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Plus de 760 morts à Gaza, une trêve encore hypothétique

Plus de 760 morts à Gaza, une trêve encore hypothétique

par Nidal al-Mughrabi et Dan Williams

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Les forces israéliennes ont bombardé dans le nord de la bande de Gaza jeudi une école gérée par les Nations unies où des civils palestiniens avaient trouvé refuge, faisant au moins 15 morts et de nombreux blessés.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, s'est dit "sous le choc et consterné". Il a profité de l'occasion pour renouveler son appel à un cessez-le-feu entre Israël d'une part et le Hamas et ses alliés d'autre part.

"Pourquoi continuez-vous à tuer votre peuple ? Il y a de nombreuses façons de régler cette question sans tuer votre propre peuple. Ce qu'ils sont en train de faire me met en colère", a-t-il dit au Caire où il devait rencontrer dans la soirée le chef de la diplomatie américaine, John Kerry.

Les bombardements de jeudi ont porté à 762 le nombre de morts chez les Palestiniens depuis le 8 juillet. De son côté, Tsahal a perdu au moins 32 soldats dans les affrontements et les roquettes palestiniennes ont tué trois civils israéliens.

Le porte-parole du ministère gazaoui de la Santé, Achraf al Kidra, a précisé que l'attaque contre l'école avait également fait, outre les 15 morts, 200 blessés, qui ont été évacués vers les centres de soins du secteur de Beit Hanoun.

Le directeur de l'hôpital de Beit Hanoun, Ayman Hamdan, a parlé d'un "massacre".

TSAHAL ENQUÊTE

Laïla Al Chinbari, une femme qui se trouvait dans l'école au moment du bombardement, a raconté à un journaliste de Reuters que des familles entières étaient rassemblées dans la cour en attendant d'être évacuées par la Croix-Rouge.

"Nous étions tous assis quand quatre obus sont tombés sur nous. Il y avait des corps allongés sur le sol, du sang et des cris. Mon fils est mort et tous mes proches sont blessés, y compris mes autres enfants", a-t-elle dit, en larmes.

Chris Gunness, porte-parole de l'Unrwa, l'agence de l'Onu chargée des réfugiés palestiniens, a confirmé l'attaque et critiqué Israël, soulignant que les abris mis en place par son organisation à Beit Hanoun avaient été clairement signalés à Tsahal.

"Nous avons tenté dans la journée de trouver avec l'armée israélienne une plage horaire pour évacuer les civils mais cela n'a pas été possible", a-t-il déploré sur son compte Twitter.

L'armée israélienne a fait savoir qu'elle enquêtait sur cette frappe.

Dans le sud de la bande de Gaza, deux villages, Khouzaa et Abassan, sont coupés de l'extérieur depuis plusieurs jours par les bombardements des blindés de Tsahal et les blessés ne peuvent être évacués.

Le Hamas a poursuivi jeudi ses tirs de roquettes sur le territoire israélien et affirme avoir tendu une embuscade meurtrière à une patrouille israélienne dans le nord de la bande de Gaza.

"FORTES DIVERGENCES"

Les deux camps ne semblent pas prêts à se mettre d'accord sur une trêve durable, si l'on en croit John Kerry qui, selon un diplomate américain de haut rang, ne devrait pas s'éterniser dans la région s'il ne décèle pas davantage de bonne volonté de part et d'autre.

"Il existe encore de fortes divergences entre les parties", a déclaré ce diplomate dans un courrier électronique.

En échange d'une trêve, le Hamas réclame la levée du blocus israélien contre Gaza.

Et Israël dit avoir besoin de plusieurs jours encore pour mener à bien son opération de destruction des tunnels d'infiltration creusés par le Hamas à la frontière entre le territoire côtier et l'Etat hébreu.

Encouragée par Washington, l'Egypte s'efforce d'obtenir une cessez-le-feu humanitaire limité.

Selon un responsable égyptien, cette trêve humanitaire pourrait entrer en vigueur ce week-end, à temps pour la grande fête musulmane de l'Aïd el Fitr, qui marque la fin du ramadan.

La Federal Aviation Administration (FAA), l'agence fédérale américaine de l'aviation civile, a par ailleurs levé son ordre de suspension de tous les vols opérés par des compagnies américaines vers l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. La suspension était liée à un incident survenu mardi près de l'aéroport Ben Gourion, non loin duquel s'est écrasée une roquette palestinienne.

La suspension des vols avait été saluée comme une "victoire" par le Hamas.

(Jean-Stéphane Brosse, Guy Kerivel et Simon Carraud pour le service français, édité par Danielle Rouquié)


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