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Sarkozy réunit les chefs de partis après le Conseil européen

Sarkozy réunit les chefs de partis après le Conseil européen

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réuni à l'Elysée les chefs des partis politiques pour leur rendre compte du Conseil européen de la semaine dernière à Bruxelles, qui a accouché d'un nouveau projet de traité européen.

Reçus pendant une heure, les représentants des sept formations représentées au Parlement ont écouté le récit du chef de l'Etat et rappelé leurs positions respectives, notamment en matière de ratification du nouveau texte.

Si tous ont dit approuver cette démarche du président, qui les avait consultés avant la tenue de ce Conseil les 21 et 22 juin, le premier secrétaire du Parti socialiste a noté que cela ne saurait remplacer un débat parlementaire.

"J'ai fait remarquer au chef de l'Etat que le lieu du débat et de la délibération, c'est le Parlement, et qu'il y aura à rendre des comptes par le gouvernement puisque seul le gouvernement peut venir au Parlement pour présenter ce qui s'est fait à Bruxelles", a déclaré François Hollande à sa sortie.

Alors que le président multiplie les consultations ces jours-ci, François Hollande s'est fait ironique.

"Le chef de l'Etat n'a pas à décider tout, discuter de tout, commenter tout, concentrer tout", a-t-il dit. "Sauf si je suis mal informé, il doit bien y avoir un ministre des Affaires étrangères, il doit bien y avoir un ministre des Affaires européennes, il y a peut-être, je crois, un ministre de l'Université, c'est possible, et peut-être mais vous avez des informations que je n'ai pas, il y a peut-être un Premier ministre aussi..."

"L'IMPULSION, C'EST LE CHEF DE L'ETAT"

Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, a décelé "un peu d'ingratitude" dans ces propos.

"C'est (Nicolas Sarkozy) qui est porteur de la légitimité populaire, c'est lui qui a été élu, c'est son projet qui a été adopté par les Français et c'est lui qui est le premier responsable de la mise en oeuvre", a dit l'élu des Hauts-de-Seine. "Peut-être l'opposition supporte mal les succès du président mais si c'était des échecs, alors elle les lui imputerait beaucoup plus".

"L'impulsion c'est le chef de l'Etat", a-t-il ajouté, citant le général de Gaulle "qui disait : 'il n'y a pas de dyarchie'. Il ne faut donc pas s'étonner que l'action politique vienne du chef de l'Etat".

Plusieurs participants ont rappelé leur souhait de voir le nouveau texte européen ratifié par référendum et non par voie parlementaire, comme le souhaite Nicolas Sarkozy.

"C'est un nouveau traité, il faut que le peuple soit de nouveau consulté", a estimé Marie-George Buffet. Pour la secrétaire nationale du Parti communiste, "le débat sur l'Europe est un débat qui doit être de la maîtrise de chacun et de chacune, et pas simplement d'une élite".

"Cela pourrait sembler très antidémocratique de faire un nouveau traité qui serait validé par le Parlement alors qu'il a été refusé par référendum" en mai 2005, a renchéri Cécile Duflot, des Verts.

"Un référendum s'appliquait sur une Constitution. Là, s'agissant de la révision d'un traité, il est évident que c'est tout à fait le rôle du Parlement, et donc nous approuvons cette démarche", a estimé François Sauvadet, pour le Nouveau Centre, courant formé d'ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy.

François Bayrou a déploré que les négociations aient débouché sur un "traité compliqué, absolument illisible pour les citoyens puisque ça va être une série d'amendements au traité de Rome et aux traités antérieurs".

"Le bilan est un bilan mitigé. Il faut absolument attendre le texte définitif pour savoir ce qu'on en pense et quelle sera l'attitude qui sera la nôtre au moment de la ratification", a ajouté le président du Mouvement démocrate (MoDem).

Durant la discussion, Nicolas Sarkozy a abordé deux points particuliers : la Turquie et la politique agricole. Il a rappelé son opposition à l'entrée d'Ankara dans l'Union, ce que Philippe de Villiers a jugé "extrêmement important et positif".

Si le président du Mouvement pour la France reste opposé au traité simplifié, "prolongement de la Constitution européenne, hélas, supra-nationale", il a approuvé le choix du président de la République de mener une politique agricole "rénovée, fondée sur une préférence communautaire".


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