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Premier dossier de corruption dans le sport du PNF au tribunal

Premier dossier de corruption dans le sport du PNF au tribunal
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le premier dossier de corruption dans le sport ouvert par le parquet national financier (PNF), une affaire de matches de football truqués mettant en cause d'anciens dirigeants du Nîmes Olympique, est jugé à partir de lundi au Tribunal de Paris.

C'est le premier procès important du genre depuis la condamnation en 1995 à deux ans de prison, dont un ferme, du président de l'Olympique de Marseille, l'homme d'affaires Bernard Tapie, pour un match truqué entre l'OM et Valenciennes.

Cette fois, neuf personnes sont sur le banc des accusés, dont l'actionnaire majoritaire du Nîmes Olympique à l'époque des faits, Serge Kasparian, et l'ancien président du club, Jean-Marc Conrad, ainsi que les anciens présidents du SM Caen et du club d'Issy Ararat et deux anciens joueurs professionnels.

L'affaire a commencé fortuitement en mars 2014, en marge d'une enquête sur des malversations impliquant le cercle de jeu parisien Cadet, alors présidé par Serge Kasparian.

Les enquêteurs surprennent à la faveur d'une interception téléphonique une conversation entre ce dernier et Jean-Michel Conrad, qui évoquent l'intervention d'un employé du cercle de jeu pour arranger un match entre Bastia et Nîmes, en Ligue 2.

Le Nîmes Olympique, alors avant-dernier de la Ligue 2, lutte pour éviter la relégation dans la division inférieure.

Des écoutes ultérieures confirmeront les contacts entre le club gardois et Bastia, et révèleront d'autres arrangements présumés ou tentatives d'arrangements avec d'autres clubs.

Un rapport du corps arbitral constatera ainsi, lors d'un match du 13 mai 2014 entre Nîmes et le SM Caen, que les deux équipes et leurs dirigeants ont paru s'entendre pour faire match nul. La rencontre était en outre particulièrement surveillée en raison de paris sportifs atypiques.

Les tentatives d'arrangements n'ont cependant pas toujours été couronnées de succès. Le Stade Brestois aurait ainsi rejeté les propositions du Nîmes Olympique.

Saisi dès avril 2014, le parquet de Paris a passé le relais le 19 novembre de la même année au PNF.

Les prévenus sont jugés pour association de malfaiteurs en vue préparer des actes de corruption pour certains, corruption active ou passive et complicité pour d'autres.

Des faits passibles, s'ils ne concernent pas des personnes exerçant une fonction publique, de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 à 500.000 euros d'amende.

Le volet disciplinaire de cette affaire ayant été réglé en 2016, ce procès en correctionnelle, prévu pour durer jusqu'au vendredi 8 juin, ne remettra cependant pas en cause l'accession du Nîmes Olympiques en Ligue 1 la saison prochaine.

En mars 2016, la Ligue de football professionnel avait notamment prononcé la rétrogradation du club en National. Mais celle-ci a été annulée le 7 mai suivant par la commission supérieure d'appel de la Fédération française de football.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)


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