Retraites : Nouvel appel à la mobilisation le 31/01 après une journée "historique"

Retraites : Nouvel appel à la mobilisation le 31/01 après une journée "historique"
Retraites : Nouvel appel à la mobilisation le 31/01 après une journée 'historique'
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La France a vécu jeudi une journée de grève nationale et de manifestations avec une mobilisation qualifiée par la CGT d'"historique" contre le projet de réforme des retraites, avec de vastes cortèges et d'importantes perturbations à travers le pays, dont des transports publics au ralenti ou à l'arrêt.

A l'issue d'une réunion organisée en fin de journée, les syndicats ont appelé à une nouvelle journée de grève nationale et de manifestations le mardi 31 janvier, pour "inscrire dans la durée" le mouvement de contestation.

La CGT a salué dans un communiqué une "mobilisation historique" ce jeudi, évoquant la participation de deux millions de personnes aux manifestations dans le pays. Le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'il estimait à 1.120.000 le nombre de manifestants, dont 80.000 à Paris.

Cette journée de contestation à l'initiative des organisations syndicales avait pour ambition de lancer un vaste mouvement social destiné à faire dérailler le projet du gouvernement qui prévoit, notamment, le report de l'âge légal de départ à la retraite, de 62 ans à 64 ans, en 2030.

Il s'agit d'un défi majeur pour Emmanuel Macron, qui effectuait ce jeudi un déplacement en Espagne, alors que les sondages montrent qu'une grande majorité de Français sont opposés à ce projet de réforme.

Interrogé dans la journée sur la mobilisation en France, en marge d'un sommet avec le gouvernement espagnol, le chef de l'Etat a défendu une réforme "juste et responsable".

"Il suffit de regarder partout ailleurs en Europe pour voir que la France s'est un peu décalée et que, si nous voulons être juste entre les générations et sauver notre système par répartition, nous devons faire cette réforme", a-t-il dit.

"ON SUBIT TOUJOURS"

"Continuons à débattre et à convaincre", a déclaré sur Twitter la Première ministre Elisabeth Borne, qui a salué "l'engagement des forces de l'ordre, comme des organisations syndicales, qui ont permis aux manifestations de se dérouler dans de bonnes conditions".

Quelques échauffourées ont émaillé la manifestation parisienne, coupant le cortège en deux. Une source à la Préfecture de police de Paris a indiqué qu'à 16h50, les forces de l'ordre avaient procédé à 30 interpellations pour port d'arme prohibé, outrage et rébellion, et jets de projectiles notamment.

"Les travailleurs et les travailleuses de ce pays, ils envoient un signal aujourd'hui, ils ont dit: on n'en veut pas du report de l'âge légal de départ, à 64 ans", a déclaré le patron de la CFDT, Laurent Berger.

Ancien pompier, Michel Liger, 65 ans, est venu du Val d'Oise pour rejoindre le cortège des manifestants à Paris. "Je suis en retraite, mais je pense à mes enfants, et je n'ai pas envie que mes enfants partent plus tard que moi à la retraite en travaillant plus", a-t-il déclaré à Reuters.

L'appel à la grève a été massivement suivi dans plusieurs secteurs. Les perturbations étaient importantes dans les transports, où la SNCF comme la RATP avaient appelé les voyageurs à différer leurs trajets.

"C'est tout le temps les mêmes qui font grève, le réseau SNCF, RATP et nous aussi, qui un jour allons être à la retraite, dans le privé on ne fait pas grève. On subit toujours", a déploré Virginie Pinto, une salariée du secteur immobilier croisée dans le métro parisien.

POINT DE DÉPART

Dans le transport aérien, les perturbations étaient moindres avec près de 90% des vols court et moyen-courrier assurés chez Air France et la totalité des vols long-courrier.

Dans le secteur de l'énergie, la CGT a annoncé au moins 70% de grévistes dans les raffineries de TotalEnergies, qui a indiqué que les livraisons étaient interrompues sur l'ensemble de ses sites.

Chez EDF, le taux de grévistes a atteint 50%, a indiqué le groupe, soit une mobilisation plus forte que lors de la première et la plus suivie des journées de mobilisation contre le précédent projet de réforme des retraites - 41,4% de grévistes le 5 décembre 2019. Cela a provoqué une baisse de la production d'électricité, de l'ordre de 7,8 gigawatts (GW) selon des données de l'électricien et de l'opérateur de réseaux RTE, soit environ 12% de l'approvisionnement total en électricité.

Chez Engie, le taux de grévistes s'élevait à 40% sur l'ensemble du personnel des industries électriques et gazières (IEG) - qui représente une bonne moitié de l'effectif total du groupe - et environ 7% pour les autres périmètres en France, a indiqué un porte-parole.

Dans l'enseignement, la mobilisation était forte également, avec 34,66% de grévistes dans les collèges et lycées et 42,35% dans le primaire, selon les chiffres du ministère.

Le gouvernement prévoit de présenter sa réforme des retraites en conseil des ministres le 23 janvier, avant un examen prévu début février à l'Assemblée nationale où Emmanuel Macron ne dispose plus de la majorité absolue mais compte sur le soutien de la droite pour faire adopter le texte.

Face à la contestation, l'exécutif se veut calme et déterminé. La réforme est "nécessaire et juste", a plaidé le ministre du Travail, Olivier Dussopt, jeudi matin sur LCI, même si elle demande "des efforts aux Français".

VOIR AUSSI:

CHRONOLOGIE des réformes des retraites en France depuis 1993

ENCADRÉ-France-Les principales mesures de la réforme des retraites

(Reportage Juliette Jabkhiro, Yiming Woo, Antony Paone, Lucien Libert, Bart Biesemans, avec Sudip Kat-Gupta et Alain Acco; rédigé par Blandine Hénault et Kate Entringer, édité par Jean Terzian)

Reuters

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