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Sarkozy promet un "schéma minier" pour la Guyane avant fin 2008

Sarkozy promet un "schéma minier" pour la Guyane avant fin 2008

Crédit photo © Reuters

CAYENNE (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est efforcé lundi soir d'apaiser la colère des milieux économiques guyanais, furieux de son
véto sur un projet de mine d'or en Guyane française, le département le plus pauvre de France.

Dans un discours devant les représentants de ces milieux économiques, à Cayenne, le président de la République a promis
l'élaboration d'un "schéma départemental d'orientation minière et d'aménagement" cette année - un schéma, a-t-il précisé, qui sera
"réactualisé tous les ans".

"Ce schéma définira le cadre d'une exploitation de l'or respectueuse des richesses de la biodiversité", a poursuivi le chef de l'Etat. Il
définira "des zones ouvertes à l'exploitation minière (...) et des zones interdites à l'exploitation minière" et l'Etat lancera des appels d'offre
sur les zones ouvertes.

Nicolas Sarkozy a décidé fin janvier de ne pas donner suite au projet d'exploitation d'une mine d'or par le groupe canadien IamGold sur
la montagne de Kaw, à Roura, dans un écosystème de forêt primaire très riche.

IamGold comptait extraire 34 tonnes d'or en sept ans sur ce site, en utilisant un procédé industriel à base de cyanure, avec 340
emplois annoncés pour l'exploitation.

Gelé à deux reprises, en 2006 et 2007, afin de mener des missions d'inspection, le projet a fédéré en Guyane de nombreux
opposants, associations de préservation de l'environnement et d'habitants, partis et mouvements politiques, dont le Parti socialiste
guyanais, majoritaire au Conseil régional, et Walwari, le mouvement de la députée Christiane Taubira (PRG).

Ce projet était en revanche soutenu localement par le Medef, la chambre de commerce, l'UMP, la mairie de Roura et l'association des
maires de Guyane.

Le rejet de ce projet "n'a rien de politique", a assuré Sarkozy. "La seule chose qui m'a animé (...) c'est la conscience écologique qui
nous pousse à considérer les bases du développement durable comme une exigence."

"La décision que j'ai prise n'a pas été facile à prendre (...) D'ailleurs si la décision avait été facile à prendre je me demande bien
pourquoi personne ne l'a prise", a-t-il poursuivi. "Si c'était si facile, il ne fallait pas se gêner, à me laisser toujours le truc difficile ! Depuis
le temps qu'on y réfléchit, il y a bien des gens qui avaient dû comprendre."

"CONSERVATOIRE ECOLOGIQUE"

Sarkozy a justifié sa décision par la nécessité de préserver la montagne de Kaw.

"L'Etat n'a aucune volonté de mettre la Guyane sous cloche pour en faire une sorte de vaste réserve naturelle", a-t-il cependant ajouté.
"Je souhaite bien au contraire que cet épisode (...) nous permette de sortir d'une gestion au coup par coup et soit le point de départ d'une
véritable politique minière et industrielle de long terme, assumée par tous."

Le chef de l'Etat a annoncé qu'il recevrait "les représentants du projet IamGold".

Dans la matinée, il avait annoncé un renforcement de la lutte contre les orpailleurs clandestins, une des plaies de la Guyane, avec la
mobilisation d'un milliers de soldats et de gendarmes supplémentaires.

Pour faciliter la structuration d'une véritable filière aurifère en Guyane, Sarkozy a d'autre part annoncé l'augmentation et l'indexation sur
le cours mondial de l'or de la redevance minière en Guyane "dès cette année".

"Le bénéfice en reviendra aux collectivités locales concernées", a-t-il précisé.

Une partie de cette redevance sera réservée au financement d'un "conservatoire écologique de la Guyane" dont le chef de l'Etat a
souhaité la création.

Il a par ailleurs annoncé qu'il avait confié au président de Sanofi-Aventis, Jean-François Dehecq, une mission consistant à définir un
projet de valorisation des ressources naturelles de Guyanne française.

"Ce projet se traduira par des investissements matériels concrets dans le domaine de la pharmacie mais aussi des biotechnologies
pour les cosmétiques, la santé ou encore l'agronomie", a précisé Sarkozy, qui a assuré que "l'Etat assurera ses responsabilités"
financières.

Il a également présenté les grandes lignes du futur projet de loi programme pour le développement de l'outre-mer, qui prévoit
notamment la création de "zones franches globales" dans chaque département d'outre-mer. Seront concernés l'impôt sur les sociétés, la
taxe professionnelle et la taxe foncière.

Enfin, il a promis que l'Etat, propriétaire de l'essentiel du foncier en Guyane, mènerait une politique d'attribution des terrains "lisible,
équitable et rapide", avec généralisation de l'attribution gratuite de terrains aux collectivités locales qui en feront la demande pour réaliser
des équipements publics.

Emmanuel Jarry


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