière européenne, mais à condition qu'elle soit compétitive. Tous se sont tournés pour l'heure vers les fabricants asiatiques, en situation de quasi-monopole sur le lithium-ion liquide, pour leurs futurs modèles.

(Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)


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