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Socialistes et écologistes jouent l'apaisement après Nantes

Socialistes et écologistes jouent l'apaisement après Nantes

PARIS (Reuters) - Socialistes et écologistes ont joué lundi la carte de l'apaisement au lendemain d'une passe d'armes autour du soutien apporté par EELV à la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une nouvelle crispation qui fragilise l'unité gouvernementale à un mois des élections municipales.

Un jour après avoir appelé les Verts à "sortir de l'ambiguïté" concernant les violences survenues samedi lors du défilé des opposants à Nantes, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a estimé lundi qu'on avait "besoin de tout le monde".

"Le week-end est passé", a-t-il dit à son arrivée au salon de l'agriculture à Paris. "Pour les membres du gouvernement comme pour les membres de la majorité, le président de la République a fixé un cap qui est la mise en oeuvre du pacte de responsabilité."

"Le grand rendez-vous, ce sera au moment où le Parlement se prononcera pour la réussite de ce pacte, et ce pacte, c'est la réussite de la France, c'est la réussite de la croissance, la réussite de la bataille pour l'emploi", a-t-il ajouté. "C'est ça l'essentiel et on a besoin de tout le monde".

Dans les allées du salon, le ministre à l'Agroalimentaire Guillaume Garot a jugé que le sujet était clos après la condamnation par les écologistes des violences de Nantes.

"Nous aurions préféré nous en passer, on est évidemment bien clairs là-dessus. Mais on ne va pas non plus passer la semaine sur ce genre de péripéties, on est d'abord au travail", a-t-il dit. "Le Premier ministre a demandé des clarifications. La vraie clarification politique interviendra au moment du vote de confiance a l'assemblée sur le pacte de responsabilité".

TOURNER LA PAGE

Chez les Verts, lundi, on affichait la même volonté de tourner la page, la députée et co-présidente du groupe EELV à l'Assemblée nationale Barbara Pompili estimant qu'il n'y avait pas sujet à polémiquer.

"Nous avons acté que la question de Notre-Dame-des-Landes ainsi que la question de l'EPR de Flamanville (dont les Verts demandent la fermeture-NDLR) étaient deux points sur lesquels nous n'étions pas d'accord mais ne nous empêchait pas de travailler ensemble", a-t-elle dit.

De nombreux élus écologistes étaient présents dans la manifestation ce week-end.

La ministre du Logement Cécile Duflot avait affirmé samedi au Monde qu'elle soutiendrait "plutôt deux fois qu'une" les opposants si elle n'était pas au gouvernement, avant les violences qui ont dévasté le centre de Nantes.

Après les critiques du Premier ministre, la secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, a rappelé dimanche avoir immédiatement condamné les violences provoquées, selon elle, par des perturbateurs.

"Les ambiguïtés, s'il devait y en avoir, sont levées, maintenant essayons de travailler", a estimé Barbara Pompili, déplorant toutefois que Jean-Marc Ayrault n'ait pas passé un "petit coup de fil" avant de s'en prendre à son parti.

"Ça aurait évité justement que tout le monde s'énerve alors qu'il me semble que les enjeux sont bien au-delà de ces questions", a-t-elle dit.

A l'UMP, Jean-François Copé a appelé le Premier ministre "à sortir de l'hypocrisie de cette vraie-fausse alliance avec les Verts, qui est une alliance pour gagner des voix, pas pour gouverner le pays".

"Pour moi, il n'y a qu'une seule solution, c'est que les Verts sortent du gouvernement une bonne fois pour toutes", a dit le président de l'UMP sur France inter. "C'est Notre-Dame-des-Landes aujourd'hui, c'est la transition énergétique demain".

Marine Pennetier, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse


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