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Profil bas et visites de terrain pour l'an I de l'ère Macron

Profil bas et visites de terrain pour l'an I de l'ère Macron
Crédit photo © Reuters

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le gouvernement d'Edouard Philippe a placé son opération de communication marquant le premier anniversaire du quinquennat d'Emmanuel Macron sous le signe de la pédagogie dans une France des régions que l'opposition lui reproche d'abandonner.

"Soyez bons et à l'écoute" : mercredi au conseil des ministres, le président élu le 7 mai 2017 a donné lui-même les consignes aux membres du gouvernement envoyés sur le terrain cette fin de semaine pour faire la pédagogie de 12 mois de réformes pas toujours comprises ni acceptées, comme en témoignent les levées de bouclier sociales de ce printemps.

Gérard Collomb (Intérieur) à Rungis (Val-de-Marne), Nicolas Hulot (Transition écologique) dans les calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône), Muriel Pénicaud (Travail) à Bayeux (Calvados) : les ministres ont pour mission de "faire de la pédagogie", a expliqué jeudi le porte-parole du gouvernement.

"Quand vous transformez en profondeur un pays, ça a besoin d'un temps d'explication et c'est normal. Et puis c'est aussi pour écouter", a dit Benjamin Griveaux sur France 2.

Malgré les doutes exprimés dans les sondages et dans la rue, ce proche d'Emmanuel Macron dit miser sur la proximité.

"J'ai entendu beaucoup d'impatience, parfois de la colère à la différence parfois des débats politiques, les gens l'expriment de manière courtoise", a-t-il rapporté. "Ils comprennent qu'on ne peut pas transformer un pays en moins d'un an."

Fiscalité, emploi, réforme de la SNCF... Les sujets d'inquiétude ne manquent pas, comme tente de l'exprimer une opposition toujours convalescente, un an après le raz-de-marée de La République en marche à l'Elysée et à l'Assemblée, à un an des élections européennes de mai 2019 qui marqueront un premier test dans les urnes pour l'exécutif.

SOIRÉE SANS CHAMPAGNE POUR LAREM

"Président et gouvernement sont insuffisamment préoccupés de la réalité des territoires. Tous ces ministres qui partent en mission vont tenter de démontrer le contraire. Mais une journée ne suffira pas", a déclaré dans les couloirs du Palais-Bourbon la députée Les Républicains (LR) Annie Genevard, citant les mécontentements liés aux baisses de dotation des collectivités locales et à la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes "qui suscite une grave réprobation."

Jeudi soir sur France 2, le délégué général de La République en marche (LaRem), Christophe Castaner, fera le bilan d'un an d'action lors d'une "Émission politique" où quatre voix de l'opposition s'exprimeront aussi : Laurent Wauquiez (LR), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Olivier Faure (Parti socialiste) et Marine Le Pen (Front national).

Pas de débat toutefois, LaRem et LFI ayant refusé ce schéma.

Dans un paysage politique très éclaté, des figures de l'opposition comme les ex-candidats à l'élection présidentielle Benoît Hamon (Génération.s) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) ont dit leur amertume de ne pas avoir été conviés.

En cette période anniversaire, marquée le week-end dernier par un nouvel attentat sous la forme d'une attaque au couteau qui a fait un mort et quatre blessé le week-end dernier à Paris, le gouvernement fait globalement profil bas.

Ni musique ni champagne mardi soir au musée des Arts forains de Paris où gouvernement et députés LaRem ont écouté les encouragements du Premier ministre, Edouard Philippe.

Dans un entretien au Monde en début de semaine, le chef de la majorité a dit "assumer" toute la politique menée tout en rejetant l'idée d'un remaniement ministériel imminent, malgré les doutes exprimés jusqu'au sein de son équipe.

Tiraillé entre ses convictions écologistes et les compromis inhérents à la fonction de ministre, Nicolas Hulot a en effet glissé qu'il ferait le point cet été quant à son utilité au gouvernement.

Les quelque 400.000 adhérents revendiqués de LaRem conservent quant à eux leur souci de pragmatisme, tract "Un an au service des Français" à l'appui. Le parti présidentiel y promet de "corriger les inégalités sociales a` la racine", de "construire une économie forte qui revalorise le travail" et de "combattre le sentiment d’insécurite´ au quotidien".

(Avec Marine Pennetier et Caroline Paillez, édité par Yves Clarisse)


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