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Sortie de crise possible après un mois de bras de fer à la SNCF

Sortie de crise possible après un mois de bras de fer à la SNCF

Crédit photo © Reuters

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - L'épreuve de force entre le gouvernement et les syndicats de la SNCF, qui a débuté il y a un mois jour pour jour, connaîtra lundi une étape potentiellement décisive avec pour la première fois la possibilité d'une sortie de crise.

Rien ne garantit que le rendez-vous de la semaine prochaine entre Edouard Philippe et les organisations représentatives - CGT, Unsa, Sud et CFDT -, à Matignon, suffira à désamorcer le conflit mais les positions ne paraissent plus aussi irrémédiablement inconciliables qu'auparavant.

La grève par intermittence, entrée jeudi dans sa septième séquence de deux jours, donne des signes d'essoufflement, selon les chiffres de participation communiqués par la direction.

"On a tous intérêt à avoir une sortie de crise et une sortie de crise par le haut", juge Bruno Poncet, de Sud Rail.

Cependant, ajoute-t-il, "pour que le mouvement prenne une autre tournure, il faudra des vraies garanties".

L'exécutif n'a aucune intention de toucher aux principes généraux de sa réforme du ferroviaire, dont l'ouverture à la concurrence et la fin de l'embauche au statut de cheminots, comme l'a redit Edouard Philippe mercredi sur BFM TV.

Mais les syndicats demandent avant tout que l'Etat prenne des engagements circonstanciés sur le financement de la compagnie ferroviaire et en premier lieu sur la reprise de la dette, qui s'élève à 47 milliards d'euros pour la SNCF Réseau.

Ils veulent aussi que le gouvernement ouvre sous son égide des négociations tripartites, avec les représentants patronaux, sur la future convention collective et les accords d'entreprise appelés à remplacer le statut des cheminots à partir de 2020.

"ON A PERDU UNE BATAILLE"

Au-delà, les organisations attendent d'Edouard Philippe qu'il fasse un geste à même de rétablir un semblant de confiance après près de trois mois de péripéties vécues comme autant d'affronts.

"Si on entend le gouvernement nous expliquer qu'il reprend la dette, avec un mécanisme économique et financier qui nous paraisse concret, et qu'il annonce des négociations tripartites, effectivement, on discutera en interfédérale", prévoit Bruno Poncet, sans parler pour l'heure d'une fin de la grève.

Dans le cas contraire, Sud Rail se dit prêt à durcir le mouvement.

L'Unsa-ferroviaire souhaite aussi obtenir des avancées sur le sort des salariés voués à quitter la SNCF pour la concurrence. En revanche, le syndicat réformiste ne fait plus du maintien du statut l'un des coeurs de la bataille.

"Ça fait partie de nos orientations syndicales de défendre le statut de cheminots mais on a également le devoir de négocier l'après", selon son secrétaire général, Roger Dillenseger. "On veut un cadrage de l'Etat pour ne pas se retrouver sans parachute à la fin des 18 mois (le 1er janvier 2020-NDLR)."

Autrement dit, selon un autre négociateur de l'Unsa, "on a perdu une bataille (sur le maintien du statut-NDLR) mais on n'a pas perdu la guerre".

BAISSE DU NOMBRE DE GRÉVISTES

Pour la CFDT, il est illusoire de demander un moratoire sur le projet de réforme, voté en première lecture à l'Assemblée, le 17 avril, par plus de 450 députés.

Mercredi, Edouard Philippe a confirmé que la question de la dette serait abordée lors des discussions de lundi avec les syndicats, sans dire s'il y aurait des annonces chiffrées.

Pour l'heure, l'exécutif promet de prendre à sa charge une partie de la dette à partir de 2020 mais ne donne ni montant, ni échéancier.

Dans un courrier adressé le 24 avril aux syndicats, le Premier ministre souligne par ailleurs l'"esprit d'ouverture" du gouvernement en vue des discussions au Sénat, une formule qui laisse ouverte la possibilité de nouveaux amendements après ceux validés à l'Assemblée nationale.

"Il y a des sujets qui restent encore à discuter, non pas à négocier, mais à discuter", a-t-il dit sur BFM TV.

La participation, selon les chiffres qu'en donne la direction de la SNCF, baisse tendanciellement depuis la première journée de grève, avec 18,15% de grévistes enregistrés jeudi contre près de 35% le 3 avril.

Le calendrier déterminé par les syndicats court théoriquement jusqu'au 28 juin.

(Edité par Yves Clarisse)


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