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Regain de mobilisation des "Gilets Jaunes", violences contenues

Regain de mobilisation des "Gilets Jaunes", violences contenues
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La neuvième journée de manifestations des "Gilets jaunes" de samedi s'est caractérisée par un regain de mobilisation et quelques moments de tension mais aussi par une violence globalement moindre que redoutée par les autorités.

Plus de 84.000 personnes ont manifesté en France au plus fort de la journée selon le ministère de l'Intérieur, dont 8.000 à Paris. A titre de comparaison, les autorités avaient recensé 50.000 personnes le 5 janvier et 32.000 le 29 décembre.

La tension est montée en milieu d'après-midi entre manifestants et forces de l'ordre sur la place de l'Etoile, à Paris, et en province après des défilés calmes en matinée. Aux lancer de pierres et d'autres projectiles, les policiers ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes et des canons à eaux.

Les services de police ont interpellé 244 personnes, parmi lesquelles 201 ont été mises en garde à vue. A Paris, la police a procédé à 156 interpellations principalement notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, port d'arme prohibée, violences à agents de la force publique, selon la préfecture de police de Paris, et 74 gardes à vue.

"Globalement, la journée s'est bien passée, parce qu'on a mis en place de nombreux contrôles très en amont des villes", a dit la porte-parole de la Gendarmerie nationale, Maddy Scheurer, sur BFMTV.

Cette dernière explique que les nombreuses interpellations de cette semaine comme celles des auteurs présumés de l'incendie du péage de Bessan (Hérault), ont permis d'écarter "un certain nombre de gens qui, tous les samedi, venaient à la manifestation pour de mauvaises raisons".

"On déplore quand même quelque faits en fin de journée", ajoute-t-elle, en mentionnant des dégradations dans d'anciens locaux de la gendarmerie à Bordeaux, "néanmoins, ça reste très contenu par rapport aux autres samedi".

A Paris, La tension s'est accrue aux alentours de 14h30 sur la place de l'Etoile avec des tirs de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre qui bloquaient l'accès à l'avenue des Champs-Elysées. Les manifestants ont été contenus sur la place avant d'être dispersés en début de soirée.

Le défilé organisé en début de journée entre la Bastille et la place de la Concorde à l'appel d'Eric Drouet, l'une des figures du mouvement des "Gilets jaunes", s'était déroulé dans le calme.

On pouvait y lire les slogans: "Macron démission", "Macron, on va tout casser chez toi" ou encore "Libérez Christophe" en référence à Christophe Dettinger, le boxeur professionnel placé en détention provisoire pour avoir frappé des gendarmes mobiles samedi dernier à Paris.

DES BLESSÉS DANS LES MANIFESTATIONS

Aucune dégradation n'a été observée sur le parcours du cortège, a précisé la préfecture de police. Un kiosque à journaux et une poubelle ont été légèrement abîmés sur le secteur de la place de l'Etoile.

Parmi les blessés relevés, deux sont en "urgence absolue", dont un membre des forces de l'ordre. Vingt-deux autres sont "en urgence relative", ajoute la préfecture.

Une forte mobilisation et des affrontements ont également été constatés à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lille ou encore Caen. Les tensions retombaient en fin de soirée.

Plus de 6.300 "Gilets jaunes" ont manifesté à Bourges (Cher), ville de 66.000 habitants, où un appel au rassemblement lancé sur les réseaux sociaux avait suscité l'inquiétude des élus locaux.

Selon la préfecture, 410 policiers dont 290 venus en renfort ont été mobilisés, ainsi que 250 gendarmes. La plupart des commerces du centre-ville étaient fermés, rapporte un journaliste sur place.

Des échauffourées ont éclaté entre certains manifestants et les forces de l'ordre, lesquels ont répliqué en lançant des gaz lacrymogènes. Mais peu de dégâts ont été constatés sur le terrain, précise la préfecture qui avait interdit toute manifestation dans le centre historique. Quelque 500 "Gilets jaunes" n'ont pas suivi cet arrêté.

Les quelques débordements ont fait quatre blessés dont un policier touché à la main.

Outre la démission du président de la République, les manifestants ont réclamé à nouveau l'instauration du référendum d'initiative citoyenne (RIC), l'une des revendications phares des "Gilets jaunes".

VIOLENCES À BORDEAUX

Les violences continuaient à Bordeaux en début de soirée, alors qu'elles s'étaient interrompues dans la plupart des autres villes de France. Du mobilier urbain et des vitrines ont été dégradées en fin de journée.

Les affrontements ont eu lieu sur la place de la Comédie où des "Gilets jaunes" pacifiques se sont placés entre les éléments violents et les forces de l’ordre pour faire baisser la tension, et sur la place Pey-Berland, à proximité de l'hôtel de ville.

Au total, 36 personnes ont été interpellées pour des dégradations ou des violences à l’encontre des forces de l’ordre. Aucun blessé n'a été recensé du côté des forces de l'ordre, ajoute la préfecture. Plusieurs manifestants ont en revanche été pris en charge par les pompiers.

La manifestation avait rassemblé 6.000 "Gilets jaunes" selon les policiers, 10.000 selon les organisateurs.

A Toulouse, où plus 6.000 manifestants "dont 1.000 casseurs" se sont réunis, treize personnes ont été légèrement blessées, selon la préfecture de Haute-Garonne. Trente-trois ont été interpellés pour des dégradations ou des violences à l’encontre des forces de l'ordre.

La préfecture du Gard a fait état dans un communiqué de six blessés parmi les forces de l'ordre lors des "échauffourées violentes" qui ont eu lieu à Nîmes. Plusieurs actes de vandalisme ont été recensés, à l'encontre du centre des impôts et de huit établissements bancaires du centre ville.

A Marseille, près de 2.700 personnes ont manifesté dans le centre-ville où les boutiques de luxe avaient baissé les rideaux de leurs devantures, selon la police.

Il restait en début de soirée des "groupes de casseurs" dans le centre ville, selon la préfecture, qui fait état de douze blessés parmi les forces de l'ordre sur le département et de quatre interpellations.

Les autorités anticipaient un regain de la mobilisation et craignaient une radicalisation "plus affirmée" à Paris et en province. Près de 80.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés sur tout le territoire, dont 5.000 à Paris.

(Caroline Pailliez, avec Emmanuel Jarry, correspondants en région, services TV et photo, édité par Pierre Serisier et Nicolas Delame)


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