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Soulagement des pêcheurs français après l'accord post-Brexit

Soulagement des pêcheurs français après l'accord post-Brexit
Crédit photo © Reuters

par Richard Lough

BOULOGNE-SUR-MER, France(Reuters) - Bruno Margolle, propriétaire d'un chalutier à Boulogne-sur-Mer, refuse de parler de victoire après l'accord post-Brexit qui octroie aux bateaux européens un accès important aux eaux britanniques, même s'il se dit soulagé.

Les pêcheurs ont conservé le droit d'exercer leur activité dans les eaux britanniques, mais les quotas européens ont été réduits et seront bientôt négociés annuellement.

En attendant, l'accord conclu à la veille de Noël prévoit le maintien de la plupart des normes de pêche actuelles pendant cinq ans et demi.

Bruno Margolle, qui est aussi directeur de la coopérative maritime de Boulogne-sur-Mer, était favorable à la fermeté affichée par Paris, qui a failli provoquer l'échec des négociations et faire perdre aux pêcheurs français une partie de leurs moyens de subsistance.

"On est soulagé. Je ne vais pas dire le contraire. Nous étions sur la guillotine. Complètement", a-t-il déclaré.

Son chalutier, le Nicolas-Jeremy, qui passe 200 jours par an dans les eaux britanniques pourra donc continuer à pêcher dans la bande des six à douze milles au large des côtes britanniques, ce qui est pour lui une victoire.

"Pour Nous, c'était la ligne rouge", a-t-il souligné. Certains pêcheurs britanniques parlent, eux, de trahison, malgré la promesse du Premier ministre Boris Johnson, qui assure que le Brexit apportera un "océan d'opportunités".

Globalement, l'accord commercial prévoit une diminution progressive des quotas que la flotte européenne peut pêcher dans les eaux britanniques, qui seront réduits de 25% en cinq ans et demi.

"PAS ASSEZ DE POISSON POUR TOUT LE MONDE"

Après 2026, Londres pourra encore réduire les quotas dans le cadre de consultations annuelles, mais en cas de litige, l'UE pourrait taxer les importations de poissons et d'autres marchandises britanniques.

Les deux tiers environ du poisson pêché au Royaume-Uni étant exportés vers le continent, cela pourrait offrir aux Européens une certaine marge de manoeuvre.

Le Comité national de la pêche maritime a rappelé qu'aucun autre secteur n'était contraint de subir des négociations annuelles.

Cette incertitude risque de menacer les investissements, estime Bruno Margolle, qui, comme ses trois fils pêcheurs, s'attend à des décisions difficiles.

La réduction des quotas européens dépassera 25% pour certaines espèces, comme le maquereau que les Margolles pêchent dans les eaux britanniques en mai et juin et qui représente 80% de leurs revenus pendant ces deux mois.

L'exploitation familiale et la flotte de pêche de Boulogne-sur-Mer, d'où l'on peut voir les falaises blanches de la côte sud de la Grande-Bretagne, devront s'adapter pour survivre, reconnaît Bruno Margolle.

Il faudra peut-être envisager de se tourner vers des espèces et des méthodes de pêche alternatives, voire se résoudre à une réduction de la flotte locale, ce qui serait plus facile si le gouvernement aidait les pêcheurs à prendre leur retraite, dit-il.

"Il va nous falloir sortir de notre zone de confort. Parce que rester en l'état, (laisser) la flottille dans cet état, dans les cinq ans, elle ne se tiendra pas. C'est clair est net. Il n'y aura pas assez de poisson pour tout le monde", déplore Bruno Margolle.

(Richard Lough, version française Kate Entringer)


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