»
»
»
Consultation

Recul des Bourses en Europe, l'impact des tensions commerciales se matérialise

Recul des Bourses en Europe, l'impact des tensions commerciales se matérialise
Crédit photo © Reuters

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse vendredi, pénalisées par les craintes concernant l'impact des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sur l'économie réelle après des indicateurs chinois moroses et l'avertissement sur résultats du fabricant américain de semi-conducteurs Broadcom.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,15% à 5.367,62 points. Le Footsie britannique a cédé 0,31% et le Dax allemand a reculé de 0,6%.

L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,33%, le FTSEurofirst 300 a cédé 0,35% et le Stoxx 600 a abandonné 0,4%.

Sur la semaine, l'indice CAC 40 a grappillé 0,07% et le Stoxx 600 a gagné 0,35%.

Le dossier préoccupant du commerce entre les Etats-Unis et la Chine, dont les relations semblent au point mort, a dominé l'actualité des marchés mondiaux après d'une part l'avertissement de Broadcom sur son chiffre d'affaires et d'autre part un nouvel indicateur chinois inquiétant.

La croissance de la production industrielle chinoise a ralenti à un plus bas de plus de 17 ans en mai, un ralentissement qui concerne aussi l'investissement productif.

La faiblesse de la demande liée au contexte d'incertitudes géopolitiques et l'impact des restrictions à l'export imposées au chinois Huawei ont par ailleurs contraint le fabricant américain de semi-conducteurs Broadcom à abaisser sa prévision de chiffre d'affaires annuel.

Les tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et l'Iran ont aussi pesé sur la tendance, Washington accusant Téhéran d'être responsable de l'attaque de deux pétroliers dans le golfe d'Oman jeudi, ce que le régime iranien a réfuté.

VALEURS

Dans la foulée du "profit warning" de Broadcom, l'indice Stoxx lié à la technologie a enregistré la plus forte baisse sectorielle en Europe (-1,78%).

AMS et Infineon ont chuté respectivement de 7,57% et 5,25%. A Paris, STMicro a signé la plus forte baisse du CAC 40 (-3,22%).

L'automobile (-0,9%) et les ressources de base (-0,87%), secteurs traditionnellement sensibles aux soubresauts sur le commerce et à l'économie chinoise, ont logiquement été délaissés.

A WALL STREET

A l'heure de la clôture en Europe, les principaux indices de New York perdent entre 0,2% et 0,6%.

La baisse de 6,41% de Broadcom après son avertissement pénalise l'indice S&P de la technologie, qui recule de 0,87%, et l'indice des semi-conducteurs de la Bourse de Philadelphie, en repli de 2,59%.

LES INDICATEURS DU JOUR

Aux Etats-Unis, des statistiques économiques supérieures aux attentes pourraient apaiser les craintes d'un ralentissement de l'économie, tout en éloignant la perspective d'une baisse des taux de la Réserve fédérale.

Les ventes au détail ont ainsi progressé en mai et ont été révisées à la hausse pour avril et la production manufacturière a connu sa première hausse mensuelle de l'année le mois dernier.

En revanche, la confiance des consommateurs américains s'est dégradée légèrement plus que prévu en juin, selon les résultats préliminaires de l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan.

CHANGES

Le dollar a accentué sa progression après la parution des chiffres des ventes au détail. Face à un panier de devises internationales, le billet vert prend 0,5%, à un pic d'une dizaine de jours, s'éloignant du creux de plus de deux mois touché la semaine dernière dans l'anticipation de baisse de taux de la Réserve fédérale.

"Nous pourrions voir les responsables de la Fed tempérer les attentes du marché à cet égard", a souligné Michael Hewson chez CMC Market.

"Une baisse de taux en juillet ou en septembre reviendrait à admettre que les membres de la Fed se sont trompés en décembre. Même si personne ne devrait craindre d'admettre une erreur, cela pourrait faire plus de mal que de bien si la Fed se précipitait dans une baisse de taux, si peu de temps après les avoir relevés".

L'euro perd dans le même temps 0,5%, reculant sous 1,122 dollar.

Conséquence du renchérissement du dollar, la livre sterling évolue à un creux de deux semaines, à 1,26 dollar. La monnaie britannique était par ailleurs déjà mal orientée alors que Boris Johnson, fervent défenseur du Brexit, est pressenti pour devenir le nouveau Premier ministre britannique après être arrivé largement en tête jeudi du premier tour de scrutin pour succéder à Theresa May.

TAUX

Sur le marché obligataire, la tendance générale est à la baisse des rendements, la faiblesse des données en provenance de Chine ayant attisé les inquiétudes sur l'impact de la guerre commerciale. Le rendement des Treasuries à 10 ans est en légère baisse à 2,08% mais reste au-dessus de son plus bas de séance (2,058%) en réaction à la solidité des ventes au détail aux Etats-Unis le mois dernier.

En Europe, le rendement du Bund à 10 ans, taux de référence de la zone euro, a fini à -0,255% après être tombé à plus bas historique à -0,271% et le 10 ans espagnol a également touché un plus bas record en reculant sous 0,5%.

PÉTROLE

Les cours du brut sont à nouveau en hausse après les attaques contre deux pétroliers dans le golfe d'Oman qui font craindre des perturbations de l'approvisionnement.

Ils devraient toutefois enregistrer une perte sur la semaine en raison des inquiétudes sur la demande mondiale en répercussions des tensions sur le commerce.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a revu en baisse jeudi sa prévision de croissance de la demande pétrolière mondiale en 2019 en raison de l'aggravation des tensions commerciales.

Le baril de Brent évolue autour de 62,2 dollars et celui du brut léger américain monte à 52,8 dollars.

MÉTAUX

Le cours de l'or, qui a touché en séance un pic depuis avril 2018 à 1.358 dollars l'once, a réduit ses gains après les chiffres encourageants pour l'économie américaine des ventes au détail.

A SUIVRE LUNDI :

Les investisseurs suivront les débats du Forum annuel de la Banque centrale européenne à Sintra, au Portugal. Le président de la BCE, Mario Draghi, s'exprimera à 19h00 GMT avant une nouvelle intervention prévue mardi à 09h00 GMT.

(Édité par Blandine Hénault)


click here for restriction
©2019 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com