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Philippe ne veut pas d'un bras de fer mais est "déterminé" sur la SNCF

Philippe ne veut pas d'un bras de fer mais est "déterminé" sur la SNCF

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - A deux jours de la manifestation des cheminots, le Premier ministre Edouard Philippe s'est dit mardi "ouvert à la discussion" et opposé à "tout bras de fer", tout en réaffirmant sa détermination à mener à bien la réforme explosive de la SNCF.

"Je ne me place jamais dans la logique du bras de fer, ça n'est pas mon style, ce n'est pas ce que je pense, je suis ouvert mais je suis déterminé à faire en sorte que la qualité de services et l'équilibre financier de la SNCF soient améliorés", a-t-il dit sur BFM TV RMC.

Présenté la semaine dernière en conseil des ministres, le "projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire" autorise le gouvernement à légiférer par ordonnances. Il doit être examiné en avril à l'Assemblée et en mai au Sénat.

Cette réforme, qui reprend des propositions du rapport Spinetta remis au gouvernement en février, vise notamment à organiser l'ouverture à la concurrence ferroviaire conformément aux textes européens et prévoit l'arrêt des recrutements au statut de cheminot - un casus belli pour les syndicats.

Décidés à faire reculer un gouvernement "autoritaire", ces derniers ont annoncé une grève de deux jours sur cinq à partir du 3 avril jusqu'à la fin du mois de juin, une méthode qui doit leur permettre de maintenir la pression sur l'exécutif tout en préservant leurs troupes et en ménageant les Français.

Selon un sondage Elabe publié vendredi, deux tiers des Français interrogés (65%) estiment que la réforme proposée par le gouvernement est "bonne pour l'avenir de la SNCF" et 43% se disent hostiles ou opposés à la grève.

LE "CONFLIT AURA LIEU"

La question de la dette de SNCF Réseau - environ 46 milliards d'euros - et de son transfert à l'Etat est elle toujours en suspens. Edouard Philippe a de nouveau botté en touche mardi en estimant que ce n'était "pas le premier sujet".

"Ce qui intéresse les Français, c'est de savoir s'il y a moins de trains ou plus de trains, ce qui intéresse les Français c'est de savoir si la qualité de service dans le train est maintenu", a-t-il dit.

"On met aujourd'hui 20% d'argent public en plus dans le dispositif ferroviaire qu'il y a 10 ans, ça veut dire que vous avez quelque chose dont la qualité se dégrade et qui coûte de plus en plus cher", a-t-il estimé. "C'est quand même assez caractéristique d'une situation qui ne va pas, il faut la régler".

Des propos qui font réagir Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, à deux jours d'une manifestation qui fera également descendre dans la rue jeudi les fonctionnaires inquiets de la réforme annoncée par l'exécutif.

"La SNCF coûte de plus en plus cher : c'est faux", a-t-il dit sur BFM TV. "La qualité se dégrade, oui, du fait des réformes successives depuis 1997 que nous combattons et la réforme qui est proposée aujourd'hui va aggraver cette situation."

"A partir du moment où vous transformez une entreprise publique en société par actions, où vous cassez le statut et vous cassez les droits sociaux des salariés et vous mettez en place une concurrence qui va dégrader l'organisation de la production et le service rendu aux usagers, oui le conflit aura lieu", a-t-il ajouté.

(Marine Pennetier, avec Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)


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