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Pour l'opposition, en un an Macron a prouvé qu'il était le "président des riches"

Pour l'opposition, en un an Macron a prouvé qu'il était le "président des riches"

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Quatre dirigeants de l'opposition et le délégué général de La République en marche, le parti majoritaire, ont présenté jeudi leur vision de la première année de pouvoir d'Emmanuel Macron, qualifié par ses opposants de "président des riches".

Les cinq interventions se sont déroulées sans débat, La République en marche et La France insoumise l'ayant refusé.

Selon un sondage Ipsos Sopra Steria publié à l'issue de l'émission, Jean-Lucs Mélenchon a été jugé le meilleur opposant par 45% des téléspectateurs et 47% l'ont trouvé le plus convaincant, devant Laurent Wauquiez (25% ont estimé qu'il était le meilleur opposant et 44% le plus convaincant).

Marine Le Pen suit (24 et 41%), Olivier Faure, tout juste élu premier secrétaire du PS, fermant la marche avec 6% des Français qui jugent qu'il est le meilleur opposant et 24% qui pensent qu'il a été convaincant. Christophe Castaner a été jugé convaincant par 37% des téléspectateurs.

JEAN-LUC MELENCHON (LA FRANCE INSOUMISE)

"C'est le président des riches", a déclaré Jean-Luc Mélenchon en brandissant des ciseaux pour illustrer un chef de l'Etat qui "coupe" dans le statut de la SNCF, les dépenses publiques ou encore les effectifs de la fonction publique tout en distribuant des dégrèvements d'impôts aux plus aisés.

"C'est le monde de l'argent, l'argent a tous les droits."

Il a répété son appel à une grande manifestation le 26 mai avec les syndicats pour obliger Emmanuel Macron à reculer.

Sur le plan international, il a estimé que la France devait s'opposer frontalement à la décision américaine de dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien, qui empêchera les entreprises françaises de commercer avec l'Iran.

"Les Etats-Unis d'Amérique n'ont pas à dicter au monde ce qu'ils ont décidé eux", a-t-il dit.

LAURENT WAUQUIEZ (LES REPUBLICAINS)

"Aujourd'hui ceux qui payent, ce sont les Français, les classes moyennes", a dit Laurent Wauquiez en venant sur le plateau de France 2 avec une feuille d'impôt d'une de ses administrées et en jugeant que, comme il n'y a "pas de réduction des dépenses publiques", les impôts ne baisseront pas.

"Evidemment qu'il y a des réformes qui vont dans la bonne direction", a-t-il expliqué en apportant son soutien à la réforme de la SNCF, du Code du travail ou de l'impôt de solidarité sur la fortune.

"Ce qui me gêne dans ce qui est fait en ce moment, c'est qu'il y a trop d'injustice", a-t-il ajouté, citant l'absence de "geste sur les heures supplémentaires" ou "d'augmentation de la rémunération des salariés".

Pour lui, Donald Trump peut servir d'exemple en matière de réduction d'impôts.

"Il y a des mesures qui permettraient d'améliorer la protection des Français", a-t-il dit en proposant une nouvelle fois l'internement des fichés "S" pour lutter contre les attentats terroristes.

CHRISTOPHE CASTANER (LA REPUBLIQUE EN MARCHE)

"On met en oeuvre le projet politique pour lequel on a été élus", a déclaré Christophe Castaner en brandissant le carnet dans lequel il note ce que lui disent les Français lors de ses déplacements parce que la majorité est "à l'écoute".

Le délégué genéral de La République en marche assume toutefois de passer outre les protestations quand c'est nécessaire pour réformer, sinon, comme lors des 30 dernières années, "on met la poussière sous le tapis".

OLIVIER FAURE (PARTI SOCIALISTE)

"S'il n'y avait pas eu la gauche pendant cinq ans, ce qu'il nous dit aujourd'hui ne serait pas possible", a dit Olivier Faure, dont le parti a été marginalisé par Emmanuel Macron, y voyant un "hommage" à l'action de François Hollande.

Equipé d'une balance "qui symbolise le désir de justice", il a estimé que la suppression de l'ISF et de l'exit tax pour ceux qui quittent la France ou l'introduction d'une "flat tax" montraient qu'elle penchait du côté des riches.

"Je pense que notre place est aujourd'hui aux côtés de ceux qui manifestent aujourd'hui sur un certain nombre de sujets", a-t-il dit en demandant plus de dialogue avec les étudiants ou les cheminots de la SNCF.

MARINE LE PEN (FRONT NATIONAL)

"C'est une politique déracinée", a dit Marine Le Pen pour qualifier l'action d'Emmanuel Macron, tenant à la main une tillandsia, "reine de la com', elle fait une fleur très jolie, mais elle ne fait qu'une fleur pendant toute sa vie."

"Je ne comprends plus rien à la diplomatie d'Emmanuel Macron que je trouve totalement illisible", a-t-elle estimé, prenant pour exemple le dossier iranien, qui entraîne selon elle une soumission au droit américain.

Elle a une nouvelle fois défendu l'arrêt de l'immigration qui submergerait la France avec l'arrivée chaque année d'un nombre d'immigrés équivalent à la "ville de Rennes".

"C'est une politique que je trouve criminelle", a-t-elle dit.

"Tous les voyants sont au rouge", a-t-elle estimé sur le plan économique en évoquant le chômage, les prélèvements obligatoires, la hausse des dépenses publiques. "Je viens dire que c'est un échec."

(Yves Clarisse, avec Emmanuel Jarry)


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