Soixante morts dans une école du Donbass

Soixante morts dans une école du Donbass
Soixante morts dans une école du Donbass
Crédit photo © Reuters

par Alessandra et Prentice

ZAPORIJJIA, Ukraine (Reuters) - Une soixantaine de personnes qui avaient trouvé refuge dans une école de Bilohorivka, dans le Donbass, ont été tuées dans un bombardement russe, a déclaré dimanche soir le président ukrainien Volodimir Zelensky, alors qu'un nouveau convoi de civils évacués de Marioupol est arrivé à Zaporijjia.

Le gouverneur de la région de Louhansk, dans laquelle se trouve le village, avait indiqué plus tôt dans la journée qu'une soixantaine de personnes étaient portées disparues après cette frappe imputée par les autorités ukrainiennes à une bombe ou un missile qui a totalement détruit l'école.

"A la suite d'une frappe russe sur Bilohorivka, dans la région de Louhansk, une soixantaine de personnes ont été tuées, des civils qui se cachaient simplement dans l'école, qui s'abritaient des bombardements", a déclaré Volodimir Zelensky dans une adresse télévisée.

Le bombardement a eu lieu samedi après-midi et les secours n'ont pu extraire que 27 survivants des décombres, a précisé le gouverneur Serhiy Gaïdaï.

"Il a fallu près de quatre heures pour éteindre l'incendie et rendre les décombres accessibles", a écrit le gouverneur sur la messagerie Telegram.

Reuters n'a pas pu vérifier l'exactitude de ces informations. Moscou n'a fait aucun commentaire.

Bilohorivka est situé dans la partie de la région majoritairement russophone de Louhansk qui est encore sous contrôle ukrainien et qui représente une cible prioritaire de l'armée russe dans le Donbass.

Plus de 170 civils évacués de Marioupol, notamment de l'usine métallurgique d'Azovstal assiégée par les forces russes, sont en revanche arrivés dimanche soir dans la ville sous contrôle ukrainien de Zaporijjia, a constaté une journaliste de Reuters.

La coordinatrice de l'Onu en Ukraine, Osnat Lubrani, a indiqué dans un communiqué que le convoi comprenait huit autocars transportant 174 personnes, dont une quarantaine étaient réfugiées dans les sous-sols d'Azovstal.

Osnat Lubrani a précisé que 600 civils avaient pu être évacués de la région de Marioupol au cours des dix derniers jours par l'Onu et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

AZOVSTAL PRÊT À SE BATTRE JUSQU'AU BOUT

Le président ukrainien Volodimir Zelensky avait déclaré samedi que les autorités de Kyiv s'employaient désormais, sans grand espoir, à évacuer les blessés et les médecins encore présents à Azovstal, ainsi que les combattants qui défendent l'usine.

L'usine est le dernier bastion de résistance des forces ukrainiennes dans la ville portuaire maintenant en grande partie contrôlée par les Russes.

"Nous continuerons à nous battre tant que nous serons en vie pour repousser les occupants russes", a assuré dimanche le commandant adjoint du régiment Azov, le capitaine Sviatoslav Palamar, pendant une conférence de presse en ligne.

Les civils évacués de Marioupol sont conduits à Zaporijjia, à 230 kilomètres de la ville portuaire, pour être enregistrés en tant que réfugiés.

"Il y a encore beaucoup de gens à Marioupol qui veulent quitter la ville mais ne le peuvent pas", a déclaré Viktoria Andreyeva, professeure d'histoire de 46 ans, arrivée samedi à Zaporijjia après avoir quitté son domicile bombardé à la mi-avril avec sa famille.

"L'air est différent ici, libre", a-t-elle ajouté dans une tente où des bénévoles offraient de la nourriture, des produits de première nécessité et des jeux pour les nouveaux arrivants, lesquels ont voyagé, pour beaucoup, avec de jeunes enfants.

Alors que de nombreux pays européens commémoraient en ce 8-Mai la fin de la Seconde Guerre mondiale, Volodimir Zelensky a déclaré dimanche que le "mal" était revenu en Ukraine sous la forme de l'offensive russe, tout en assurant que son pays et ses alliés vaincraient.

LE G7 PROMET UN EMBARGO SUR LE PÉTROLE RUSSE

Le président russe Vladimir Poutine a envoyé pour sa part dimanche un message aux dirigeants séparatistes des régions de Louhansk et de Donetsk, disant que la Russie se battait à leur côté dans cette guerre contre la "crasse nazie". "La victoire sera la nôtre", a-t-il dit, selon un communiqué publié par le Kremlin.

Les pays du G7 réunis dimanche en visioconférence à l'initiative du président américain Joe Biden ont annoncé être tombés d'accord pour infliger de nouvelles sanctions à Moscou, notamment en interdisant ou supprimant progressivement leurs importations de pétrole russe.

Dans un communiqué conjoint, les dirigeants du G7 dénoncent la "guerre d'agression non provoquée" lancée par le président russe Vladimir Poutine et réaffirment leur soutien total à l'Ukraine, dont le président Volodimir Zelensky avait été convié à participer à leurs échanges.

"Les actions du président russe jettent le déshonneur sur la Russie et sur les sacrifices historiques de son peuple", disent les dirigeants du G7 dans leur communiqué publié alors que le monde commémore la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945 et qu'un grand défilé militaire est prévu lundi à Moscou.

Les Etats-Unis, qui imposent déjà un embargo pétrolier à la Russie, alors que l'Union européenne continue de discuter du sien, ont dévoilé au même moment une nouvelle série de sanctions visant la banque Gazprombank, l'industrie de l'armement russe ou encore les exportations de matériel nucléaire vers Moscou.

La Grande-Bretagne avait de son côté annoncé dès samedi soir qu'elle fournirait une aide militaire supplémentaire de 1,3 milliard de livres sterling (1,52 milliard d'euros), doublant presque ainsi ses engagements précédents.

(reportage additionnel de Pavel Polityuk à Kyiv et des bureaus de Reuters, version française Caroline Pailliez)

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