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Sébastien Pétronin cherche sa mère otage au Mali

Sébastien Pétronin cherche sa mère otage au Mali

Crédit photo © Reuters

NIAMEY (Reuters) - Penché sur l'écran d'un ordinateur portable, Sébastien Pétronin regarde sa mère, apparaissant frêle et au bord des larmes dans une vidéo constituant la plus récente preuve qu'elle est en vie, près de deux ans après son enlèvement par des djihadistes et le début de sa détention dans le désert malien.

Inquiet de la dégradation de la santé de sa mère, âgée de 72 ans, il espère que ses ravisseurs l'autoriseront à lui rendre visite au moins une fois, même si les chances de la ramener à cette occasion sont minces.

"Je me fais vraiment du souci car j'ai ressenti, étonnamment chez ma mère qui en général est une battante, qu’elle accusait un coup, comme si elle avait pris des coups, au moral bien sûr, mais qui l’ont atteinte", explique-t-il à Reuters dans sa chambre d'hôtel à Niamey, la capital du Niger. "Je pense qu’elle est très fatiguée."

Des hommes armés ont enlevé Sophie Pétronin en décembre 2016 dans la ville de Gao, dans le nord du Mali, où elle s'occupait d'une organisation caritative pour les enfants mal nourris et orphelins.

Elle est détenue par des combattants loyaux à la principale coalition de groupes islamistes au Sahara, le GSIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans) ou JNIM selon son acronyme en langue arabe.

Sa famille a essayé en vain de la localiser et d'obtenir sa libération mais dans cette vidéo de propagande, filmée et remise à des sites internet djihadistes le mois dernier, certaines de ses paroles ont ravivé leur espoir.

"J’aimerais te voir", dit-elle à son fils dans cet enregistrement. "Je sais, pour avoir partagé leur vie pendant plus de 17 mois maintenant, (que) s'ils donnent des garanties, s'ils assurent que tu peux venir en toute sécurité, alors tu peux les croire."

CONTACTS

Ces paroles ont suffi à lancer Sébastien Pétronin dans une quête pour retrouver sa trace qui l'a conduit à travers le Sahara, de la Mauritanie au Niger, où il a rencontré un négociateur qui, espère-t-il, pourra le mettre en relation avec les ravisseurs de sa mère.

"Le fait que les ravisseurs laissent ma mère m’envoyer un message direct, comme ça, me parler, c’est déjà quelque chose d’assez inédit. Ensuite, le contenu du message est encore plus inédit - qu’elle m’invite à venir la rejoindre et passer un moment avec elle", explique-t-il.

Dans un de ces voyages dans le désert, filmé par Reuters TV, il s'est entretenu avec une ancienne connaissance de sa mère dont le visage était couvert d'un turban vert.

Les Français sont des cibles recherchées par les ravisseurs, en raison de l'idée selon laquelle l'Etat français paye des rançons et du rôle du pays dans le combat contre les islamistes.

Ancienne puissance coloniale ayant régné sur plusieurs pays du Sahara et du Sahel, la France a engagé 4.000 militaires dans le combat contre la menace islamiste dans la région.

Le président français, Emmanuel Macron, s'est rendu en Mauritanie lundi, au lendemain d'une attaque contre les forces françaises et maliennes à Gao. Il a déclaré qu'il discuterait d'un redéploiement des troupes pour mieux lutter contre les combattants islamistes après avoir rencontré les présidents du Mali, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad et de la Mauritanie, membres de la force du G5 Sahel également attaquée le 29 juin.

Depuis l'intervention militaire française en 2013 qui repoussa les groupes liés à Al Qaïda qui avaient pris le contrôle de villes et de villages un an plus tôt dans le nord du Mali, des combattants islamistes ont dit à plusieurs reprises que les Français se trouvant en Afrique de l'Ouest étaient des cibles.

(Tim Cocks, avec Yvonne Bell, Jean-Baptiste Vey pour le service français)


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