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Sri Lanka: Le bilan des attentats s'alourdit, l'enquête avance

Sri Lanka: Le bilan des attentats s'alourdit, l'enquête avance
Crédit photo © Reuters

par Shihar Aneez et John Chalmers

COLOMBO (Reuters) - Le bilan des attentats perpétrés dimanche contre des églises et des hôtels du Sri Lanka, que le groupe Etat islamique (EI) a revendiqués, s'est alourdi à 359 morts, dont 39 étrangers, a déclaré mercredi le vice-ministre sri-lankais de la Défense, Ruwan Wijewardene.

Le précédent bilan faisait état de 321 morts et environ 500 blessés.

Les attentats ont été commis par neuf kamikazes, dont une femme, a précisé Ruwan Wijewardene. Huit assaillants ont été identifiés pour le moment, dont l'un d'eux avait étudié en Grande-Bretagne et en Australie.

Le chef du groupe islamiste sri-lankais responsable des attaques s'est suicidé à l'hôtel Shangri-La de Colombo, a par ailleurs annoncé le ministre.

Une soixantaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête, a déclaré de son côté le président du Parlement.

Lakshman Kiriella, qui est aussi ministre du secteur public, a accusé des responsables des services de renseignement sri-lankais d'avoir délibérément caché des informations qui leur avaient été fournies sur un risque d'attentats, et de n'avoir rien fait pour les empêcher.

"Les informations étaient disponibles, mais les responsables des services de sécurité n'ont pas fait ce qu'il fallait", a-t-il affirmé devant le Parlement.

Selon lui, les services de renseignement indiens ont prévenu dès le 4 avril leurs homologues sri-lankais d'un risque d'attentats suicides contre des églises, des hôtels et des responsables politiques.

MENACE PASSÉE SOUS SILENCE

Cette information a été évoquée trois jours plus tard lors d'une réunion du conseil de sécurité dirigé par le président Maithripala Sirisena, mais elle n'a pas été partagée avec les services de sécurité sur le terrain, a-t-il affirmé.

"Quelqu'un contrôle ces responsables des services de renseignement. Le conseil de sécurité (présidentiel) fait de la politique", a insisté Lakshman Kiriella.

Le président Maithripala Sirisena est en très mauvais termes avec le Premier ministre Ranil Wickremesinghe, qu'il a limogé l'an dernier avant de devoir le rétablir dans ses fonctions sur décision de la Cour suprême. Le chef du gouvernement est depuis tenu à l'écart des réunions du conseil de sécurité.

L'ambassadrice des Etats-Unis à Colombo, Alaina Teplitz, a déclaré pour sa part mercredi que les services de renseignement américains n'étaient pas au courant d'une menace visant le Sri Lanka, mais que le FBI participait à l'enquête en cours.

Elle a souligné les défaillances du système d'alerte sri-lankais. "Nous pensons qu'il y a toujours des complots terroristes (au Sri Lanka). Les terroristes peuvent frapper à tout instant", a prévenu l'ambassadrice américaine.

Ruwan Wijewardene a déclaré mardi que les attentats, qui ont été revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), vidéo d'allégeance des kamikazes à l'appui, visaient apparemment à venger le massacre commis le mois dernier contre deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Une porte-parole de la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a déclaré mercredi dans un communiqué que la Nouvelle-Zélande ne disposait pour l'heure d'aucun élément permettant d'établir une corrélation entre la fusillade de Christchurch et les attaques au Sri Lanka.

(Avec Sanjeev Miglani et Joe Brock ; Jean Terzian et Tangi Salaün pour le service français)


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