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Prison avec sursis pour la fille du roi d'Arabie saoudite

Prison avec sursis pour la fille du roi d'Arabie saoudite
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La fille du roi Salman d'Arabie saoudite a été condamnée jeudi à dix mois de prison avec sursis pour complicité dans des violences présumées commises par l'un de ses gardes du corps sur un artisan en 2016 à Paris.

Egalement déclarée complice de vol et de séquestration par le tribunal correctionnel de Paris, Hussa Bint Salman, 42 ans, se voit aussi infliger une amende de 10.000 euros.

Le tribunal s'est montré plus sévère à son égard qu'envers le garde du corps, Saidi Rani, condamné pour sa part à huit mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende, conformément aux réquisitions du ministère public en juillet.

L'avocat de Hussa Bint Salman, Me Emmanuel Moyne, a aussitôt annoncé qu'il allait faire appel pour "démontrer devant la cour d'appel de Paris l'innocence de la princesse".

Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, la demi- soeur du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman était absente lors du délibéré comme lors de l'audience de juillet.

Le ministère public avait alors requis six mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende à son encontre.

Le 26 septembre 2016 Ashraf Eid, artisan d'origine égyptienne, s'était présenté au commissariat du XVIe arrondissement pour porter plainte.

Il avait alors dit avoir été molesté, ligoté et séquestré plusieurs heures sous la menace d'une pistolet par Saidi Rani, homme de confiance de la princesse, au 81 avenue Foch, immeuble appartenant au roi Salman, où il effectuait des travaux.

Hussa Bint Salman l'avait fait venir dans l'appartement qu'elle occupait pour remplacer une vasque dans une salle de bain. Elle l'avait accusé de l'avoir filmée et photographiée à son insu dans sa chambre avec son téléphone portable.

C'est alors, selon Ashraf Eid, que Saidi Rani, 47 ans, ancien champion du monde de boxe thaïlandaise d'origine libanaise, aurait molesté l'artisan, ce que conteste ce gérant de sociétés de gardiennage et de protection rapprochée, qui a déjà fait plus de deux mois de détention provisoire.

En juillet, le procureur a estimé que la princesse s'était pour sa part rendue coupable de complicité "par provocation, abus de pouvoir ou d'autorité". Ce que récuse son avocat.

"Comme on l'a montré à l'audience et comme il n'est pas indiqué dans le jugement du tribunal (...), M. Ashraf Eid a volontairement remis son téléphone portable à la princesse Hussa Bint Salman en lui disant de le détruire", a déclaré Me Emmanuel Moyne a des journalistes après le verdict.

"Il n'y a pas eu d'infraction de vol dans cette affaire, il n'y a pas eu davantage de violence. Toutes les constatations et les certificats médicaux qui figurent au dossier montrent que les déclarations de M. Eid sont fantaisistes pour la grande majorité d'entre elles", a-t-il ajouté.

L'avocat de Saidi Rani, Me Yassine Bouzrou, a pour sa part dit à Reuters qu'il "réfléchissait" avec son client à un appel.

(Simon Carraud et Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet)


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