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SocGen envisage de vendre sa filiale polonaise Eurobank

SocGen envisage de vendre sa filiale polonaise Eurobank

Crédit photo © Reuters

par Marcin Goclowski

VARSOVIE (Reuters) - La Société générale envisage de mettre en vente sa filiale polonaise Eurobank dans un contexte d'intensification de la concurrence en Pologne et de durcissement des contraintes réglementaires, ont dit à Reuters deux sources bancaires.

Dans l'environnement de taux d'intérêt bas, qui pèse sur les marges des établissements bancaires, la concurrence fait rage sur le marché bancaire polonais. Et les plus petites banques peinent du coup à rivaliser avec les grands acteurs et à dégager des retours sur fonds propres satisfaisants pour les actionnaires.

La filiale de Société générale, Eurobank, est la 17e banque de Pologne en termes d'actifs avec 14 milliards de zlotys au bilan (3,28 milliards d'euros environ) et elle est 20 fois plus petite que le leader du marché PKO BP.

En 2017, Eurobank a dégagé un bénéfice net de 103 millions de zlotys (24,13 millions d'euros).

"Eurobank est dans un processus de mise en vente. SocGen se retire (de la banque de détail en) Pologne", a dit une des sources bancaires.

La deuxième source a également déclaré qu'Eurobank était en vente.

"Leur stratégie est d'être dans les trois premières places sur chacun de leurs marchés. Comme ils n'y sont pas arrivés ici, ils ont décidé de se retirer", fait remarquer une des sources. "La question est de savoir qui va racheter Eurobank maintenant que BNP Paribas et Santander ont récemment acquis de petites banques."

Contactée par Reuters, la Société générale a dit ne pas commenter les rumeurs de marché.

Dans son rapport annuel 2017, la Société générale indique avoir un effectif de 2.902 personnes en Pologne.

Outre Eurobank, le groupe français a des activités de leasing automobile et d'assurance en Pologne.

En novembre, lors de la présentation du plan stratégique du groupe bancaire, la direction de la SocGen a dit, sans plus de précisions, envisager de fermer ou de céder ses activités qui n'ont pas la taille critique ou ne génèrent pas suffisamment de synergies.

VAGUE DE M&A BANCAIRE EN POLOGNE

Le marché bancaire polonais, considéré comme l'un des plus solides en Europe, connaît depuis plusieurs mois une vague de fusions et d'acquisitions.

En avril, BNP Paribas a annoncé le rachat pour 775 millions d'euros des activités polonaises de la banque autrichienne Raiffeisen Bank International. Cette acquisition va permettre à la banque française de conforter sa place de sixième banque dans le pays.

De son côté, la banque espagnole Santander va racheter les activités de banque de détail de Deutsche Bank en Pologne.

L'Etat polonais, soucieux d'être en mesure de contrôler l'économie du pays, n'est pas en reste. Il a repris l'an dernier la participation de 32,8% de la banque italienne UniCredit dans Bank Pekao.

Via ses différentes participations, l'Etat polonais contrôle désormais 55% du système bancaire local.

A ce stade, les spéculations vont bon train sur les possibles candidats à un rachat d'Eurobank. Si certains évoquent la piste d'une consolidation domestique avec PKO BP, d'autres penchent pour des prétendants étrangers, comme le Crédit agricole qui estime ne pas avoir encore la taille critique en Pologne.

En début d'année, la direction de Crédit agricole SA a dit vouloir accélérer son développement dans le pays. Si elle souhaite privilégier la croissance organique, la banque française se dit toutefois prête à saisir les opportunités qui pourrait se présenter.

Le groupe PKO BP s'est aussi dit prêt à étudier le cas échéant des opportunités d'acquisitions.

(Avec Maya Nikolaeva et Matthieu Protard à Paris, Agnieszka Barteczko à Varsovie, édité par Dominique Rodriguez)


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