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Shinzo Abe remporte son pari électoral au Japon

Shinzo Abe remporte son pari électoral au Japon

Crédit photo © Reuters

par Linda Sieg et Kiyoshi Takenaka

TOKYO (Reuters) - La coalition du Premier ministre japonais Shinzo Abe a conservé sa majorité des deux tiers à la chambre basse du Parlement à l'issue des législatives anticipées de dimanche, ce qui devrait permettre au chef du gouvernement de relancer son projet de réforme de la Constitution pacifiste du pays.

Selon les dernières projections des médias japonais, le Parti libéral démocrate (PLD), dont Shinzo Abe est issu, et le Komeito, son partenaire minoritaire, disposeront de 312 des 465 sièges de la Chambre des représentants.

Les résultats définitifs seront connus lundi matin.

Cette nette victoire garantit a priori à Shinzo Abe, arrivé au pouvoir en décembre 2012, d'obtenir en septembre prochain un troisième mandat, ce qui en ferait le Premier ministre à la plus grande longévité depuis la Seconde Guerre mondiale. Il a refusé dimanche de dire s'il avait l'intention de briguer un nouveau mandat.

Agé 63 ans, il a pour ambition de réformer la Constitution pacifiste de 1947 adoptée sous l'égide des Etats-Unis, dont l'article 9 interdit notamment toute projection extérieure de l'armée japonaise.

Le Premier ministre a laissé entendre qu'il ne se tiendrait pas forcément à l'échéance de 2020, qu'il a évoqué par le passé. "D'abord, je veux approfondir le débat et obtenir l'accord du plus grand nombre. Nous devons en faire une priorité", a-t-il expliqué.

Le Komeito n'est pas très favorable au projet, mais le Premier ministre pourrait compter sur le soutien d'autres partis pour atteindre la majorité des deux tiers requise pour réformer la Constitution.

KOIKE S'EXCUSE DE L'ÉCHEC DE L'OPPOSITION

Shinzo Abe a fait le pari des élections anticipées en expliquant que la "crise nationale" due à la menace nord-coréenne et au vieillissement de la population nécessitait un mandat fort.

Il aussi profité de l'affaiblissement de ses adversaires même si le Parti de l'espoir fondé par la populaire gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, a un temps donné l'illusion de pouvoir rivaliser avec le PLD après avoir absorbé les forces vives du Parti démocratique, jusqu'alors principale force d'opposition.

En dépit de propositions populaires comme la sortie nucléaire ou l'annulation de la hausse programmée de la TVA, le Parti de l'espoir n'a pas percé dans les intentions de vote. Le sondage réalisé à la sortie des urnes pour TBS le crédite de 50 sièges, soit huit de moins que le Parti constitutionnel démocratique (libéral), autre nouveau venu sur la scène politique.

Yuriko Koike, qui n'est pas candidate elle-même et qui se trouvait ce dimanche à Paris pour parler du changement climatique, a fait amende honorable. "Nous avons essayé de mettre la politique d'abord, mais nous en sortons avec un résultat très dur et je m'en excuse", a-t-elle déclaré au micro de la NHK.

Selon la chaîne, la participation a été de 53,7%, soit un point de plus que lors des législatives de 2014, qui ont été marquées par une abstention record.

Les élections ont été perturbées par le typhon Lam, qui a fait deux morts dans l'archipel. Les vents qui atteignent 180 km/h et les pluies torrentielles ont par ailleurs entraîné l'annulation de centaines de vols et des perturbations dans le trafic ferroviaire.

Il a touché terre aux premières heures de lundi dans la région de Tokyo après avoir perdu beaucoup d'intensité.

Plus de 70.000 familles ont été invitées à évacuer les zones les plus exposées et 5.000 ont reçu l'ordre de le faire.

(Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français)


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