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Réseau SNCF toujours perturbé, l'exécutif inflexible

Réseau SNCF toujours perturbé, l'exécutif inflexible
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les perturbations ont perduré mercredi sur l'ensemble du réseau SNCF, malgré un taux de grévistes en léger recul au deuxième jour de conflit, sans entamer la détermination affichée de l'exécutif à mener "avec calme" sa réforme du rail.

La compagnie ferroviaire a relevé dans la matinée 29,7% de grévistes tous métiers confondus, contre 33,9% mardi, tout en notant une plus forte mobilisation des contrôleurs (77% contre 69% mardi) et des aiguilleurs (46% contre 39%).

La SNCF prévoyait une situation à peine moins dégradée que mardi, avec un TGV en circulation sur sept, un Intercités sur huit, un TER et un Transilien sur cinq et trois trains internationaux - les Thalys et les Eurostar - sur quatre.

Le trafic sur le réseau RER opéré par la SNCF devait varier entre une rame sur deux et une sur six, en fonction des lignes.

Après ces deux premières journées au cours desquelles s'est établi le rapport de forces, le trafic doit reprendre progressivement jeudi, conformément au calendrier retenu par les principaux syndicats - deux jours de grève par tranche de cinq.

Jeudi, trois trains sur quatre devraient rouler sur les lignes de TER et de Transilien et le trafic devrait être quasi normal pour les TGV, selon les prévisions du groupe.

"Le rythme des réformes que nous conduirons, nous le maintiendrons parce que ce pays a trop attendu", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, à la sortie du conseil des ministres.

"Nous ferons cette transformation de ce grand service public français jusqu'au bout, avec calme et avec une grande détermination", a-t-il ajouté.

Edouard Philippe a décidé de reporter un déplacement au Mali prévu ce week-end en raison de l'actualité sociale "dense", a-t-on appris auprès de Matignon.

"DÉBAT DÉMOCRATIQUE ET PUBLIC"

Suivant un argumentaire rodé depuis plusieurs jours, la ministre des Transports Elisabeth Borne a pour sa part redit devant les députés son incompréhension devant un mouvement organisé "alors que nous sommes à mi-chemin de la concertation, que le débat parlementaire est engagé, qu'(elle a) présenté des propositions sur l'ouverture à la concurrence".

En première ligne sur ce dossier, Elisabeth Borne mène depuis début mars et théoriquement jusqu'à la fin avril des concertations avec les différents acteurs, une formule qui ne convient pas aux organisations représentatives, CGT en tête.

Les deux parties défendent des positions diamétralement opposées sur certains points, à commencer par le statut des cheminots : le gouvernement veut le supprimer pour les futures recrues tandis que les syndicats veulent le préserver.

Dans un communiqué publié mercredi, la CGT propose à Elisabeth Borne d'organiser une confrontation projet contre projet lors d'un "débat démocratique et public".

Jusqu'à présent, "on voit bien que la mobilisation a été très forte", a déclaré Roger Dillenseger, secrétaire général de l'UNSA-Ferroviaire, sur Europe 1.

"Faire grève et créer de la gêne pour les usagers, ce n'est pas notre objectif. Notre objectif, c'est de sortir du conflit, de se mettre à négocier et de trouver des vraies solutions", a encore dit le patron du deuxième syndicat de la SNCF.

Interrogé sur France Inter, Erik Meyer, secrétaire fédéral de Sud-Rail, a accusé la direction de manipuler les chiffres avancés pour le nombre de grévistes, le véritable taux se situant plutôt selon lui au-delà de 60%.

"COMMENT LA DETTE VA ÊTRE REPRISE"

Le gouvernement a fait adopter en commission mardi soir à l'Assemblée les premiers amendements, annoncés en fin de semaine dernière, au projet de loi sur le nouveau pacte ferroviaire relatifs aux modalités d'ouverture du secteur à la concurrence, après avoir renoncé à procéder par ordonnances sur ce sujet précis.

Elisabeth Borne a souligné que ces amendements assuraient notamment "une véritable portabilité des droits sans limite de durée" des cheminots en cas de changement d'opérateur.

"Bien loin du 'passage en force', que certains dénoncent, je me place résolument dans une démarche constructive, attentive au dialogue social et au débat parlementaire", a-t-elle dit.

Le député LaRem Jean-Baptiste Djebbari, rapporteur de la réforme ferroviaire, s'est félicité de ces avancées "sur des garanties sociales fortes", mais a demandé au gouvernement de prendre rapidement une décision sur la dette de plus de 46 milliards d'euros qui plombe les comptes de la SNCF.

"C'est important que l'Etat dise comment, quand et dans quelles conditions la dette de la SNCF va être reprise, traitée", a-t-il dit sur Europe 1, alors que le gouvernement a jusqu'ici indiqué qu'il ne se prononcerait sur la question qu'une fois la réforme adoptée.

Roger Dillenseger a déclaré que la question devrait être abordée lors d'une nouvelle table ronde jeudi autour de la ministre.

(Yann Le Guernigou et Simon Carraud avec Myriam Rivet, édité par Jean-Philippe Lefief et Sophie Louet)


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