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Philippe mobilise les troupes LaRem face au "tourbillon"

Philippe mobilise les troupes LaRem face au "tourbillon"
Crédit photo © Reuters

par Elizabeth Pineau

TOURS, Indre-et-Loire (Reuters) - Edouard Philippe s'est employé mardi à remobiliser des parlementaires La République en Marche troublés par le trou d'air traversé par le pouvoir en cette rentrée, les invitant à observer "le calme des vieilles troupes" dans "le tourbillon".

Devant députés et sénateurs réunis à Tours (Indre-et-Loire), le chef de la majorité a souligné la difficulté de maintenir le cap malgré les critiques et les mauvais sondages, face à des "défis incroyables".

"Réparer un pays qui va mal, relancer une Europe qui doute, redonner confiance en la politique, se départir du cynisme et de l'électoralisme de court terme, remettre à l'endroit des politiques publiques qui se sont dispersées depuis des décennies faute de cap et de cohérence, (...) obtenir des résultats visibles. Rien de cela n'est facile", a-t-il déclaré.

"Faire tout cela dans le maelström des chaînes d'info en continu et des réseaux sociaux, qui écrasent et nivellent les nuances, c'est encore plus difficile", a ajouté Le Premier ministre, en présence d'une partie du gouvernement.

Edouard Philippe a donné le menu des prochains mois, à commencer par le projet de loi sur la fraude fiscale et le plan "Pacte", au Parlement cet automne, jusqu'aux gros dossiers de 2019 que seront les retraites et la dépendance. Sans oublier la "bagarre" des élections européennes de mai.

Pour mettre en oeuvre ce programme, aucune "nuance" entre lui et Emmanuel Macron : "Ceux qui s'avanceront sur ce chemin ont intérêt à prendre des provisions car ils seront bien seuls et n'auront pas grand chose à se mettre sous la dent".

Plaidant pour une "France de l'émancipation" mais aussi de la "solidarité réelle", le Premier ministre a cherché à répondre aux inquiétudes de l'aile "sociale" du groupe LaRem, en attente d'infléchissements en faveur des plus défavorisés.

Deux semaines après le choc de la démission du gouvernement de Nicolas Hulot, Edouard Philippe a aussi défendu l'action engagée sur l'écologie, sujet sensible dans la majorité.

"Regardons le chemin parcouru, expliquons ce que nous avons fait. Depuis un an, la France a bien plus fait en la matière que ses principaux voisins et que la plus grande partie des pays de l'OCDE", a-t-il dit. "La partie n'est pas gagnée mais nous n'avons pas renoncé et je sais que vous n'avez pas renoncé."

LE MODEM SE REBELLE

Citant le poète grec Aristophane - qui écrivait "Tourbillon est roi" au Ve au siècle av. J.-C. - Edouard Philippe a appelé à se méfier du "court terme", invitant à garder le "calme des vieilles troupes qui permet de gagner les longues batailles."

"On nous fera mille reproches. Nous ne devons jamais les ignorer, mais ils ne doivent pas nous freiner", a-t-il insisté.

En préambule, celui qui sera probablement élu mercredi président de l'Assemblée nationale l'a assuré du soutien des troupes LaRem. "Jamais nous n'avons fait défaut et jamais nous ne ferons défaut", a dit Richard Ferrand, désigné lundi par ses pairs candidat au "perchoir", ce qui laisse vacant le poste de président du groupe LaRem à l'Assemblée.

Mardi matin, le bureau du groupe a mis au point les modalités de l'élection à bulletins secrets de son successeur, fixée au 18 septembre. Les candidats auront 24h00 pour se déclarer, entre mercredi soir et jeudi 20h00 (18h00 GMT).

Ni parrainage ni quotas "hommes-femmes" pour ce scrutin, qui réveille des ambitions - telle Laetitia Avia, qui se déclare dans Le Monde. "L'envie ça ne suffit pas, c'est le projet qui compte", a dit à Reuters le député Sacha Houlié, qui plaide pour "le moins de candidats possibles".

Nombre d'élus souhaitent la désignation d'une femme à ce poste, au lendemain de la défaite de Barbara Pompili face à Richard Ferrand pour la présidence de l'Assemblée.

LaRem devra aussi composer avec la mauvaise humeur du MoDem, son principal allié à l'Assemblée, où le député Jean-Louis Bourlanges juge que "la procédure retenue" pour l'élection de la présidence de l'Assemblée "démontre que le MoDem n'est pas seulement un partenaire de second rang mais qu'il n'est même pas considéré comme un partenaire tout court".

En réunion du groupe mardi soir, Marielle de Sarnez proposera la candidature de la députée Sarah El Haïry pour le "perchoir" afin que "le Mouvement démocrate, qui fait partie de cette majorité, fasse entendre sa vision du Parlement", a dit à Reuters la présidente de la commission des Affaires étrangères.

(Edité par Sophie Louet)


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