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Philippe reste ferme sur la hausse des taxes, prêt à recevoir des "Gilets jaunes"

Philippe reste ferme sur la hausse des taxes, prêt à recevoir des "Gilets jaunes"
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe est resté ferme mercredi sur la hausse des taxes sur le carburant, qui entreront en vigueur au 1er janvier, tout en se disant prêt à rencontrer une "délégation représentative" de "Gilets jaunes" dont certains ne désarment pas et appellent à une nouvelle manifestation samedi.

La hausse de 6,5 centimes par litre de diesel et 2,9 centimes pour l'essence en 2019 est à l'origine du mouvement qui s'est traduit depuis le 17 novembre par des milliers de barrages routiers et a provoqué la mort de deux personnes, avant de s'élargir à la question plus globale du pouvoir d'achat.

Face au mécontentement, Emmanuel Macron a proposé mardi d'adapter la fiscalité des carburants aux fluctuations des cours du pétrole et n'a pas exclu d'autres gestes dans trois mois à l'issue d'une "grande concertation sur le terrain".

Ces annonces n'ont pas suffi à clore la controverse sur la fiscalité des carburants - dès la fin du discours du chef de l'Etat à l'Elysée, l'opposition a une nouvelle fois réclamé une suspension sur-le-champ des hausses programmées.

L'un des deux porte-parole des "Gilets Jaunes" reçus mardi par François de Rugy, au ministère de la Transition écologique, a quant à lui appelé à une nouvelle manifestation samedi sur les Champs-Elysées.

"On a fixé un cap et on va tenir ce cap", a réagi le Premier ministre sur BFM TV et RMC mercredi. "Concrètement, il y a une trajectoire d'augmentation de la taxe prévue au 1er janvier de chaque année, nous maintenons cet objectif mais dans le courant de l'année, chaque trimestre on verra quelle est l'évolution du prix de la matière première."

"Si l'évolution est (...) élevée, on pourra revenir au niveau initial qui prévalait au 1er janvier de l'année", a-t-il ajouté.

"SOLUTIONS PRATIQUES"

Dans le cadre de la "grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale" annoncée par Emmanuel Macron mardi et appelée à durer trois mois, Edouard Philippe a été chargé de mener des consultations cette semaine à Matignon pour définir l'organisation des débats.

"Je vais consulter à partir de demain tous les corps intermédiaires, tous les représentants, associations, élus locaux, tous ceux qui souhaitent venir nous dire comment ils envisagent cette réflexion", a précisé le Premier ministre.

L'idée c'est de voir "comment on fait pour organiser une méthode de travail qui nous permette de trouver des solutions concrètes d'accompagnement", a-t-il ajouté, jugeant indispensable de "trouver des solutions pratiques qui parlent au Français".

A la question de savoir si les "Gilets jaunes" seraient associés à ces débats, il a répondu : "je le souhaite".

"S'il y a une délégation représentative de 'Gilets jaunes' qui souhaite être reçue, je le ferai", a-t-il annoncé. "Je le ferai avec la volonté d'écoute et de dialogue et en essayant de prendre en compte ce qu'ils formulent parce que dans ce qu'ils formulent il y a beaucoup de choses très légitimes, des choses qui doivent être entendues".

Inquiets de la tournure des évènements, certains députés La République en marche proposent de décréter "une pause" de trois mois dans les hausses de taxe.

"Répondre à l'urgence, donner le pouvoir d'achat c'est facile : c'est une pause de trois mois sur le gaz et sur le carburant. Et faire cela, ce n'est pas donner raison à l'opposition", a dit à Reuters Patrick Vignal, député LaRem de l'Hérault.

"A court terme il faut une parole de confiance", a-t-il ajouté dans les couloirs de l'Assemblée. "'En même temps' c'est une jambe droite musclée et une jambe gauche qui a une tendinite, je ne veux pas qu'elle soit amputée. Donc il faut faire un effort."

(Marine Pennetier avec Elizabeth Pineau, édité par Simon Carraud)


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