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Regain de tension sur l'Italie, les Bourses reculent

Regain de tension sur l'Italie, les Bourses reculent
Crédit photo © Reuters

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent en net repli en matinée mardi, de nouveau pénalisées par les tensions autour des finances publiques italiennes, tandis que le soutien apporté lundi aux marchés par la conclusion d'un nouvel accord de libre-échange en Amérique du Nord se dissipe.

À Paris, le CAC 40 perd 0,72% à 5.467,12 points après plus d'une heure d'échanges. À Francfort, le Dax cède 0,69% et à Londres, le FTSE 100 recule de 0,35%.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 est en baisse de 0,52%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,83% et le Stoxx 600 de 0,52%.

La baisse est plus marquée encore à Milan, où l'indice FTSE MIB abandonne 1,31%, plombé entre autres par le compartiment bancaire.

Alors qu'une nouvelle réunion ministérielle sur le budget est prévue en fin de journée à Rome, le vice-président du Conseil italien Luigi di Maio a affirmé que le gouvernement ne renoncerait pas à son objectif de déficit de 2,4% du produit intérieur brut (PIB).

Il a toutefois exclu une sortie de l'Italie de l'Union européenne et de l'euro, contrant ainsi le responsable des questions économiques de la Ligue, le parti d'extrême droite membre de la coalition gouvernementale, selon lequel l'Italie irait mieux en revenant à une monnaie nationale.

TAUX

Sans surprise, ces déclarations se traduisent par de nouvelles tensions sur le marché des emprunts d'Etat italiens: le rendement des titres à deux ans émis par Rome est en hausse de plus de 18 points de base à 1,55% et le dix ans prend près de dix points à 3,39% au plus haut depuis le printemps 2014.

L'écart de rendements entre les titres à dix ans italiens et allemands a ainsi atteint un pic à 302 points de base, au plus haut depuis plus de cinq ans, avant de repasser sous le seuil des 300 points.

Son creusement s'explique aussi par la baisse marquée des rendements du Bund, les titres allemands jouant leur rôle de valeur refuge. Le dix ans est revenu vers 0,436%, au plus bas depuis trois semaines.

VALEURS

Les déclarations de responsables politiques italiens, qui favorisent une forte poussée des rendements de la dette publique italienne, font chuter les valeurs bancaires: l'indice italien du secteur cède 2,34%, au plus bas depuis 19 mois, et l'indice Stoxx des banques de la zone euro recule de 1,41%.

Banco BPM perd 2,14%, UBI Banca 3,37%, UniCredit 2,61% et Intesa Sanpaolo 2,48%. Parmi les banques étrangères exposées au marché italien, BNP Paribas cède 1,37%.

Les tensions sur le marché obligataire, qui provoquent une rechute des rendements allemands, pèsent aussi sur le secteur de l'assurance (-1,23%).

La plus forte baisse du Stoxx 600 est de nouveau pour Royal Mail, qui cède encore 7,49% après une chute de plus de 17% lundi en réaction à un avertissement sur résultats.

A la hausse, les valeurs du pétrole et du gaz (+0,37%) profitent de la progression continue des cours du brut et le compartiment des matières premières (+0,01%) efface une partie de ses pertes de lundi.

CHANGES

Les nouvelles tensions liées à l'Italie accentuent le repli de l'euro, qui cède 0,4% face au dollar à 1,153, au plus bas depuis le 10 septembre.

La monnaie cédait déjà du terrain face au billet vert avant les déclarations des responsables politiques italiens, la devise américaine restant portée par l'annonce de l'accord commercial USA-Canada-Mexique et par les anticipations de poursuite de la hausse des taux de la Réserve fédérale.

L'indice qui mesure les fluctuations de la monnaie américaine face à un panier de référence gagne encore 0,29%, tout près du plus haut de trois semaines et demi touché lundi.

Le dollar est toutefois en repli face au yen, autour de 113,70, après le pic de plus de dix mois atteint lundi.

La livre sterling a parallèlement brièvement réduit ses pertes après les déclarations de la Première ministre britannique, Theresa May, évoquant une nouvelle proposition sur le sujet de la future frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, point sensible des discussions entre Bruxelles et Londres sur les conditions du Brexit.

EN ASIE

La Bourse de Tokyo a fini en hausse de 0,1% mais sa progression s'est essoufflée en fin de journée: l'indice Nikkei a gagné jusqu'à 0,83% pour inscrire un nouveau plus haut de près de 27 ans à 24.448,07, toujours porté par les perspectives de croissance soutenue des bénéfices des sociétés cotées et par la baisse du yen face au dollar.

Les autres grandes places asiatiques ouvertes ont au contraire fini dans le rouge, avec une baisse de 2,38% pour Hong Kong (qui était fermée lundi et n'avait donc pas réagi à la baisse des indices PMI manufacturiers en Chine) et de 1,25% pour Séoul.

L'indice MSCI regroupant les valeurs d'Asie et du Pacifique (hors Japon) cède 1,58%.

Les marchés chinois restent fermés jusqu'à la fin de la semaine pour les célébrations de la fête nationale.

A WALL STREET

Les contrats à terme sur les principaux indices américains suggèrent une ouverture en repli d'environ 0,2%.

Lundi, le Dow Jones et le Standard & Poor's 500 ont fini en hausse, tirés entre autres par le secteur de l'énergie et par les valeurs automobiles après l'accord commercial USA-Canada-Mexique, tandis que General Electric gagnait 7,09%, le limogeage de son PDG et le choix du nouveau ayant été salués par le marché.

L'indice S&P des valeurs industrielles a pris 0,9%, sa meilleure performance depuis cinq semaines.

Le Nasdaq est resté à la traîne avec un repli de 0,11%. Intel a cédé 1,8% après un abaissement de recommandation.

La séance américaine sera animée entre autres par le discours que doit prononcer à 16h45 GMT le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, devant la National Association for Business Economics (NABE).

PÉTROLE

Les cours du brut marquent le pas après avoir atteint de nouveaux plus hauts de près de quatre ans : le Brent revient à 84,81 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) se traite à 75,53 dollars pour, au-delà de son pic de juillet.

Au-delà de l'effet positif de l'accord commercial USA-Canada-Mexique annoncé lundi, le marché pétrolier reste soutenu par la perspective de l'entrée en vigueur début novembre des sanctions américaines contre l'Iran.

Sa hausse a d'ailleurs incité le Congrès américain à relancer un projet de loi "anti-Opep", censé permettre à Washington de poursuivre pour collusion les pays du cartel.

(Édité par Blandine Hénault)


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