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Société Générale va vendre Lyxor à Amundi pour 825 millions d'euros

Société Générale va vendre Lyxor à Amundi pour 825 millions d'euros
Crédit photo © Reuters

par Bertrand Boucey et Nicolas Delame

PARIS (Reuters) - Société Générale est entré en négociation exclusive avec Amundi en vue de lui céder Lyxor, sa filiale de gestion d'actifs, pour 825 millions d'euros, ont annoncé les deux groupes mercredi.

Société Générale, qui boucle ainsi son programme de recentrage de ses activités, s'attend à une plus-value de cession nette d'impôts d'environ 430 millions d'euros et estime que l'opération, qui devrait être finalisée au plus tard en février 2022, devrait avoir un effet positif d'environ 18 points de base sur son ratio de fonds propres CET1.

Amundi, déjà le numéro un européen de la gestion d'actifs avec environ 1.700 milliards euros d'actifs sous gestion fin 2020, se renforcera ainsi dans la gestion des fonds indiciels cotés (ETF), la spécialité de Lyxor, dont il se félicite de devenir le leader européen avec cette opération, qu'il estime relutive d'environ 7% sur son bénéfice net.

"L'acquisition de Lyxor sera un accélérateur de développement d'Amundi car elle renforcera nos expertises, notamment dans les ETF et la gestion alternative, et nous permettra d'intégrer des équipes de grande qualité", déclare dans un communiqué Yves Perrier, directeur général d'Amundi.

La réaction du marché est positive puisque l'action Amundi prend 2,35% à 72 euros à 09h51, l'une des plus fortes progressions de l'indice large parisien SBF 120, alors en progression de 0,32%.

Le prix proposé pour la transaction paraît validé par le marché puisque l'action Société générale progresse elle aussi, de 0,56%.

Avec cette transaction, Société générale garde l'accent sur la banque privée et l'architecture ouverte avec des partenaires, dont Amundi, lit-on dans une note de Credit Suisse.

UN LEADER EUROPÉEN DE LA GESTION PASSIVE

Créé en 1998, Lyxor gérait environ 140 milliards d'euros d'actifs fin 2020, dont 124 pour l'opération avec Amundi, et sa vente répond à la stratégie exposée en 2018 par Société Générale pour simplifier son organisation et se concentrer sur ses principales activités, a déclaré la banque.

"Cette opération avec Amundi, premier gestionnaire d’actifs européen et dont Société Générale a contribué à la création, permettra aux équipes de Lyxor d’activement participer à la constitution du leader incontesté de la gestion passive en Europe dans un marché qui se consolide", a dit Frédéric Oudéa, directeur général de Société Générale, cité dans un communiqué.

Société Générale va continuer à offrir à ses clients des offres d'investissements et de gestion d'actifs via des partenariats avec des gestionnaires externes. Ses accords actuels en la matière avec Amundi sont maintenus.

Le groupe va ainsi créer un pôle "Wealth & Investment Solutions" qui sera intégré à sa banque privée.

Pour Amundi, une acquisition de Lyxor apparaît comme une opération de croissance externe logique et un excellent moyen de se renforcer sur la gestion indicielle, de plus en plus populaire auprès des investisseurs, notamment par le biais des ETF, des paniers de valeurs cotés en Bourse et adossés à un indice dont ils répliquent la performance.

Lors d'une conférence téléphonique, Yves Perrier a précisé qu'Amundi ne prévoyait aucun départ contraint à la suite de cette opération.

Reuters avait rapporté en mars que le groupe français, contrôlé par Crédit Agricole, restait seul en lice avec l'américain State Street pour racheter Lyxor.

Lyxor avait en février environ 82,3 milliards d'euros d'actifs sous gestion investis dans des ETF, ce qui en fait le troisième acteur européen de ce marché. Mais trois de ses fonds figuraient alors dans le classement Morningstar des 20 fonds d'ETF européens affichant les plus mauvaises performances.

Amundi considère néanmoins que son acquisition va lui permettre de se renforcer sur le front des ETF, dont il estime qu'il va désormais contrôler 14% du marché en Europe.

(Bertrand Boucey et Nicolas Delame, avec la contribution de Patrick Vignal et Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot)


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