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Possible réhabilitation pour le père de Grégory Villemin

Possible réhabilitation pour le père de Grégory Villemin
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le parquet général de Paris a déclaré mardi qu'il n'était pas opposé à la "réhabilitation judiciaire" demandée devant la cour d'appel par Jean-Marie Villemin, condamné pour avoir tué en 1985 le meurtrier présumé de son fils Grégory, Bernard Laroche.

"Les conditions de la réhabilitation judiciaire de M. Villemin étant remplies, le parquet général ne s'oppose pas à la demande qu'il présente devant la cour d'appel", a dit un porte-parole après l'audience, qui s'est tenue à huis clos.

La cour rendra sa décision le 3 juillet. La réhabilitation, une procédure rarissime, est décidée lorsque la condamnation est très ancienne, que le condamné a indemnisé les victimes et payé les frais de justice et a montré une réinsertion professionnelle et sociale, sans subir de nouvelle condamnation.

La réhabilitation permet d'effacer le casier judiciaire et d'interdire à quiconque de faire état de la condamnation.

Jean-Marie Villemin ne s'est pas rendu à la cour d'appel de Paris. Vingt-trois ans après l'un des plus célèbres faits divers de l'histoire contemporaine, ses avocats Thierry Moser et Marie-Christine Chastant-Morand ont exposé à huis clos ses arguments.

"Jean-Marie est un parfait honnête homme devenu criminel à la suite de circonstances particulières. C'est un combat pour la dignité", a dit Me Moser aux journalistes.

La chambre de l'instruction, saisie déjà en janvier, avait ordonné un complément d'information concernant le comportement de Jean-Marie Villemin pendant et après sa détention.

BLESSURES RAVIVEES

Cette procédure ravive les blessures de cette affaire, jamais formellement élucidée. Elle intervient après la diffusion l'automne dernier à la télévision d'un téléfilm sur l'affaire, qui soutient la thèse de la culpabilité de Bernard Laroche.

Marie-Ange Laroche, veuve de Bernard, et des membres de sa famille, non représentés dans le procédure, ont protesté dans les médias contre la demande de Jean-Marie Villemin.

Ils soulignent que ce dernier a déjà un emploi et ne vise donc pas, selon eux, un objectif matériel, mais moral.

"Les termes de la loi devraient être modifiés pour empêcher que l'on puisse éventuellement penser que, finalement, Villemin a eu raison de tuer Laroche", a déclaré à la presse Me Gérard Welzer, avocat des Laroche.

Grégory, âgé de quatre ans, avait été retrouvé mort, pieds et mains liés, le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière proche de son domicile de Lépange-sur-Vologne (Vosges).

Un juge avait d'abord inculpé Bernard Laroche, mis en cause par le témoignage de sa belle-soeur, Murielle Bolle, des expertises et au moins un élément matériel, une lettre du tueur adressée aux parents Villemin qui portait la trace de sa signature.

Libéré en février 1985, après la rétractation du témoin et des annulations de procédure entrainant le retrait d'éléments matériels, Bernard Laroche avait été tué le 29 mars 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin. Celui-ci fut condamné en 1993 à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, pour ce crime.

Christine Villemin avait été inculpée et incarcérée en 1985 par le même juge d'instruction pour l'assassinat de son fils, avant de bénéficier d'un non-lieu en 1993 pour "absence de charges", dans une décision qui relevait que des charges très sérieuses subsistaient sur Bernard Laroche.

Cette affaire a suscité de nombreuses questions sur le fonctionnement de la justice et des médias, divisés en deux camps sur l'affaire. L'Etat français a été déclaré responsable d'une "faute lourde du service public de la justice" et a dû indemniser les Laroche comme les Villemin.


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