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Tensions, calculs et mise en garde à l'orée d'une nouvelle semaine cruciale sur le Brexit

Tensions, calculs et mise en garde à l'orée d'une nouvelle semaine cruciale sur le Brexit
Crédit photo © Reuters

LONDRES (Reuters) - A l'orée d'une nouvelle semaine de tous les dangers pour le processus du Brexit lancé par le référendum de juin 2016, le gouvernement britannique tente de rallier suffisamment d'élus à la Chambre des communes pour parvenir enfin à faire ratifier l'accord de retrait négocié avec les Européens.

Theresa May, conformément à la série de votes de la semaine passée aux Communes, a annoncé qu'elle se donnerait jusqu'à mercredi au plus tard pour tenter de faire approuver cet accord par le Parlement de Westminster, soit avant le Conseil européen des 21 et 22 mars. Le vote pourrait intervenir mardi, mais le conditionnel s'impose.

Par deux fois déjà, la Chambre des communes a rejeté l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE (par 432 voix contre 202 le 15 janvier, puis par 391 voix contre 242 mardi dernier). May a besoin de convaincre 75 parlementaires pour renverser la donne.

Si les Communes adoptent l'Accord de retrait, May demandera à ses partenaires européens un report de courte durée, de l'ordre de trois mois, jusqu'au 30 juin au plus tard, de la date de sortie de l'UE. Si elles le rejettent, elle demandera un report de longue durée, sans limitation.

Principaux développements de la journée:

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11h50: HAMMOND: DES PARLEMENTAIRES ONT CHANGÉ D'AVIS, MAIS LE COMPTE N'Y EST PAS ENCORE

Philip Hammond, le ministre des Finances, l'affirme: il n'y aura pas de nouveau vote sur l'accord de retrait si le gouvernement n'a pas le sentiment qu'il peut l'emporter. Il ajoute qu'un "nombre significatif" de parlementaires ont changé d'avis sur cet accord, mais que le compte n'y est toujours pas.

Le chancelier de l'Echiquier laisse par ailleurs entendre qu'il serait possible de s'engager sur la voie d'un "softer Brexit", un divorce moins radical qui maintiendrait des relations plus étroites entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

C'est la dernière chance de parvenir à un accord et d'éviter un long report du Brexit, souligne-t-il.

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10h35: CORBYN: EN CAS D'ÉCHEC, UNE MOTION DE CENSURE

Jeremy Corbyn, le dirigeant de l'opposition travailliste, annonce que son parti déposera une motion de censure contre le gouvernement May si la Première ministre est de nouveau mise en échec sur l'accord de Brexit qu'elle a négocié avec les Européens.

"Nous avons déjà eu un vote de confiance", a rappelé Corbyn sur Sky News. La motion du Labour, mi-janvier, avait alors été rejetée par 325 voix contre 306.

"Le gouvernement, a poursuivi Corbyn, va semble-t-il soumettre une nouvelle fois ses propositions devant le Parlement cette semaine. Je pense qu'il sera une nouvelle fois mis en échec (...) A ce stade, je pense qu'une motion de censure serait appropriée, à ce stade, nous devrions dire qu'il doit y avoir des élections générales."

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10h20: "PAS DE VOTE SANS ASSURANCE DE L'EMPORTER"

Theresa May n'organisera un nouveau vote parlementaire sur l'accord de Brexit qu'elle a négocié avec les Européens que si elle est sûre d'obtenir une majorité, déclare Liam Fox, son ministre du Commerce. "Il serait difficile de justifier la tenue de ce vote si nous savons que nous allons le perdre", dit-il sur Sky News.

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Samedi, 22h40: MAY MAINTIENT LA PRESSION SUR LES "BREXITERS"

"Si on doit en revenir à la case départ et négocier un nouvel accord, cela va exiger une prolongation bien plus longue (de l'Article 50) et signifiera presque à coup sûr que le Royaume-Uni participe aux élections européennes en mai", explique la Première ministre dans un article publié par le Sunday Telegraph.

"L'idée que les Britanniques se rendent aux urnes pour élire des députés européens trois ans après avoir voté une sortie de l'UE n'exige pas qu'on y réfléchisse. Il n'y aurait pas de symbole plus évident d'un échec politique collectif du parlement", poursuit Theresa May.

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Samedi, 22h20: L'UE SE PRÉPARE À LA CHUTE DE THERESA MAY

L'Union européenne se prépare à l'éventualité d'une chute du gouvernement de la Première ministre Theresa May, qui a échoué à deux reprises à faire adopter par la Chambre des communes l'accord de retrait conclu par les négociateurs britanniques et européens, rapporte le journal The Observer.

Les dirigeants européens craignent que la chef du gouvernement britannique n'ait que peu de chances de faire accepter cet acte de divorce entre Londres et Bruxelles lorsqu'elle le présentera pour la troisième fois aux députés britanniques la semaine prochaine.

L'Observer s'appuie sur une note diplomatique rendant compte d'une discussion entre ambassadeurs européens et hauts responsables qui révèle une "perte totale de confiance" dans la capacité de Theresa May à faire ratifier par son Parlement l'accord de retrait qu'elle a négocié avec les Européens.

(Kate Holton, Elizabeth Piper et le bureau de Londres; Henri-Pierre André pour le service français)


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